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La Belgique limite AstraZeneca aux plus de 56 ans
International 3 min. 08.04.2021

La Belgique limite AstraZeneca aux plus de 56 ans

La limitation de l’administration d’AstraZeneca aux plus de 56 ans n’a néanmoins pas de réelle incidence sur le déroulement de la campagne de vaccination.

La Belgique limite AstraZeneca aux plus de 56 ans

La limitation de l’administration d’AstraZeneca aux plus de 56 ans n’a néanmoins pas de réelle incidence sur le déroulement de la campagne de vaccination.
Photo: AFP
International 3 min. 08.04.2021

La Belgique limite AstraZeneca aux plus de 56 ans

Max HELLEFF
Max HELLEFF
Ce choix n’a pas d’incidence immédiate sur la campagne de vaccination et évite en outre tout nouveau retard.

De notre correspondant, Max Helleff (Bruxelles) - Les risques liés au vaccin AstraZeneca sont revenus tel un boomerang dans le jardin du gouvernement De Croo. A la mi-mars, le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke avait maintenu son administration, en dépit de sa suspension momentanée par de nombreux pays européens. L’Agence européenne du médicament (EMA) lui avait donné raison.


(FILES) In this file photo taken on March 18, 2021 Syringes filled with doses of the AstraZeneca/Oxford Covid-19 vaccine wait to be distributed to patients, at Lichfield cathedral, which has been converted into a temporary vaccination centre, in Lichfield, central England. - A British trial of the AstraZeneca coronavirus vaccine on children has been paused, Oxford University said on APril 6, 2021, as global regulators rush to assess its possible link to rare blood clots in adults. (Photo by Oli SCARFF / AFP)
La balance «bénéfices-risques» positive d'AstraZeneca
L'Agence européenne des médicaments a estimé, ce mercredi, que les risques de thrombose devaient néanmoins être répertoriés comme des effets secondaires «très rares» du vaccin controversé contre le covid-19.

Mais cette fois, un pas en arrière n’a pu être évité face aux risques de thrombose rares communiqués en début de semaine. Résultat : «Sur la base d’avis scientifiques récents, les ministres belges de la Santé ont décidé de remplacer l’AstraZeneca par d’autres vaccins pour les personnes âgées de 18 à 55 ans; pour les personnes de 56 ans et plus, tous les vaccins continueront d’être administrés. L’Agence européenne des médicaments souligne que les avantages d’AstraZeneca l’emportent toujours sur les risques», est-il justifié.

Ce choix est fondé sur les avis soumis par le Conseil supérieur de la santé, la task force gouvernementale en charge de la vaccination et, comme dit ci-dessus, par l’Agence européenne des médicaments. La décision sera réexaminée dans quatre semaines.


This picture shows vials of the AstraZeneca Covid-19 vaccine and a syringe in Paris on March 11, 2021. - European countries can keep using AstraZeneca's coronavirus vaccine during an investigation into cases of blood clots that prompted Denmark, Norway and Iceland to suspend jabs, the EU's drug regulator said on March 11, 2021. (Photo by JOEL SAGET / AFP)
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Les autorités assurent que le pays n'a pas été destinataire du lot mis en cause au Danemark notamment, et que le Luxembourg a préféré écarter de sa campagne vaccinale par précaution.

Et, pour le reste, la campagne de vaccination suit son cours. La limitation de l’administration d’AstraZeneca aux plus de 56 ans n’a pas de réelle incidence sur son déroulement dans la mesure où elle ne concernait pas jusqu’ici les classes d’âge inférieures. D’ici le mois de mai, les autorités espèrent disposer de davantage de doses Pfizer, Moderna ainsi que Johnson&Johnson pour fournir des vaccins en nombre suffisant aux 18-55 ans.

Les doutes survenus autour d’AstraZeneca ont occulté ces derniers jours un autre dossier, potentiellement brûlant. Il concernerait a priori un nombre de personnes encore indéterminé qui, profitant de la protection d’une autorité, ont pu accéder à la vaccination alors qu’elles ne faisaient pas partie des groupes prioritaires  - ces derniers étant constitués à ce jour des résidents des maisons de retraite, des + de 65 ans et du personnel de la santé. Des bourgmestres auraient ainsi profité de l’ouverture d’un centre de vaccination sur leur territoire pour y inviter leurs employés. Ces édiles ont réagi à ces soupçons en expliquant qu’ils avaient simplement récupéré des doses excédentaires, destinées à être jetées, sans convaincre pour autant les partis d’opposition. A Ath (Hainaut), ces derniers jugent les passe-droits supposés «honteux».

Une autre forme de «privilège» fait débat. Faut-il ou non rendre certains droits aux personnes vaccinées, comme la non-obligation du port du masque? Un avis a été demandé à ce sujet par le ministre de la Santé. Il doit établir la relation entre campagne de vaccination, stratégie de dépistage et aspects éthiques.


This picture taken on March 25, 2020 shows Manneken-Pis statue that wears a protective mask support of medical workers in Brussels, Belgium, 25 March 2020, as a strict lockdown comes into effect to stop the spread of the COVID-19, the disease caused by the novel coronavirus (Photo by Aris Oikonomou / AFP)
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Mais d’aucuns ont déjà fait connaître leur opposition. A Bruxelles, le chrétien-démocrate Benjamin Dalle en charge de la Jeunesse, n’en veut pas : «Une personne ne peut pas avoir davantage de droits qu’une autre. De plus, ce serait injuste pour les jeunes qui se trouvent dans les derniers dans le calendrier de vaccination», a-t-il expliqué sur les ondes de la chaîne publique Radio 1.

En dépit des polémiques et des contretemps, la Belgique n’a d’autre choix que de rattraper son retard en matière de vaccination. Jeudi, les chiffres étaient de nouveau sans appel. Même si les contaminations sont reparties à la baisse ces derniers jours, plus de 900 patients sont actuellement aux soins intensifs. Le nombre de décès, lui aussi en hausse quotidienne, s’établit à 23.301 depuis le début de la pandémie en mars 2020.

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