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La Belgique numéro 1 européen des contaminations
International 4 min. 28.10.2020 Cet article est archivé

La Belgique numéro 1 européen des contaminations

Près de 700 malades par jour sont admis à l’hôpital. Les hôpitaux arrivent à saturation.

La Belgique numéro 1 européen des contaminations

Près de 700 malades par jour sont admis à l’hôpital. Les hôpitaux arrivent à saturation.
Photo: AFP
International 4 min. 28.10.2020 Cet article est archivé

La Belgique numéro 1 européen des contaminations

Max HELLEFF
Max HELLEFF
Le royaume s’enfonce dans la crise sanitaire et songe au confinement total. Les mesures prises jusqu’ici n’ont pas réussi à enrayer la pandémie.

De notre correspondant, Max Helleff (Bruxelles) - La Belgique vient de passer un redoutable cap en devenant le pays européen qui détient le plus haut taux de contaminations au coronavirus par rapport à sa population. Ces chiffres ont été donnés mardi par le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC). 

 Le royaume a ainsi dépassé la République tchèque en détectant quelque 1390 nouveaux cas de coronavirus par 100.000 habitants en deux semaines. Si ces chiffres peuvent s’expliquer en partie par l’ampleur du dépistage, le nombre d’hospitalisations, lui, est une donnée autrement fiable : près de 700 malades par jour sont admis à l’hôpital, soit plus qu’aux pires heures du printemps dernier.

Autant dire que le moral est au plus bas. Dans les médias, virologues et épidémiologistes se succèdent, criant casse-cou et dénonçant l’absence de mesures suffisamment fortes pour enrayer la propagation du virus. Pour Yves Van Lathem, le porte-parole du Centre de crise, «il faudra décider d’ici ce week-end si l’on doit passer en confinement total». «Il faut préparer tout pour un confinement, s’il n’y a pas d’amélioration fin de semaine». La saturation des hôpitaux qui devrait être actée en début de semaine prochaine ne laisserait pas d’autre choix.


TOPSHOT - A member of the medical staff works in the corridor in the intensive care unit for patients infected with Covid-19 (novel coronavirus) at The University Hospital Centre in Liege, on October 22, 2020. - Belgium, is experiencing one of the worst second waves of the epidemic in the world, and with 10,539 deaths in a country of 11.5 million people, one of the deadliest outbreaks per capita. (Photo by Kenzo TRIBOUILLARD / AFP)
La Belgique glisse un peu plus vers le reconfinement
Le Premier ministre Alexander De Croo appelle à la solidarité nationale face au virus. Dès ce week-end, le sport se jouera à huis clos.

Une réponse est attendue ce vendredi, à l’occasion d’un nouveau Comité de concertation réunissant les autorités du pays. Comme prévu lors du précédent round, il devra évaluer les mesures prises deux semaines auparavant, dont le couvre-feu décrété sur l’ensemble du territoire et la fermeture de l’Horeca (cafés et restaurants).

Mais difficile d’attendre jusque-là. Après la Wallonie et Bruxelles, la Flandre vient de durcir ses mesures anticovid en mettant la culture et le sport en intérieur à l’arrêt – le couvre-feu reste toutefois fixé de minuit à 5 heures (contre 22h à 6h dans le reste du pays). Le ministre-président Jan Jambon avait pourtant refusé jusqu’à ce mardi que sa région soit davantage confinée. Il avait fait pression sur le gouvernement De Croo pour qu’il ne prenne pas de mesures trop sévères en prétextant que le nord du pays était moins touché. Mais la pandémie a fini par submerger également la Flandre, le virus n’ayant que faire de la frontière linguistique.  

Nous serons alors contraints de faire des choix.

Ces mesures mettent  les trois Régions presque sur le même pied d’égalité à l’avant-veille de la réunion du Comité de concertation. Cette fois, à moins que les chiffres ne montrent que les mesures actuelles se traduisent par une baisse des hospitalisations dans l'immédiat, la Belgique pourrait se verrouiller de  nouveauLes hôpitaux fonctionnent à flux tendu. L’Allemagne s’engage à accueillir des malades belges en cas de saturation. Mais les grandes questions éthiques reviennent comme au printemps dernier, lorsque les médecins craignaient d’avoir à choisir entre «qui vivrait et qui mourrait».

A Bruxelles, le directeur des Cliniques de l’Europe Peter Fontaine est pessimiste. «Aucune décision, regrette-t-il, n’a été prise pour stopper les contacts sociaux, qui sont encore très élevés. Nous ne voyons par exemple pas d’impact de la décision prise le 7 octobre de fermer les cafés à Bruxelles. Cela aurait déjà dû être le cas.» Il craint que  les hôpitaux flamands soient eux-mêmes saturés d’ici une semaine. Il ne sera donc plus possible d’y transférer des malades wallons ou bruxellois. «Nous serons alors contraints de faire des choix, et pas seulement dans les services Covid.»

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