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La COP26 s'achève sur un pacte bien pâle
International 3 min. 14.11.2021
Environnement

La COP26 s'achève sur un pacte bien pâle

Face au peu d'avancées de cette COP, c'est les larmes aux yeux que son président Alok Sharma a conclu les débats...
Environnement

La COP26 s'achève sur un pacte bien pâle

Face au peu d'avancées de cette COP, c'est les larmes aux yeux que son président Alok Sharma a conclu les débats...
Photo : AFP
International 3 min. 14.11.2021
Environnement

La COP26 s'achève sur un pacte bien pâle

Les quelque 200 pays de la COP26 ont adopté un accord pour accélérer la lutte contre le réchauffement de la planète, mais sans garantir de tenir l'objectif de le contenir à 1,5°C ni répondre aux demandes d'aide des pays pauvres.

(AFP) -  «La catastrophe climatique frappe toujours à la porte.» Et en réaffirmant cette vérité, le patron de l'ONU a sans doute pensé en lui-même que ce ne sont pas les résultats de la COP de Glasgow qui allaient bouleverser l'ordre des choses. En effet, au terme de deux semaines de débats, la réunion internationale autour du climat s'est achevée, samedi soir, en demi-teinte. 


Ce que le Grand-Duché attend de la COP26
Si le Luxembourg a fixé sa feuille de route en matière de protection du climat, il entend aussi faire pression sur les partenaires rassemblés pour la 26e Conférence sur les changements climatiques qui vient de débuter, ce 1er novembre en Ecosse.

Il est vrai qu'à la dernière minute, Chine et Inde ont pesé de tout leur poids pour que le pacte 2021 soit bien moins contraignant sur la question des énergies fossiles. De quoi faire monter les larmes aux yeux du président britannique de cette 26e conférence mondiale pour le climat, Alok Sharma, qui avant d'entériner l'accord s'est dit «profondément désolé». Bref, tout sauf un hourra optimiste pour la planète...  

Sur le point critique de la limitation des températures, alors que la planète se trouve selon l'ONU sur une trajectoire «catastrophique» de réchauffement de 2,7°C par rapport à l'ère préindustrielle, le texte appelle les Etats membres à relever leurs engagements de réductions plus régulièrement que prévu dans l'accord de Paris, et ce dès 2022.

Mais avec la possibilité d'aménagements pour «circonstances nationales particulières», point qui a suscité les critiques des ONG sur les ambitions réelles du texte. Le compromis trouvé n'assure d'ailleurs pas le respect des objectifs de l'accord de Paris de 2015: limiter le réchauffement «bien en deçà» de 2°C et si possible à 1,5°C. Il offre juste des perspectives permettant à la présidence britannique d'afficher un succès sur son objectif de voir Glasgow «garder 1,5° en vie».

Les experts avertissent régulièrement que «chaque dixième de degré compte» alors que se multiplient déjà les catastrophes liées au changement climatique: inondations (à l'image de celles connues par le Luxembourg cet été), sécheresses ou canicules, avec leur cortège de dégâts et de victimes. «C'est mou, c'est faible, et l'objectif de 1,5°C est à peine en vie, mais il y a un signal sur la fin de l'ère du charbon. Et c'est important», a donc contesté Jennifer Morgan, patronne de Greenpeace International. 

A Glasgow, la ministre luxembourgeoise Carole Dieschbourg et ses homologues allemand, portugais et autrichien ont signé une déclaration commune redisant que le nucléaire n'était pas la solution à la crise climatique.
A Glasgow, la ministre luxembourgeoise Carole Dieschbourg et ses homologues allemand, portugais et autrichien ont signé une déclaration commune redisant que le nucléaire n'était pas la solution à la crise climatique.
Photo : dpa

Le texte contient également une mention, inédite à ce niveau, des énergies fossiles, principales responsables du réchauffement de la planète et qui ne sont même pas citées dans l'accord de Paris. La version finale appelle à «intensifier les efforts vers la réduction du charbon sans systèmes de capture (de CO2) et à la sortie des subventions inefficaces aux énergies fossiles». Réduction et non sortie, la nuance est d'importance. 

Une «pilule amère à avaler» mais acceptée «pour le bien commun», a regretté la représentante du Liechtenstein, résumant de nombreuses interventions de délégués.

C'est une insulte aux millions de personnes dont les vies sont ravagées par la crise climatique

Teresa Anderson, de l'ONG ActionAid International.

Le dossier explosif de l'aide aux pays pauvres, qui a un temps semblé pouvoir faire dérailler les négociations, n'a lui pas trouvé de résolution. Échaudés par la promesse toujours non tenue des plus riches de porter à partir de 2020 leur aide climat au Sud à 100 milliards de dollars par an, les pays pauvres (les moins responsables du réchauffement mais en première ligne face à ses impacts), demandaient un financement spécifique des «pertes et préjudices» qu'ils subissent déjà. Mais les pays développés, au premier rang desquels les Etats-Unis, s'y sont fermement opposés. 


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ARCHIV - 26.02.2016, Belgien, Antwerpen: Dampf steigt aus den Kühltürmen des Atomkraftwerks Doel. Das höchste EU-Gericht urteilt am Montag (29.07.2019) darüber, ob Belgien bei der Laufzeitverlängerung der Atommeiler Doel 1 und Doel 2 gegen Pflichten zur Umweltprüfung verstoßen hat. (Zu dpa «EuGH urteilt über Laufzeitverlängerung belgischer Atommeiler») Foto: Oliver Berg/dpa +++ dpa-Bildfunk +++