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La Cour suprême américaine révoque le droit à l’avortement
International 3 min. 24.06.2022
Décision historique

La Cour suprême américaine révoque le droit à l’avortement

Prenant acte du risque juridique, la puissante organisation Planned Parenthood ne planifie aucun avortement à compter de la fin juin dans le Wisconsin.
Décision historique

La Cour suprême américaine révoque le droit à l’avortement

Prenant acte du risque juridique, la puissante organisation Planned Parenthood ne planifie aucun avortement à compter de la fin juin dans le Wisconsin.
Crédit: D.R.
International 3 min. 24.06.2022
Décision historique

La Cour suprême américaine révoque le droit à l’avortement

Cette décision historique permet à chaque Etat américain d’interdire ou d’autoriser les avortements.

(AFP) - Ce vendredi, aux Etats-Unis, la Cour suprême a rendu la liberté aux 50 Etats américains d'interdire l'avortement sur leur sol et une moitié devrait s'en saisir à plus ou moins long terme. Treize Etats, surtout dans le Sud et le centre plus religieux et conservateur, se sont dotés ces dernières années de lois dites «zombie» ou «gâchette» rédigées pour entrer en vigueur automatiquement en cas de changement de jurisprudence à la Cour suprême

Elles interdisent les avortements avec des nuances: l'Idaho prévoit des exceptions en cas de viol ou d'inceste, le Kentucky uniquement en cas de danger pour la vie de la femme enceinte; la Louisiane prévoit jusqu'à dix ans de prison pour les professionnels de santé, le Missouri jusqu'à 15...


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Dans certains Etats, comme le Dakota du Sud, elles entreront en vigueur «le jour» même de la décision. Dans d'autres, comme l'Arkansas ou le Mississippi, le procureur général devra d'abord confirmer que la Cour a changé le cadre juridique. Enfin, le Texas ou le Tennessee ont un délai de 30 jours entre la publication de l'arrêt et l'entrée en vigueur du nouvel interdit.

Quatre Etats supplémentaires (Géorgie, Iowa, Ohio et Caroline du Sud) disposent de lois interdisant les avortements dès que les battements de coeur de l'embryon sont perceptibles, soit vers six semaines de grossesse quand la plupart des femmes ignorent encore être enceintes. Bloquées par la justice car elles violaient le cadre légal en vigueur jusque-là, elles pourront désormais entrer en vigueur.

Plusieurs Etats disposent de lois rédigées avant l'arrêt Roe v. Wade de 1973, qui avait établi le droit des Américaines à avorter. Mises en sommeil pendant près de 50 ans, elles pourraient théoriquement être immédiatement réactivées, mais rien n'est certain.

Vers un patchwork complexe

Prenant acte du risque juridique, la puissante organisation Planned Parenthood ne planifie aucun avortement à compter de la fin juin dans le Wisconsin où le gouverneur démocrate défend le droit à l'avortement mais pas les parlementaires républicains majoritaires.

Dans le Michigan, la procureure générale démocrate Dana Nessel a ajouté à la confusion en promettant de ne pas poursuivre les personnes qui violeraient la loi de 1931 si elle redevenait active. Les procureurs locaux pourront eux toujours le faire et l'Etat risque de devenir un patchwork complexe.

Pendant ce temps au Brésil, une Brésilienne de 11 ans, enceinte des suites d'un viol, a pu mettre légalement un terme à sa grossesse. Suffisant pour susciter l'ire de Jair Bolsonaro. Au lieu d'apporter son soutien à la demoiselle, le président brésilien a condamné très fermement cet avortement depuis son compte Twitter. «Quand on parle de SEPT MOIS de grossesse, peu importe comment le bébé a été conçu, ou si l'avortement est légal ou non dans ce cas de figure. C'est inadmissible de tuer cet être sans défense.»


European parliament's acting speaker, Maltese politician Roberta Metsola, adresses the European Parliament during a plenary session to elect its new president in Strasbourg on January 18, 2022. (Photo by PATRICK HERTZOG / AFP)
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La conservatrice maltaise Roberta Metsola a été élue présidente du Parlement européen ce mardi 18 janvier. Elle prend la suite de l'Italien David Sassoli.

Aux yeux du très conservateur chef d'Etat brésilien, «la fillette et le bébé sont des victimes, des âmes innocentes, qui ne devraient pas payer pour des faits dont elles ne sont pas coupables, mais être protégées (...) du harcèlement des groupes pro-avortement». Le président d'extrême droite a également publié une photo d'une couveuse avec un bébé né prématuré à 25 semaines, soit quatre mois de moins que le foetus de la fillette.

«Une enfant n'est pas une mère»

Mercredi, soit un mois après qu'une juge ne lui interdise d'interrompre sa grossesse, la jeune fille de 11 ans, a finalement pu se faire avorter. Cette affaire a fait grand bruit au Brésil, et le slogan «Criança não é mãe» (une enfant n'est pas une mère) est devenu viral sur les réseaux sociaux.

Au Brésil, l'interruption volontaire de grossesse (IVG) n'est autorisée qu'en cas de viol, risque pour la mère ou grave malformation du foetus. Dans les autres cas de figure, elle est considérée comme un délit, passible de un à trois ans de prison. Jair Bolsonaro, 67 ans, élu en 2018 avec l'appui massif des milieux évangéliques, a déclaré à plusieurs reprises que, si cela dépendait de lui, l'avortement ne serait «jamais légal» au Brésil.


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