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La Belgique toujours plus verte
International 3 min. 26.04.2019 Cet article est archivé

La Belgique toujours plus verte

Le parti «Ecolo» pourrait rafler tous les suffrages.

La Belgique toujours plus verte

Le parti «Ecolo» pourrait rafler tous les suffrages.
Photo: NICOLAS MAETERLINCK - BELGA
International 3 min. 26.04.2019 Cet article est archivé

La Belgique toujours plus verte

Le triomphe des écologistes en Wallonie et à Bruxelles est annoncé, selon le dernier sondage de l'institut Kantar relayé par plusieurs médias francophones et flamands.

Par Max Helleff, depuis Bruxelles

Comme en 1999 et en 2009, les Verts d’Ecolo sont annoncés en force à Bruxelles et en Wallonie. En Flandre, Groen devrait également tirer les marrons du feu. Tout laisse penser que la Belgique connaîtra une véritable vague verte lors du scrutin du 26 mai qui doit désigner les parlementaires fédéraux, régionaux et européens.

En témoigne ce sondage de l’institut Kantar relayé par plusieurs médias francophones et flamands. Si la N-VA de Bart De Wever reste la première formation politique de Flandre et du pays, Ecolo est par contre en tête à Bruxelles et menace sérieusement le PS en Wallonie.

Les Verts leaders à Bruxelles

Une certitude: jamais les écologistes n’ont connu un tel succès dans les sondages. Les Verts feraient plus que doubler leur dernier score électoral en Wallonie, passant de 9% en 2014 à 22% aujourd’hui. A Bruxelles, ils obtiendraient 21,5% des voix, premiers donc devant les socialistes et les libéraux.


Youths hold placards and shout slogans during a "Youth For Climate" rally in Leuven, on February 7, 2019, calling on authorities to take action on climate and ecological issues. (Photo by NICOLAS MAETERLINCK / BELGA / AFP) / Belgium OUT
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Les Verts francophones profitent bien sûr des scandales qui ont discrédité les partis traditionnels et/ou de gauche, à commencer par Publifin en Wallonie et l’affaire du Samusocial à Bruxelles. Dans la capitale, les enjeux environnementaux (pollution, mobilité, …) n’ont de surcroît jamais autant pesé que ces dernières années.

Le CDH pourrait disparaître

Reste à voir dans quelle mesure les Verts vont tirer profit du recul du Mouvement réformateur de Charles Michel. Ici, la curée est annoncée : -7,5% d’intentions de vote pour les «bleus» qui se retrouvent nettement sous la barre des 20% dans la partie francophone du pays. Ils ne représentent plus que la troisième force politique wallonne, bien qu’ils aient dirigé la Région sans coup férir avec les humanistes du CDH depuis 2017.

Le CDH (Centre démocrate humaniste) est carrément en danger. Il passe sous la barre des 10% en Wallonie et pourrait même disparaître du parlement bruxellois, faute d’atteindre le seuil d’éligibilité fixé à 5% des voix.

Notons encore que les communistes du Parti du travail de Belgique ne faiblissent pas, puisqu’ils emporteraient 15% des suffrages dans le sud du pays.

Absence de programme social?

Quelles leçons tirer? Les commentateurs estiment que la Wallonie penche nettement plus à gauche qu'il y a cinq ans, pourvu évidemment que l’on classe les écologistes à gauche. Cela ne va pas de soi pour leurs adversaires immédiats – les socialistes en tête – qui aiment souligner l’absence de programme social chez les Verts.

Pour parer à la critique, Ecolo promet un crédit d’impôts dont profiteraient les «bas salaires», jusqu’à 2.250 euros mensuels net. L’une des taxations sur le travail les plus élevées d’Europe serait ainsi allégée. En réalité, la proposition d’Ecolo ne s’adresse pas aux bas revenus, mais à la classe moyenne, le salaire médian du Belge oscillant entre 1.800 et 2000 euros.

Créer des passerelles

Quoi qu’il en soit, le score prêté à Ecolo par les sondages promet une Belgique asymétrique au lendemain du 26 mai prochain. Car en Flandre, c’est toujours la droite nationaliste de Bart De Wever qui tient la tête du classement (27% d’intentions de vote). Groen n’arrive que troisième, pratiquement à égalité avec deux partis de droite : les chrétiens-démocrates et les libéraux.

Les nationalistes flamands paraissent donc incontournables, même si tout est possible au jeu des coalitions.

A un mois du scrutin, tout laisse penser que la Flandre restera à droite pour les cinq années à venir. Et qu’elle côtoiera la Wallonie et Bruxelles fortement ancrées à gauche. Il faudra donc trouver des passerelles entre ces opposés pour composer un gouvernement fédéral. Un nouveau casse-tête est annoncé.

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