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La Belgique menacée par une panne d'électricité
International 3 min. 27.09.2018 Cet article est archivé

La Belgique menacée par une panne d'électricité

Marie-Christine Marghem, 
la ministre 
de l’Energie.

La Belgique menacée par une panne d'électricité

Marie-Christine Marghem, 
la ministre 
de l’Energie.
AFP
International 3 min. 27.09.2018 Cet article est archivé

La Belgique menacée par une panne d'électricité

Un seul des sept réacteurs nucléaires du pays sera en fonctionnement en novembre prochain.

Par Max Helleff,

Du 20 octobre au 28 novembre, la Belgique ne sera approvisionnée que par un seul réacteur: Doel 3. Cinq de ses sept réacteurs sont déjà à l’arrêt en raison de différents problèmes (fuite, béton en mauvais état, etc).

Un sixième – Tihange 1 – s’y ajoutera pendant cinq semaines, le temps de le recharger en combustible. La pénurie d’électricité guette, la facture du particulier menace de flamber. C’est tout un pays qui croise les doigts pour que la météo soit clémente et lui évite des coupures dans les prochains mois.

Il y a moins d’un an, le ministre en charge de la sécurité nucléaire, le nationaliste flamand Jan Jambon (N-VA), se montrait particulièrement optimiste quant à l’état du parc nucléaire belge. A l’époque pourtant, un problème d’effritement du béton avait paralysé Doel 3.Le réacteur avait été mis en pause pendant dix mois, le temps de mener à bien les réparations.

Prié de s’expliquer par l’opposition, Jan Jambon avait déclaré: «L’exploitant (Electrabel) a pu démontrer de façon crédible que les autres réacteurs ne sont a priori pas affectés par le mécanisme de dégradation».

Mais la semaine dernière, l’Agence de contrôle nucléaire a annoncé la découverte d’une «dégradation du béton aussi bien à Doel 4 qu’à Tihange 2», quelques mois après que des observations semblables eurent été faites à Tihange 3.

L’arrêt de deux autres réacteurs est par ailleurs prolongé: ils ne seront pas réparés avant le printemps. En novembre, ce sera la première fois que six réacteurs nucléaires sont arrêtés simultanément.

Selon «Le Soir» qui a sorti sa calculette, il devrait manquer au minimum 3.239 MW à la Belgique lorsque la consommation d’électricité atteindra son plus haut niveau en novembre. «Et il n’y a qu’une solution pour aller les chercher: l’importation», écrit le quotidien. «Via la France ou les Pays-Bas. Cela sera-t-il possible?»

Un chantier dans les limbes

L’administration se montre réservée: «La disponibilité de l’énergie à l’étranger reste malheureusement incertaine». Tout dépendra de la disponibilité du nucléaire français. Face à une telle situation, difficile de ne pas pointer l’obstination du gouvernement Michel à maintenir en fonctionnement un parc nucléaire vieillissant.

Au cours de la législature qui se termine, les incidents se sont multipliés dans les centrales. Des dizaines de milliers de micro-fissures ont été découvertes dans la cuve de deux réacteurs. Mis à l’arrêt, ils ont finalement été relancés.

Des unités atteintes par la limite d’âge des quarante ans ont été rénovées à grands frais pour continuer à fonctionner dix ans de plus. Et le plus grand doute subsiste quant à la volonté réelle de la Belgique d’abandonner l’atome en 2025, comme cela a été décidé il y a une quinzaine d'années.

«Je ne panique jamais. L’hiver météorologique démarre le 1er novembre. Il me reste du temps», a expliqué la ministre de l’Energie, la libérale francophone Marie-Christine Marghem (MR). Elle a rejeté la faute sur l’exploitant Electrabel, lequel estime qu’on lui a forcé la main en exigeant le maintien en activité de tout le parc nucléaire.

La ministre a également parlé d’avenir et d’investissements futurs dans des centrales au gaz pourvoyeuses d’électricité. Mais ce chantier promis en 2014 lors de l’arrivée au pouvoir de Charles Michel est toujours dans les limbes. Trois ans au minimum sont nécessaires pour construire une telle centrale.

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