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La «coalition Corona» s’esquisse en Belgique
International 3 min. 04.03.2020 Cet article est archivé

La «coalition Corona» s’esquisse en Belgique

Les deux nouveaux informateurs vont peut-être être aidés par la crise sanitaire.

La «coalition Corona» s’esquisse en Belgique

Les deux nouveaux informateurs vont peut-être être aidés par la crise sanitaire.
Photo : BELGA/AFP
International 3 min. 04.03.2020 Cet article est archivé

La «coalition Corona» s’esquisse en Belgique

Max HELLEFF
Max HELLEFF
Plusieurs partis pourraient former un gouvernement d’urgence pour gérer notamment l'épidémie liée au Covid-19.

De notre correspondant Max HELLEFF (Bruxelles) - La crise du coronavirus a éclipsé ces derniers jours le travail que mènent en coulisses Sabine Laruelle et Patrick Dewael afin de donner un gouvernail au navire Belgique. Toutefois, s’il faut en croire des indiscrétions relayées par la presse, les deux libéraux auraient choisi de travailler dans l’immédiat à la formation d’un gouvernement d’urgence, faute d’obtenir un consensus entre partis politiques pour couler les bases d’une nouvelle coalition.

Ce gouvernement a priori provisoire est d’ores et déjà baptisé «coalition Corona». Car il aura à régler en priorité la crise du Covid-19, mais aussi à rattraper le dérapage des finances publiques devenu problématique.


Les finances publiques belges se dégradent
Faute d'un gouvernement de plein droit, les corrections nécessaires ne peuvent être mises en vigueur. Le pays risque de perdre d'un côté ce qu'il a gagné de l'autre.

Cet attelage devrait rassembler au nord et au sud du pays les écologistes, les socialistes, les libéraux, ainsi que les chrétiens-démocrates flamands. Problème : ces derniers continuent à exiger que la N-VA nationaliste flamande de Bart De Wever fasse partie du prochain gouvernement. Ils pourraient toutefois se laisser convaincre au nom de l’urgence que réclame le pays.

Le 28 février dernier, Joachim Coens, président du parti chrétien-démocrate flamand (CD&V), avait lui-même suggéré sur les ondes de la radio publique VRT de former cette «coalition Corona». Cette proposition avait fait des gorges chaudes. Aujourd’hui, plus d’un observateur estime que la nécessité de dépasser les divisions entre partis pour faire front à l’épidémie pourrait contribuer à donner enfin à la Belgique un gouvernement, fût-il provisoire.

Wilmès attendue

Pour l’heure, l’épidémie met à l’épreuve la Première ministre Sophie Wilmès, à la tête d’un gouvernement en affaires courantes disposant de seulement 38 sièges (sur 150) à la Chambre. Depuis qu’elle a succédé à Charles Michel en novembre dernier, c’est la première fois que la libérale francophone est attendue au pied du mur.

Sophie Wilmès devra déployer des trésors de patience et de diplomatie pour amener les responsables du secteur de la Santé à travailler ensemble. Depuis la sixième réforme de l’Etat conclue en 2011, la Belgique compte pas moins de huit ministres (fédéral, communautaires, régionaux…) en charge de cette matière. Tous sont directement impliqués dans la gestion de la crise sanitaire et personne n’a envie d’échouer. L’électeur ne comprendrait pas que le monde politique – incapable de former un gouvernement – s’arroge de surcroît le droit de jouer avec sa santé.

Un solide couac a pourtant eu lieu, dès dimanche, lorsqu’Olivier Maingain, le bourgmestre de Woluwe-Saint-Lambert (Bruxelles), a décidé au risque de semer la panique d’interdire l’accès des bâtiments et des associations de sa commune aux personnes revenant de zones à risque. Il a été recadré aussitôt par le ministre-président bruxellois, le socialiste Rudy Vervoort.

Autre fausse note : la cacophonie qui s’est emparée pendant quelques heures des différentes communications ministérielles. Chacune y est allée de son couplet, tirant la couverture à soi au risque de perturber un peu plus la population.

La situation a néanmoins été reprise en main par Maggie De Block, la ministre fédérale de la Santé. «Miss Maggie» fait ainsi un retour remarqué à l'avant-plan. C’est avec sa bonhomie contrite qu’elle annoncera désormais tous les jours à la même heure le nombre de personnes infectées par le coronavirus.  Elles étaient quinze, mardi soir.


A staff member shows a screen with a graphic updates on the progress of the coronavirus COVID-19 outbreak around the world, during a press conference held at the Emergency Response Coordination Centre in Brussels, on the EU response to COVID-19,  on March 2, 2020. - The European Union's disease control agency has increased its risk level for the novel coronavirus COVID-19 from moderate to high, EU Commission president Ursula von der Leyen said on March 2, 2020. (Photo by JOHN THYS / AFP)
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Jusqu’à la fin de la crise, une réunion exceptionnelle aura lieu tous les mercredis. En attendant qu’un gouvernement d’urgence ne reprenne, peut-être, le flambeau.


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