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La Belgique vers un confinement prolongé
International 3 min. 13.04.2020 Cet article est archivé

La Belgique vers un confinement prolongé

La Belgique a payé un lourd tribut à l'épidémie avec 3.903 morts déjà.

La Belgique vers un confinement prolongé

La Belgique a payé un lourd tribut à l'épidémie avec 3.903 morts déjà.
Photo : AFP
International 3 min. 13.04.2020 Cet article est archivé

La Belgique vers un confinement prolongé

Max HELLEFF
Max HELLEFF
Interdictions d’événements et prévisions scientifiques confirment que le retour à la normale prendra du temps.

De notre correspondant Max HELLEFF (Bruxelles) - Willy Demeyer, le bourgmestre socialiste de Liège, a douché les espoirs de tous ceux qui espéraient un déconfinement rapide. Comme ses confrères des 24 communes de l’arrondissement, il a décidé qu’aucun événement «petit, moyen ou grand, public ou privé, en plein air ou à l’intérieur» ne sera autorisé jusqu’au 30 juin. 630.000 personnes sont directement impactées.

Objectif : «Eviter d’exposer les organisations à des frais inutiles et ne pas tabler sur un hypothétique retour à la normale d’ici le 30 juin». Les bourgmestres de la métropole liégeoise ont également annoncé l’acquisition de 200.000 masques chirurgicaux et de 10.000 masques FFP2 pour faire face au virus. Outre les maisons de repos, les hôpitaux et les professionnels de la santé, chaque concitoyen aura droit à deux masques « réutilisables et lavables à haute température.»

Cette initiative a surpris. Car le Conseil national de sécurité ne donnera au pays de nouvelles consignes relatives à la lutte contre la propagation de la pandémie que mercredi prochain. Lors de la réunion précédente, le confinement avait été fixé jusqu’au 19 avril, avec une possibilité de prolongement jusqu’au 3 mai. Mais selon certaines sources, un nouveau prolongement est prévisible. Comme à Liège et dans d’autres localités, le masque pourrait être imposé partout en rue.

Au quotidien flamand Het Nieuwsblad, Erika Vlieghe, la présidente du groupe de travail chargé de définir la stratégie du déconfinement,  a expliqué que le retour à la normale prendrait du temps. L'experte parle d’au moins un an, peut-être davantage, le temps qu’un vaccin soit disponible. Une seconde, voire une troisième vague du virus ne sont pas impossibles.  « C'est très réaliste», avance-t-elle.

On n’en est pas là. Mais en revanche la crainte est que le relâchement ne prenne le dessus. Durant le dimanche ensoleillé du 5 avril, 32% de trajets en voiture supplémentaires entre communes ont été relevés grâce aux données des opérateurs téléphoniques alors que seuls les déplacements essentiels sont autorisés. Des contrôles menés entre le 23 mars et le 3 avril dans des entreprises ont par ailleurs démontré que 85% d’entre elles ne respectaient pas les règles de distanciation sociale.

Ces marques d’indiscipline ont inspiré des mots très durs au virologue Marc Van Ranst : «Certaines personnes s’essuient les pieds sur les mesures de distanciation sociale et de confinement. Il y a donc des individus qui, par leur mauvaise conduite, vont contribuer à nous rapprocher d’un lockdown à la Wuhan! Pendant lequel vous ne serez pas autorisés à faire du sport ou à travailler dehors». Marc Van Ranst rejette par ailleurs l’idée que les écoles puissent rouvrir après les vacances de Pâques.


An employee at super market serves from behind a protective plexiglass on April 5, 2020, in Brussels, as a strict lockdown is been in place for the past 3 weeks to stop the spread of COVID-19, the disease caused by the novel coronavirus. (Photo by Aris Oikonomou / AFP)
La crise puis le rebond pour l’économie belge
Une hausse de la dette publique et une baisse du PIB sont annoncées comme autant de conséquences de la crise sanitaire. Le déconfinement devrait toutefois amorcer la relance.

Lundi 11 heures, heure du dernier comptage en date, le bilan humain attribué au coronavirus était de 3.903 morts (dont 303 pour le dimanche de Pâques). Si une amélioration sensible de la situation est relevée via la diminution du nombre d’hospitalisations, tous les experts s’accordent à dire que ce n’est pas le moment de relâcher les efforts.

S’ajoute à ce constat la tragédie des maisons de retraite où les personnes âgées sont plus que jamais maintenues à l’écart des familles. La moitié des décès attribués au coronavirus est enregistrée dans les séniories. Le dépistage généralisé de leurs pensionnaires devrait prendre de trois à quatre semaines, selon Philippe De Backer, le ministre fédéral en charge du matériel médical.

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