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La Belgique parie sur la troisième dose
International 4 min. 05.11.2021
Lutte anti-covid

La Belgique parie sur la troisième dose

86% des adultes belges ont été vaccinés pour parer aux effets de l'infection par le coronavirus.
Lutte anti-covid

La Belgique parie sur la troisième dose

86% des adultes belges ont été vaccinés pour parer aux effets de l'infection par le coronavirus.
Photo : dpa
International 4 min. 05.11.2021
Lutte anti-covid

La Belgique parie sur la troisième dose

Max HELLEFF
Max HELLEFF
Après les seniors et les personnes fragiles, une troisième injection est proposée au personnel soignant, sur base du volontariat. Un pas que devrait suivre bientôt le Luxembourg.

De notre correspondant Max HELLEFF (Bruxelles) - Depuis jeudi, toute la Belgique est en rouge foncé sur la carte du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC). Même la Flandre, l’un des meilleurs élèves du continent en matière de vaccination, doit se résoudre à se protéger autrement face au virus. Il semble loin le temps où elle espérait échapper au pass sanitaire et au masque. Avec des spécificités propres aux trois régions du pays, ceux-ci sont désormais obligatoires sur l'ensemble du territoire.


Belgium's Prime Minister Alexander De Croo arrives for a meeting of the consultative committee with ministers of the Federal government, the regional governments and the community governments, to discuss measures taken to control the number of Covid-19 infections, in Brussels, on February 26, 2021. (Photo by BENOIT DOPPAGNE / BELGA / AFP) / Belgium OUT
La Belgique remet le masque partout
La Flandre qui était revenue pratiquement à la normale devra de nouveau vivre masquée pour se protéger du virus.

La riposte s’organise. L’organe qui réunit les ministres de la Santé vient ainsi de marquer son  accord à l’injection d’une troisième dose de vaccin Moderna ou Pfizer dès la mi-novembre au personnel soignant qui le demande. Tous les prestataires de soins de santé dans les hôpitaux, mais aussi ceux qui prodiguent les soins en première ligne et les soins à domicile, peuvent y accéder. La mesure vaut également pour les stagiaires et les étudiants.

Les ministres ont suivi le Conseil supérieur de la santé. Ce même conseil a donné un avis favorable à la vaccination «obligatoire» des soignants, mais cette mesure n’a toujours pas reçu l’aval des autorités.  Selon le quotidien La Capitale,  un premier accord allant dans ce sens avait pourtant été acté au niveau politique cet été, mais le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke avait tenu à entendre d’abord les instances concernées par ce dossier sensible.

Une telle obligation est pourtant dans l’air depuis l’hiver dernier. Ses partisans estiment paradoxal que les soignants qui ont par définition à s’occuper des plus fragiles (les seniors, les personnes atteintes de comorbidité) ne ressentent pas l’obligation morale de se faire vacciner contre le covid. 

Le ton est d'ailleurs monté à plusieurs reprises, des responsables de maison de repos accusant leur personnel de manquer de maturité et de se laisser influencer par les fake-news alarmistes.

L’injection d’une troisième dose «volontaire» au personnel soignant est  quant à  elle motivée par la nécessité «de préserver le système de santé», lequel est frappé en ce moment par un impressionnant taux d’absentéisme. Le Conseil supérieur de la santé précise qu’il est «important de limiter autant que possible les absences pour cause de maladie dans ce groupe. En outre, ce rappel réduit le risque que les prestataires de soins de santé transmettent le virus à leurs patients».

On retrouve dans le même avis des inquiétudes précédemment émises par le ministre Vandenbroucke quant au risque de voir «d’autres infections comme la grippe» s’ajouter au coronavirus, lesquelles conduiraient potentiellement les unités hospitalières à saturation.

Le ras-le-bol des hôpitaux

Jusqu'ici, la troisième dose était réservée aux plus de 65 ans et aux immunodéprimés. La Flandre souhaiterait qu’elle soit étendue à la population générale. Cette volonté est toutefois combattue par certains scientifiques qui jugent ici la troisième dose inutile. Au Luxembourg, la ministre de la Santé attend l'avis du Conseil supérieur des maladies infectieuses pour se décider dans les jours prochains.


02.11.2021, Bayern, Erlangen: Eine Mitarbeiterin des ASB zieht in einem temporären mobilen Impfzentrum eine Spritze mit dem Impfstoff von Biontech/Pfizer gegen Covid-19 auf. Das Impfzentrum Bayern ist weiterhin mit mobilen Teams in Erlangen unterwegs. Dabei wird unter anderem auch die dritte Impfung, die sogenannte Boosterimpfung, an Impfwillige verabreicht. Die Termine sind ohne Anmeldung offen für alle ab 12 Jahren. Foto: Daniel Karmann/dpa +++ dpa-Bildfunk +++
Avis attendu sur la troisième dose pour les soignants
«Dans les prochains jours», le Conseil supérieur des maladies infectieuses préconisera les possibilités d'extension de la vaccination

Le risque que la «quatrième vague» ne se transforme en déferlante est pris très au sérieux, au  moment où le personnel des hôpitaux fait part de son ras-le bol face à ce qu’il désigne comme un manque d’écoute des autorités.

Selon un nouveau rapport rédigé par le GEMS, un groupe d'experts chargé de conseiller le gouvernement fédéral sur la crise sanitaire, la nouvelle vague de coronavirus dépasse la moyenne d'une saison dite «classique» de grippe. En 2018, près de 11.000 infections quotidiennes ont été dénombrées en Belgique (contre 2.800 par jour en saison douce). Une moyenne de 7.750 infections est actuellement enregistrée quotidiennement pour le coronavirus. Et la mauvaise saison ne fait que commencer...

Enfin, les autorités devraient se prononcer dans les prochaines semaines sur l’opportunité de vacciner les enfants âgés de 5 à 11 ans contre le covid-19. Le ministre fédéral de la Santé  attend l’approbation et l’avis de l’Agence européenne des médicaments (EMA). Les autorités scientifiques belges se prononceront par la suite.

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