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La crainte d'«un chemin sans retour» à Hong Kong
International 1 4 min. 13.08.2019

La crainte d'«un chemin sans retour» à Hong Kong

Les tensions et violences observées ces dernières semaines à Hong Kong constituent la plus importante crise politique de l'ancienne colonie britannique depuis 1997.

La crainte d'«un chemin sans retour» à Hong Kong

Les tensions et violences observées ces dernières semaines à Hong Kong constituent la plus importante crise politique de l'ancienne colonie britannique depuis 1997.
Photo: AFP
International 1 4 min. 13.08.2019

La crainte d'«un chemin sans retour» à Hong Kong

Au lendemain de la fermeture inédite de l'aéroport de l'ancienne colonie britannique en raison d'une manifestation, la cheffe de l'exécutif, pro-Pékin, estime mardi que la crise politique en cours mènera la ville «dans une situation inquiétante et dangereuse».

(AFP) - Bien que l'aérogare, le huitième aéroport international le plus fréquenté au monde, ait rouvert mardi, des centaines de vols demeuraient annulés et un nouveau rassemblement y était prévu dans l'après-midi. L'ex-colonie britannique traverse sa plus grave crise politique depuis sa rétrocession à la Chine en 1997. 

Parti début juin du rejet d'un projet de loi hongkongais qui entendait autoriser les extraditions vers Pékin, le mouvement a considérablement élargi ses revendications pour dénoncer le recul des libertés et les ingérences de la Chine dans les affaires intérieures. La mobilisation, de plus en plus marquée par des heurts entre radicaux et forces de l'ordre, constitue un défi inédit pour le gouvernement central, qui a dit lundi y déceler «des signes de terrorisme».  

Au lendemain d'une manifestation qui a amené à la fermeture de l'aéroport de Hong Kong, des centaines de vols restaient annulés ce mardi.
Au lendemain d'une manifestation qui a amené à la fermeture de l'aéroport de Hong Kong, des centaines de vols restaient annulés ce mardi.
Photo: AFP

La cheffe de l'exécutif hongkongais - qui est désignée par Pékin -, Carrie Lam, a exclu toute concession et mis en garde mardi, à nouveau, contre les conséquences pour la région semi-autonome, une des capitales mondiales de la finance. «La violence, que ce soit son utilisation ou son apologie, poussera Hong Kong sur un chemin sans retour et plongera la société hongkongaise vers une situation très inquiétante et dangereuse», a affirmé Mme Lam lors d'une conférence de presse. 

«La situation au cours de la semaine écoulée m'a fait craindre que nous ayons atteint cette situation dangereuse», a-t-elle ajouté, les larmes aux yeux. «Je demande à nouveau à tout le monde de mettre leurs différences de côté et de se calmer», a-t-elle poursuivi. «Réfléchissez cinq minutes, pensez à notre ville, voulez-vous vraiment qu'elle soit poussée vers l'abysse ?» 

Pour Carry Lam, cheffe de l'exécutif, «la violence (...) poussera Hong Kong sur un chemin sans retour et plongera la société hongkongaise vers une situation très inquiétante et dangereuse».
Pour Carry Lam, cheffe de l'exécutif, «la violence (...) poussera Hong Kong sur un chemin sans retour et plongera la société hongkongaise vers une situation très inquiétante et dangereuse».
Photo: AFP

Mardi matin, le trafic a repris à l'aéroport de Hong Kong. Les enregistrements des passagers ont recommencé à l'aube, tandis que les écrans d'affichage indiquaient un redémarrage graduel des décollages et atterrissages. Mais l'activité était encore loin d'être revenue à la normale et de nombreux vols restaient annulés, dont environ 200 pour la seule compagnie honkongaise Cathay Pacific qui a demandé à ses voyageurs de reporter tout déplacement non essentiel.

Au quatrième jour de ce rassemblement inédit dans l'aéroport, le nombre de manifestants présents a connu lundi une très forte augmentation pour dépasser la barre des 5.000 personnes unies dans la dénonciation des violences policières. Les forces de l'ordre ont indiqué que certains manifestants s'étaient rendus dans le hall des départs, alors qu'ils s'étaient jusqu'alors cantonnés sur les arrivées, dans le but de sensibiliser à leurs causes les voyageurs atterrissant à Hong Kong et pour minimiser la gêne pour les opérations de l'aéroport. 

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Mardi, Frank Filser, 53 ans, avait toutes les peines du monde pour retrouver un vol pour l'Allemagne où il doit se rendre auprès de son père malade du cancer, et en phase terminale. Mais il a dit comprendre la mobilisation: «Ils se battent pour Hong Kong». Les protestataires étaient encore peu nombreux à l'aéroport et on ignore combien répondront dans l'après-midi à l'appel à manifester lancé sur les réseaux sociaux. La plupart des pancartes et banderoles qui avaient été accrochées en quatre jours dans le hall des arrivées ont été retirées, mais des graffitis demeurent, dont certains disant «oeil pour oeil». 

Le slogan a été adopté par les manifestants en référence à une femme qui a été grièvement blessée au visage dans des échauffourées dimanche soir. - Vidéo chinoise - Des médias ont rapporté qu'elle avait perdu un oeil et les protestataires soutiennent qu'elle a été touchée par un projectile tiré par la police, ce qui témoigne selon eux d'un usage démesuré de la force par les autorités. La fermeture rarissime de cet aéroport qui a accueilli 74 millions de passagers en 2018 avait été décidée lundi au moment où le gouvernement central chinois musclait sa rhétorique. 

«Les manifestants radicaux de Hong Kong ont à plusieurs reprises eu recours à des objets extrêmement dangereux afin d'attaquer des policiers, ce qui constitue déjà un crime grave et révèle de premiers signes de terrorisme», avait accusé le porte-parole du Bureau des affaires de Hong Kong et Macao, Yang Guang. Comme pour ajouter à la guerre des nerfs déclenchée par la presse de Pékin, deux médias publics, le Quotidien du peuple et le Global Times, émanations directes du Parti communiste, ont diffusé des vidéos censées représenter des blindés de transport de troupes se dirigeant vers Shenzhen, métropole aux portes de Hong Kong. La vingtaine de véhicules de la police militaire "se préparent à des exercices de grande ampleur", a affirmé le Global Times.


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