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La Belgique veut pouvoir faire face à un accident nucléaire
International 2 min. 06.03.2018 Cet article est archivé

La Belgique veut pouvoir faire face à un accident nucléaire

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La Belgique veut pouvoir faire face à un accident nucléaire

Le gouvernement belge a lancé mardi une vaste campagne d'information pour préparer les quelque 11,3 millions d'habitants du pays à un éventuel accident nucléaire, tout en réaffirmant qu'il n'y avait pour l'instant «aucun risque spécifique» identifié au sein du parc de centrales.

AFP -  Outre la création d'un site internet dédié, la mesure la plus spectaculaire est la mise à disposition gratuite de pastilles d'iode en pharmacie, à une échelle inédite.

Quelque 4,5 millions de boîtes de dix comprimés ont été commandées par le gouvernement, de manière à ce que chaque foyer belge puisse en avoir une le jour J, ont rapporté les médias. La prise d'iode permet de protéger la glande thyroïde en cas d'émission radioactive.

Les ministres de l'Intérieur Jan Jambon, et de la Santé Maggie De Block ont dévoilé ces nouvelles mesures préventives alors que les centrales nucléaires belges sont régulièrement critiquées, y compris par les pays voisins, pour leur vétusté.

«Pour le moment il n'y a aucun risque spécifique avec nos centrales nucléaires», a toutefois affirmé M. Jambon sur la chaîne publique RTBF, insistant sur la nécessité d'«informer correctement» le public.

De leur côté les écologistes ont regretté que ce nouveau plan de sécurité ne prévoie pas l'organisation d'exercices d'évacuation grandeur nature.

Jean-Marc Nollet, chef des députés Ecolo, a réclamé qu'un tel exercice soit organisé chaque année dans les agglomérations d'Anvers (nord) et de Liège (est), les plus exposées.

La Belgique compte au total sept réacteurs nucléaires, exploités par Electrabel (groupe Engie). Quatre sont situés à Doel, près de la grande cité portuaire du nord, et trois à Tihange dans la région de Liège.

Une première série de mesures d'urgence en cas d'accident nucléaire avait été arrêtée en 1991, mais ce plan n'avait été actualisé qu'une seule fois, en 2003, et il fallait l'adapter, a expliqué Benoît Ramacker, porte-parole du Centre de crise national.

«C'est la preuve que les autorités se préparent davantage», et dans ce cas «les citoyens aussi doivent se préparer pour pouvoir aider le jour où il se passe quelque chose», a dit M. Ramacker sur la radio La Première (RTBF).

Les Belges sont par exemple invités à se créer un compte sur le site «Be-Alert» afin d'être prévenus par texto sur leur téléphone portable le jour où ils doivent se mettre à l'abri.

Les recommandations varient en fonction de la distance séparant le domicile d'un site classé sensible, centrale nucléaire, institut de recherche spécialisé ou centre d'enfouissement de déchets.

Outre les régions d'Anvers et de Liège, sont aussi considérées comme «zones de planification d'urgence» les régions frontalières proches de la centrale française de Chooz ou de celle de Borssele aux Pays-Bas.