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La Belgique annonce la fin (partielle) du nucléaire
International 3 min. 23.12.2021 Cet article est archivé
Energie

La Belgique annonce la fin (partielle) du nucléaire

Sophie Wilmès estime que le maintien en activité de seulement deux réacteurs ne suffirait pas à garantir la sécurité d'approvisionnement de la Belgique.
Energie

La Belgique annonce la fin (partielle) du nucléaire

Sophie Wilmès estime que le maintien en activité de seulement deux réacteurs ne suffirait pas à garantir la sécurité d'approvisionnement de la Belgique.
Photo : AFP
International 3 min. 23.12.2021 Cet article est archivé
Energie

La Belgique annonce la fin (partielle) du nucléaire

Max HELLEFF
Max HELLEFF
Un accord a été trouvé au sein du gouvernement De Croo qui signe la mort des vieilles centrales mais garde la possibilité de recourir à l’atome.

De notre correspondant Max HELLEFF (Bruxelles) - Avec un mois de retard sur le calendrier initialement prévu, les partis qui composent le gouvernement du Premier ministre Alexander De Croo ont trouvé jeudi matin un accord sur le dossier nucléaire à l'issue d'une nuit de négociations.


ARCHIV - 25.10.2021, Brandenburg, Jänschwalde: Wasserdampf steigt aus den Kühltürmen des Braunkohlekraftwerks Jänschwalde der Lausitz Energie Bergbau AG (LEAG). Kohle, Atomkraft und Gas sind trotz aller Bemühungen um eine Energiewende Deutschlands wichtigste Energieträger für die Stromproduktion. (zu dpa «Fast ein Drittel des Stroms in Deutschland aus Kohle») Foto: Patrick Pleul/dpa-Zentralbild/dpa +++ dpa-Bildfunk +++
Les Belges souhaitent rester fidèles à l’atome
Un sondage met en avant l'opposition d’une nette majorité à la sortie «immédiate» du nucléaire. De quoi influencer le choix de la coalition Vivaldi? Réponse d'ici deux semaines normalement.

Cet accord prévoit que la fin des réacteurs nucléaires actuels est «renforcée» pour 2025, mais aussi que la prolongation au-delà de cette date de deux d'entre eux n'est pas exclue. 100 millions d'euros seront en outre investis durant les quatre prochaines années dans la nouvelle technologie nucléaire.

Le gouvernement De Croo n'abandonne pas par ailleurs le projet de bâtir plusieurs centrales au gaz, même si celle de Vilvorde est aujourd'hui barrée par le refus de la Flandre de lui donner un permis de  construire. Un autre projet de centrale au gaz soumis à enchères pourra être lancé si Engie n'obtient pas ce permis d'ici le 15 mars.

L'accord obtenu jeudi matin est un exemple parfait du «compromis à la belge» dans la mesure où tous les partis s'y retrouvent. D'un côté, les anti-nucléaires obtiennent conformément à la loi de 2003 la fermeture des «vieilles» centrales et la possibilité de compenser l'électricité manquante au moyen de centrales au gaz, bien que celles-ci soient réputées polluantes en émissions de gaz à effet de serre. De l'autre, les pronucléaires conservent l'option de maintenir en activité deux réacteurs censés épargner au pays un «black out» retentissant -  la moitié de l'électricité belge reste produite actuellement par le nucléaire et les alternatives manquent. De surcroît, ils ont la perspective de voir des moyens humains et financiers investis dans l'atome du futur.


(FILES) This file photo taken on January 17, 2018, shows the Doel nuclear plant in the Port of Antwerp. - The Belgian government must decide this month on the question of a total withdrawal from nuclear power in 2025, in the midst of soaring energy prices, a prospect that is dividing the ruling coalition and sparking heated debates on ways to decarbonize the economy. (Photo by EMMANUEL DUNAND / AFP)
Le document qui veut en finir avec le nucléaire belge
Le rapport d’évaluation qui doit conduire ou non à la fermeture des centrales est désormais connu. Il juge possible la fermeture des réacteurs en 2025.

 En un mot, la Belgique s'apprête à liquider en 2025 ses vieilles centrales, mais ne renonce pas complètement au nucléaire. Une nouvelle génération de réacteurs («small modular reactors») pourrait ainsi demain côtoyer les centrales au gaz et les différentes sources d'énergies renouvelables, lesquelles passent notamment par la création d'une île éolienne en mer du Nord.

Une loi intégrant le nouveau nucléaire aux côtés d'autres sources d'énergie, dont l'hydrogène vert, sera adoptée. Un programme de recherche associant le Centre d'études nucléaires (CEN) de Mol à des partenaires industriels pourrait aboutir à produire la nouvelle énergie d'ici 2040.

Mais la messe n'est pas dite. Plusieurs rapports d'évaluation émanant de divers agences et organes sont attendus d'ici le 18 mars. Ils diront si la sécurité d'approvisionnement du pays en électricité est suffisante ou non. Si celle-ci n'est pas garantie, le «plan B» – la prolongation de deux réacteurs au-delà de 2025 – sera activé.


Le dossier nucléaire belge s'annonce atomique
Un rapport d’évaluation sur la fermeture des centrales met le gouvernement De Croo sous haute tension. Mais une décision intermédiaire est attendue pour le tout début décembre.

Les partis gouvernementaux anti et pronucléaires se sont réjouis jeudi matin de l'accord trouvé. Pour la ministre fédérale de l'Energie, l'écologiste Tinne Van der Straeten, «l'inaction prend fin. Enfin des certitudes avec le switch énergétique vers 100% d'énergie renouvelable et la neutralité climatique». Pour le Mouvement réformateur (libéral francophone) qui a mené le combat en faveur de la prolongation de deux réacteurs après 2025, «le nucléaire n'est pas fermé mais pourra agir comme filet de sécurité». 

Dans l'opposition, la N-VA nationaliste flamande a condamné l'accord « qui ne dit toujours pas si l'on ferme le nucléaire ou non ». «Peut-on finalement savoir si on éteint la lumière ou si on continue?», s'est interrogée sur Twitter la ministre flamande de l'Energie Zuhal Demir (N-VA). De sa décision d'autoriser ou non la construction de la centrale au gaz de Vilvorde dépendra dans les prochains mois la suite de ce dossier énergétique plus que chahuté. 

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