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La crise puis le rebond pour l’économie belge
International 3 min. 09.04.2020 Cet article est archivé

La crise puis le rebond pour l’économie belge

Pour l'heure, le covid-19 a déjà fait 2.240 victimes en Belgique.

La crise puis le rebond pour l’économie belge

Pour l'heure, le covid-19 a déjà fait 2.240 victimes en Belgique.
AFP
International 3 min. 09.04.2020 Cet article est archivé

La crise puis le rebond pour l’économie belge

Max HELLEFF
Max HELLEFF
Une hausse de la dette publique et une baisse du PIB sont annoncées comme autant de conséquences de la crise sanitaire. Le déconfinement devrait toutefois amorcer la relance.

De notre correspondant Max HELLEFF (Bruxelles) - Une dette publique à 115 % et un PIB se contractant de 8% : en Belgique comme ailleurs, la crise sanitaire liée au Covid-19 va faire mal au portefeuille. A défaut de chiffres précis, la Banque nationale de Belgique (BNB) et le Bureau fédéral du Plan ont tenté d’analyser ce qui est annoncé comme « un choc inédit d'une ampleur inconnue». 

Les deux institutions ont pris en compte un confinement limité à sept semaines, une perte d’un tiers de la valeur ajoutée du secteur privé et l’explosion du chômage temporaire à temps plein. Résultat : le PIB dégringolerait de 8% en 2020. La crise sanitaire terminée, «une reprise vigoureuse dans la deuxième moitié de l’année» serait insuffisante pour compenser la perte initiale. Mais la relance doperait en revanche la croissance en 2021 (+8,6%).


Lokales,Centre Hamilius ,Lafayette. Aldringen,Grand-Rue. Foto: Gerry Huberty/Luxemburger Wort
L'horizon économique s'annonce plutôt terne
Moins d'un mois après la publication de prévisions pour 2020 qui indiquaient que le Luxembourg n'échappera pas au ralentissement de l'économie, le Statec publie ce jeudi de nouvelles projections pour la période 2020-2024. Et ces dernières tablent sur un ralentissement global de la croissance.

La perte cumulée du PIB belge se monterait à quelque 45 milliards d'euros à la fin décembre, et à près de 60 milliards à la fin de 2021.

La BNB et le Bureau fédéral du Plan rivalisent toutefois d’optimisme en pariant sur un effet rebond. Après s’être abstenus pendant des semaines, les Belges enfin déconfinés rattraperaient le temps perdu en consommant de manière soutenue.

Autre bonne nouvelle : «L’infrastructure économique n’a pas encore été touchée. Lorsque la pandémie aura été maîtrisée et que les autorités sanitaires auront donné leur feu vert, l’activité économique normale pourra progressivement reprendre son cours. Le patrimoine collectif de l’économie belge est en effet demeuré intact. Mais des mesures de soutien resteront nécessaires durant cette phase post-pandémie», concluent les deux institutions.

Entre-temps, la crise aura sans doute fait beaucoup de dégâts. Le  gouverneur de la BNB, Pierre Wunsch, estime ainsi qu’il y a « un risque qu’elle se traduise en un certain nombre de faillites et donc de pertes d'emplois ».

Ce risque a été pris en compte dès le début de la crise. En Wallonie ainsi, le gouvernement régional a octroyé une indemnité forfaitaire de 5.000 euros pour chaque entreprise fermée ou dont l'activité s'est éteinte pendant la période de confinement. De nombreuses petites entreprises n’ont pas de trésorerie et devront fermer si le confinement s’éternise. Le «droit passerelle» permettant aux indépendants de bénéficier du chômage a été élargi.

Pas d'appel aux coronabonds

Il reste que «contenir ce risque (massif de faillites) nécessitera vraisemblablement de déployer rapidement des mesures supplémentaires ciblées sur ces entreprises afin de préserver leur solvabilité», estiment la Banque nationale et le Bureau du Plan.

Comme d’autres Etats membres, la Belgique se tourne vers l’Europe pour tenter d’éviter un naufrage économique et financier. Elle demande la création d'un instrument de dette commun qui lui permettrait de lever des fonds à un bon tarif sur les marchés. Mais pas à n’importe quel prix. «Aucun appel n’a été lancé pour le lancement d’obligations corona (comme le souhaite l’Italie)», a déclaré à la Chambre la Première ministre Sophie Wilmès, en précisant que la position belge n’est pas neuve en la matière, «car notre pays a toujours été ouvert à une discussion sur le partage partiel et conditionnel de la dette»…


Dans Le Soir de ce week-end, le ministre du Budget David Clarinval a pour sa part estimé de façon très pessimiste que «l’impact économique de la crise actuelle sera au moins deux fois plus fort que celui de la crise financière de 2008. On atteindra presque le niveau de 1929.»

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