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La Belgique prête pour l'économie du confinement
International 3 min. 29.10.2020 Cet article est archivé

La Belgique prête pour l'économie du confinement

Pieter Timmermans, le patron de la Fédération des entreprises de Belgique, affirme haut et clair qu’un reconfinement serait un «drame».

La Belgique prête pour l'économie du confinement

Pieter Timmermans, le patron de la Fédération des entreprises de Belgique, affirme haut et clair qu’un reconfinement serait un «drame».
Photo: AFP
International 3 min. 29.10.2020 Cet article est archivé

La Belgique prête pour l'économie du confinement

Max HELLEFF
Max HELLEFF
L’idée d’un reconfinement préventif fait son chemin en Belgique aussi. Cette stratégie serait censée mieux protéger la santé publique au profit de l’économie.

De notre correspondant, Max Helleff (Bruxelles) - Le travail en entreprise contribue-t-il à la propagation du virus ? Plus d’un responsable politique en est persuadé. Les réunions au sommet qui ont conduit au lancement des dernières mesures anticovid ont vu le Wallon Elio Di Rupo et le Flamand Frank Vandenbrouke insister sur le fait que le télétravail est aujourd’hui la règle et que tout doit être mis en œuvre là où il est impossible pour que les conditions sanitaires offertes aux travailleurs soient optimales. Ils insistent, car le message n’est pas toujours compris…

A Bruxelles, des tours de bureaux densément peuplées seraient désormais vides ou presque. Les grands employeurs de la ville auraient mis en place les moyens nécessaires au télétravail. Toutefois, selon des chiffres communiqués à la presse par le PTB communiste, des manquements aux règles ont été constatés dans quelque 3.223 lieux de travail entre le 18 mars et la fin août. Mais seules 84 entreprises fautives ont dû fermer leurs portes, écrit ‘L’Echo’. 


The picture taken on October 26, 2020, in Zagreb, Croatia, shows sample tests for Covid-19 (novel coronavirus) collected at a drive-through testing site. (Photo by DENIS LOVROVIC / AFP)
Plus de 44 millions de cas à travers le monde
Le virus continue de faire des ravages. Face à la recrudescence des cas de contamination, certains pays d'Europe prennent des mesures.

Pour la députée communiste Nadia Moscufo, «ces avertissements ne suffisent pas. Ils contrastent nettement avec les lourdes amendes infligées aux citoyens qui ne respectent pas les règles liées au coronavirus, alors que les entreprises sont un important carrefour où les personnes passent des heures ensemble et peuvent être contaminées. Nous devons augmenter le nombre d’inspections.»

Qu’une partie des employeurs rechignent au télétravail n’a rien d’un secret. Pieter Timmermans, le patron de la Fédération des entreprises de Belgique, affirme haut et clair qu’un reconfinement serait un «drame». Sur Twitter, le virologue Emmanuel André estime au contraire que «les pays qui ont pu contrôler la circulation du virus sont ceux qui jusqu’à présent ont le moins souffert d’un point de vue économique. Se donner l’ambition de réduire au maximum la circulation du virus, c’est assurer la survie de notre économie. Et sauver des vies». Autrement dit, si les patrons veulent échapper à la faillite, ils feraient bien d’accepter le reconfinement.

Une telle réflexion alimente un autre débat portant sur l’opportunité de transformer les vacances scolaires en frein au virus. L’économiste belge Eric Dor estime ainsi qu’il y a «de bonnes raisons sanitaires pour allonger les vacances de Toussaint» mais qu'il y a aussi de bonnes raisons économiques : «Il est nécessaire d’endiguer rapidement la dégradation de la situation sanitaire, sinon ce serait le mois de décembre de tous les Belges qui pourrait être mis en sursis.» 

Ce contre-pied implique que les patrons admettent la présence des enfants à la maison, une disposition imposant le télétravail des parents… Fin septembre, les prix Nobel d’économie 2019 Abhijit Banerjee et Esther Duflo avaient recommandé un confinement de tout le territoire français du 1er au 20 décembre, pour sauver Noël.


French President Emmanuel Macron is seen on a TV screen in Paris on October 28, 2020, as he delivers an evening televised address to the nation, to announce new measures aimed curbing the spread of the Covid-19 pandemic, caused by the novel coronavirus. - France was preparing on October 28 for tough new restrictions to halt a flare-up in Covid-19 cases that has alarmed doctors, with a second lockdown widely mooted as hospitals battle an influx of patients. (Photo by Ludovic MARIN / AFP)
La France de nouveau placée en confinement
Emmanuel Macron a annoncé mercredi, le retour du confinement sur tout le territoire national «à partir de vendredi» et jusqu'au 1er décembre, a minima.

Le reconfinement préventif fait son bonhomme de chemin. Comme l’écrit Le Soir, à défaut de vaccin, il faudra faire avec le virus et développer une stratégie alternative. «Il est impossible de vivre les mois qui viennent d’ici l’été 2021 ou 2022, en pratiquant le stop and go actuel : la courbe des contaminations est aplatie, on ouvre les bars et on retourne à l’école, la courbe remonte, on referme l’économie et on oublie l’école. Ce serait suicidaire psychologiquement, socialement et économiquement..» En revanche, «on a besoin dès aujourd’hui du travail scientifique et managérial d’une équipe B qui pense moyen terme». Opter pour une stratégie du reconfinement préventif pourrait être une des solutions avancées…

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