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La Commission prend la défense des journalistes
International 3 min. 16.09.2021
Liberté d'information

La Commission prend la défense des journalistes

Vĕra Jourová
Liberté d'information

La Commission prend la défense des journalistes

Vĕra Jourová
Photo: EU/Lukasz Kobus
International 3 min. 16.09.2021
Liberté d'information

La Commission prend la défense des journalistes

L'exécutif européen a présenté jeudi une série de préconisations pour améliorer la protection des représentants des médias, lors des manifestations notamment mais aussi en ligne, s'inquiétant d'une hausse des attaques contre cette profession ces dernières années dans l'Union européenne.

(Jmh avec AFP) - «Aujourd'hui nous demandons aux États membres d'agir de façon résolue pour faire de l'UE un lieu plus sûr pour les journalistes», a déclaré la vice-présidente de la Commission, Vera Jourova, rappelant l'assassinat en 2017 de la journaliste maltaise Daphne Caruana Galizia et en 2018 du Slovaque Jan Kuciak.

Elle a indiqué que «plus de 900 journalistes et professionnels des médias» avaient été victimes d'attaques dans l'UE en 2020: attaques physiques, insultes, harcèlement en ligne, destruction d'équipement. Les Etats membres sont appelés à porter une attention particulière à la protection des femmes journalistes, dont «73% ont déclaré avoir fait l'expérience de la violence en ligne dans leur travail», a rappelé Vera Jourova.

Elle a jugé «particulièrement inacceptable la violence verbale ou via des tweets de dirigeants politiques». Une allusion notamment au Premier ministre slovène Janez Jansa, qui n'hésite pas à injurier les journalistes sur les réseaux sociaux et dont le pays occupe actuellement la présidence de l'UE. La présidente de l'exécutif européen, Ursula von der Leyen, l'avait rappelé à l'ordre sur la liberté de la presse à l'occasion du début de cette présidence en juillet.

Mais «il ne s'agit pas seulement de la Slovénie», a précisé Vera Jourova. «Nous constatons une rhétorique très agressive dans d'autres pays». S'agissant de mesures non contraignantes juridiquement pour les Etats membres, elle a reconnu le risque que «cette recommandation soit prise plus au sérieux dans les pays où l'on observe le moins de problèmes».

Dans son rapport annuel sur l'Etat de droit dans l'UE présenté en juillet, la Commission s'inquiète de pressions politiques et de menaces pour l'indépendance des médias en République tchèque, à Malte, en Slovénie, en Pologne, en Bulgarie et en Hongrie. Les Vingt-Sept sont aussi appelés à améliorer la sécurité des reporters couvrant les manifestations. Près d'un incident sur trois visant les journalistes se produit à ces occasions, a rappelé la responsable tchèque.

La Commission appelle les Etats membres à «fournir une formation régulière aux services répressifs», et prône «l'élaboration de méthodes efficaces et appropriées d'identification des journalistes» lors de ces manifestations. La Commission enjoint aussi notamment les Vingt-Sept à soutenir la mise en place de services proposant une aide juridique, psychologique et des solutions d'hébergement aux journalistes menacés.

L'exécutif européen prépare par ailleurs une loi pour protéger l'indépendance des médias, ainsi qu'un texte destiné à protéger les journalistes des poursuites judiciaires abusives («procédures-bâillons»). Reporters sans frontières a qualifié les préconisations de la recommandation présentée jeudi de «pas dans la bonne direction» et appelé les chefs d'Etat et gouvernement à tout mettre en oeuvre «pour qu'elles ne restent pas lettre morte».