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La Commission critique la «générosité» du gouvernement belge
International 3 min. 25.11.2022
Trop de dépenses

La Commission critique la «générosité» du gouvernement belge

Les temps sont difficiles pour Alexander De Croo dont la coalition ne tient debout qu’en raison du manque d’alternatives.
Trop de dépenses

La Commission critique la «générosité» du gouvernement belge

Les temps sont difficiles pour Alexander De Croo dont la coalition ne tient debout qu’en raison du manque d’alternatives.
Photo: AFP
International 3 min. 25.11.2022
Trop de dépenses

La Commission critique la «générosité» du gouvernement belge

Max HELLEFF
Max HELLEFF
La coalition du Premier ministre Alexander De Croo ne concentre pas suffisamment son soutien financier sur les «plus vulnérables».

De notre correspondant Max HELLEFF (Bruxelles)

Trop généreux et trop dispendieux, le gouvernement du libéral Alexander De Croo ? Oui, pour la Commission européenne qui a passé au crible le budget belge et estime que les aides produites face à la flambée des prix de l'énergie ne sont pas suffisamment adaptées aux familles et aux entreprises «vulnérables». L'épure budgétaire manquerait de surcroît d'efforts structurels censés améliorer les finances publiques sur le long cours.


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Cet été, l'exécutif européen avait demandé à la Belgique de mener une politique budgétaire «prudente» tout en amortissant les effets de la crise énergétique sur les familles et les entreprises les plus fragiles. La croissance des dépenses primaires devait être par ailleurs mieux contrôlée.

Ces conseils n'ont été que partiellement suivis, estime la Commission. Les dépenses de l'État belge connaissent une hausse trop forte à son goût.

D'importantes dépenses face aux crises

L'année 2022 a été effectivement marquée par d'importantes dépenses. On pense aux aides destinées à faire baisser le prix du carburant à la pompe, aux chèques visant à réduire le poids de la facture énergétique sur les ménages, etc. Mais pour la Commission, l'énumération de ces sorties d'argent ne suffit pas. L'indexation automatique des salaires et des allocations, les dépenses sociales en hausse, les coûts liés au vieillissement de la population… lui paraissent autrement problématiques.  


Belgian Prime Minister Alexander De Croo gestures during a plenary session of the Chamber at the Federal Parliament in Brussels on November 17, 2022. (Photo by NICOLAS MAETERLINCK / BELGA / AFP) / Belgium OUT
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De plus, les aides décrétées par le gouvernement De Croo ne seraient pas suffisamment ciblées vers ceux qui en ont réellement besoin. Ce reproche vise sans le dire la politique de soutien linéaire observée par la Vivaldi, coalition fédérale de sept partis allant de la gauche socialiste à la droite libérale qui tous ont cherché à plaire à leur électorat en baissant la TVA sur l'électricité et le gaz peu importe le niveau de revenus des ménages, ou en distribuant tous azimuts des chèques mazout et pellets.

La Commission européenne renvoie donc la Belgique à sa copie. Elle lui demande de prendre des mesures énergétiques plus ciblées et de ne pas les pérenniser, contrairement à ce que préconisent certains partis gouvernementaux.

De Croo confirme que le soutien ne durera pas

Le Premier ministre Alexander De Croo acquiesce. «Le soutien énergétique a été très large. Il faut être clair: à long terme, nous ne pourrons maintenir ce soutien et devrons le revoir», dit-il. Il confirme l'intention de son gouvernement d'aider «les gens en grande difficulté financière». «Mais, ajoute-t-il, nous avons aussi prévu un soutien énergétique pour la classe moyenne, qui ne voit plus non plus le bout du tunnel.»

Les temps sont difficiles pour Alexander De Croo dont la coalition ne tient debout qu'en raison du manque d'alternatives, estiment certains observateurs.  La défection d'un des sept partis gouvernementaux conduirait à une crise immédiate qui ferait probablement les choux gras des extrêmes.


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Tous les soutiens sont donc les bienvenus. Mercredi, au Parlement, le chef du groupe PS Ahmed Laaouej a tiré à vue sur la Commission européenne et ses «présupposés idéologiques». Il a pointé «une extension du domaine de la vulnérabilité», «un risque de déclassement des classes moyennes». Menant la contre-attaque, il s'est demandé où en est le projet de taxation sur les multinationales et sur les Gafa. «Nous attendons toujours que la Commission nous dise où l'on en est concrètement, et ça commence à faire long», a-t-il déclaré.

Paradoxalement, ce message très marqué à gauche est venu au secours de la droite libérale incarnée par Alexander De Croo et sa nouvelle secrétaire d'État au Budget Alexia Bertrand. Gouverner la Belgique est tout sauf simple…

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