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La Belgique opte pour un «confinement plus sévère»
International 4 min. 31.10.2020 Cet article est archivé

La Belgique opte pour un «confinement plus sévère»

A partir de lundi, le télétravail deviendra obligatoire en Belgique, a indiqué vendredi soir le Premier ministre Alexander De Croo.

La Belgique opte pour un «confinement plus sévère»

A partir de lundi, le télétravail deviendra obligatoire en Belgique, a indiqué vendredi soir le Premier ministre Alexander De Croo.
Photo: AFP
International 4 min. 31.10.2020 Cet article est archivé

La Belgique opte pour un «confinement plus sévère»

Max HELLEFF
Max HELLEFF
La vie sociale des Belges sera fortement cadenassée durant «au moins un mois» pour faire front au coronavirus, suite à la décision prise vendredi soir par les autorités belges.

De notre correspondant Max Hellef à Bruxelles - Tout au long de la semaine écoulée, la Belgique a balancé entre le durcissement des mesures anticovid existantes et un reconfinement franc et assumé. Vendredi, six heures de négociations ont encore été indispensables au fédéral, aux Régions et aux Communautés pour se mettre d’accord.


(FILES) In this file photo taken on October 19, 2020 This picture taken on October 19, 2020 in Brussels shows stacked chairs outside a closed restaurant, on the implementation day of new sanitary measures aimed at curbing the spread of the Covid-19 (novel coronavirus) outbreak. (Photo by Kenzo TRIBOUILLARD / AFP)
La Belgique prête pour l'économie du confinement
L’idée d’un reconfinement préventif fait son chemin en Belgique aussi. Cette stratégie serait censée mieux protéger la santé publique au profit de l’économie.

Au final, une nouvelle batterie de mesures est mise en place pour «au moins un mois», à partir de lundi : les commerces non essentiels doivent fermer et les professions de contact (coiffeurs, etc.) doivent cesser leurs activités. Le télétravail est obligatoire. Les Belges devront par ailleurs revoir une nouvelle fois leur vie sociale à la baisse : une seule visite d’un proche est autorisée à la maison – sauf pour les isolés qui pourront voir une personne supplémentaire. Les rassemblements dans l'espace public sont limités à quatre personnes. Les lieux de culte restent ouverts, avec des groupements de maximum quatre personnes avec port du masque. Les centres de vacances doivent fermer. Les voyages à l’étranger sont fortement déconseillés. 

«Pour moi, il n'y a qu'une seule réponse, c'est de faire front avec les soignants qui déploient des efforts incroyables pour sauver des vies chaque jour. A la mi-novembre, 2.800 personnes seront en soins intensifs. Et nous ne voyons toujours pas pour l'instant de changement. Nous devons être unis entre nous, et être derrière notre personnel soignant. Il n'y a qu'une solution: limiter les contacts entre nous», a scandé le Premier ministre Alexander De Croo, annonçant un « confinement plus sévère pour l'ensemble du territoire (…) Ce sont des mesures de la dernière chance.»

Ces dernières semaines, une attention toute particulière a été portée aux écoles, jugées prioritaires en raison du bien-être des enfants. L’objectif restait de maintenir l’enseignement obligatoire ouvert vaille que vaille. Mais aujourd’hui, un enseignant sur quatre est malade. Résultat: toutes les écoles resteront fermées jusqu'au 15 novembre inclus. Les vacances de Toussaint passent ainsi d’une à deux semaines, un laps de temps censé briser la propagation du virus. Pour l'enseignement supérieur, les cours se donneront  à distance jusque mi-décembre.

L’emballement des chiffres est à l’origine de ce nouveau verrouillage de la société belge. Le nombre d’infectés flirte avec les 400.000 personnes. 79 décès sont répertoriés chaque jour en moyenne (contre trois cet été). 6.187 personnes sont hospitalisées pour cause de covid-19 (+4%), dont 1.057 en soins intensifs (+9%). Des dizaines de maisons de repos sont contaminées… Ces chiffres ont été brandis au cours des derniers jours par les nombreux scientifiques favorables au reconfinement strict. Parmi eux, le virologue Emmanuel André. «Je demande au gouvernement d’avoir le courage de ne plus perdre de temps devant un phénomène qui nous a déjà dépassés. Faites-le pour les soignants. Faites-le parce qu’il est encore temps d’éviter de voir mourir des patients dans les couloirs des hôpitaux. Faites-le.»


A medical worker puts on her personal protective equipment before working at the intensive care unit for patients infected with Covid-19 (novel coronavirus) at The University Hospital Centre in Liege, on October 22, 2020. - Belgium, is experiencing one of the worst second waves of the epidemic in the world, and with 10,539 deaths in a country of 11.5 million people, one of the deadliest outbreaks per capita. (Photo by Kenzo TRIBOUILLARD / AFP)
La Belgique numéro 1 européen des contaminations
Le royaume s’enfonce dans la crise sanitaire et songe au confinement total. Les mesures prises jusqu’ici n’ont pas réussi à enrayer la pandémie.

«La situation dans les hôpitaux liégeois est catastrophique», martèle le gouverneur de la province de Liège. Le ras-le-bol du personnel s’exprime par des manifestations, mais aussi par un appel à l’aide auprès de structures hospitalières moins chargées. Le week-end dernier, le gouvernement avait rappelé les réglementations en matière de transfert de malades. Mais cet avertissement n’a guère produit d’effets : pour des raisons d’éloignement et de langue, la plupart des patients francophones refusent d’être transférés en Flandre.

Sur un plan médiatique et politique, la réunion de ce vendredi a pris pour Alexander De Croo l’allure d’une reprise en main.  Le Premier ministre avait été dépassé ces derniers jours sur sa gauche et sur sa droite par la volonté des Régions de combattre chacune à leur manière le coronavirus. D’où un sentiment de cacophonie politique, communicationnelle, mais aussi des mesures différentes selon l’endroit où l’on se trouve dans le pays. Mercredi soir,  Alexander De Croo avait déjà tenu à livrer un message d’unité. 

«Nous ne pouvons pas céder à la division. Le seul combat à mener, c’est celui contre le virus», avait-il insisté. «Ces mesures font mal et restreignent nos libertés. La vie sociale est pratiquement à l’arrêt (mais l’objectif est) d’épargner des vies.» L’espace public belge reste interdit de 22 à 6 heures en Wallonie et à Bruxelles, de minuit à 5 heures en Flandre.

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