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La Belgique sera partiellement à l’arrêt le 31 mai
International 3 min. 18.05.2022
Préavis de grève nationale

La Belgique sera partiellement à l’arrêt le 31 mai

La CGSP socialiste est allée jusqu’à déposer un préavis de grève nationale, y compris pour le rail qui sera mis au moins partiellement à l’arrêt.
Préavis de grève nationale

La Belgique sera partiellement à l’arrêt le 31 mai

La CGSP socialiste est allée jusqu’à déposer un préavis de grève nationale, y compris pour le rail qui sera mis au moins partiellement à l’arrêt.
Photo: AFP
International 3 min. 18.05.2022
Préavis de grève nationale

La Belgique sera partiellement à l’arrêt le 31 mai

Max HELLEFF
Max HELLEFF
Le front syndicat décrète une journée d'action nationale qui touchera notamment les transports publics

De notre correspondant Max HELLEFF (Bruxelles) - Le printemps est social en Belgique. Une journée d'action nationale dans les services publics est fixée au 31 mai par les syndicats qui pointent un « malaise général ». La CGSP socialiste est allée jusqu’à déposer un préavis de grève nationale, y compris pour le rail qui sera mis au moins partiellement à l’arrêt.


German Chancellor Olaf Scholz and Belgian Prime Minister Alexander de Croo (L) walk back after inspecting a military honor guard during a welcoming ceremony in front of the Chancellery in Berlin on May 10, 2022. (Photo by John MACDOUGALL / AFP)
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Les syndicats estiment que les travailleurs sont mal payés en retour des efforts fournis durant la crise sanitaire. Ils veulent «plus de pouvoir d'achat, plus de respect pour le dialogue social, plus d'investissements dans le secteur public et plus de respect pour les pensions», précise la CGSP. Les actions pourront aller jusqu’à la grève.

Fait notable : le syndicat socialiste de l’enseignement flamand ACOD Onderwijs sera de la partie. Il veut plus de pouvoir d’achat pour les profs et les travailleurs des écoles, mais aussi davantage de personnel et le maintien des pensions. Il faut remonter à 2018 pour trouver une telle grève en Flandre. 

Les syndicats francophones de l’enseignement pourraient le rejoindre, avec le risque que leur mécontentement ait un impact direct sur les cours.

Une charge trop lourde pour les enseignants et les directeurs

Le 5 mai, entre 10.000 et 15.000 enseignants et enseignantes ont rejeté à Liège la vague de réformes qui touchent l'école dans le cadre du «Pacte d’excellence» censé rendre son lustre à l’enseignement obligatoire. Ils dénoncent la charge administrative qui pèse sur les directeurs, le nombre élevé d'élèves par classe ou encore la nouvelle procédure d'évaluation pédagogique qui sera imposée aux profs.


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Cette journée d’action sociale prend une signification toute particulière dans le contexte actuel. Les syndicats chrétiens et libéraux seront eux aussi de la partie, démontrant la profondeur du malaise. Quant au parti socialiste de Paul Magnette, il est prêt à mettre les mains dans le cambouis, en dépit de sa participation au gouvernement fédéral d’Alexander De Croo.

Le PS vient en effet d’annoncer par voie de presse treize mesures ciblées pour lutter contre la baisse du pouvoir d’achat. Parmi celles-ci, on trouve la remise en question de la loi de 1996 sur l’augmentation des salaires dans le secteur privé. Elle a pour objectif de garder la masse salariale des entreprises sous contrôle en établissant une comparaison avec les pays voisins au nom de la compétitivité. En 2017, sous le gouvernement Michel, cette loi avait été durcie. Le PS veut revenir en arrière pour augmenter la marge salariale des employés et des ouvriers.

Une proposition à double tranchant

Ce positionnement ne plaît évidemment pas aux partis de droite du gouvernement De Croo. La révision de la loi de 1996 ne figure pas dans l’accord gouvernemental et, si l’on en croit une note du Conseil supérieur des finances éventée dans la presse, la tendance serait au contraire à la suppression d’avantages concédés autrefois aux travailleurs. Il est question aussi d’une hausse de la TVA (de 21 à 22%) qui amènerait la classe moyenne à éponger pour l'essentiel la facture du covid.


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La sortie de Paul Magnette a immédiatement braqué son partenaire de coalition, le libéral Georges-Louis Bouchez. «Ne pas modifier la loi de 1996 fait clairement partie de l’accord du gouvernement. Je m’en tiens donc aux accords qui spécifiaient de ne pas toucher à l’héritage et aux acquis du gouvernement Michel», réplique Bouchez. Le libéral francophone rappelle qu’il existe déjà un mécanisme d’indexation automatique des salaires.

Le PS veut également diminuer la fiscalité sur les bas et moyens salaires, renforcer les aides en matière d’énergie ou encore augmenter le remboursement des frais de déplacements professionnels.

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