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La Belgique frileuse face à l’obligation vaccinale
International 3 min. 17.01.2022
Face au covid-19

La Belgique frileuse face à l’obligation vaccinale

77% de la population belge a déjà reçu au moins une dose anti-covid.
Face au covid-19

La Belgique frileuse face à l’obligation vaccinale

77% de la population belge a déjà reçu au moins une dose anti-covid.
Photo : dpa
International 3 min. 17.01.2022
Face au covid-19

La Belgique frileuse face à l’obligation vaccinale

La mesure est « envisagée » mais son adoption ne semble pas être une priorité immédiate pour le gouvernement De Croo.

De notre correspondant Max HELLEFF (Bruxelles) - La Belgique ne devrait pas échapper à son tour à un débat sur l’obligation vaccinale, comme le Luxembourg s'apprête à le faire ce mercredi. A Bruxelles, la Chambre doit organiser cette semaine des auditions sur la question. Puis un débat politique suivra avec la volonté de clore le dossier à la mi-février.


Eine Werksärztliche Assistentin zieht in einem betrieblichen Impfzentrum für Mitarbeiter der Robert Bosch GmbH eine Dosis des Impfstoffes von Biontech/Pfizer auf.
Vers une obligation vaccinale pour les plus de 50 ans
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Une telle échéance laisse entendre que la majorité gouvernementale d’Alexander De Croo n’est pas pressée d'aborder la question sensible de l’obligation vaccinale. Au lendemain de Noël, le Premier ministre qui lui était jusque-là opposé avait pourtant changé d'avis. Il avait les yeux braqués sur le nombre de malades aux soins intensifs dont le statut vaccinal indiquait majoritairement qu’ils n'avaient pas été vaccinés contre le covid-19. «Quand on voit que dans les unités de soins intensifs, il y a cinq fois plus de personnes non vaccinées, on ne peut pas éviter la question», avait-il déclaré.

Mais depuis, la situation dans les hôpitaux s’est améliorée en dépit de la hausse des contaminations. On compte aujourd'hui 406 patients covid aux soins intensifs alors qu’un pic avait été atteint le 11 décembre, avec 839 personnes. Or, le risque de saturation hospitalière a tenu lieu d’étoile du berger aux autorités tout au long de la pandémie. D'où la question de savoir si le gouvernement ne va pas jouer la montre, pariant sur la moindre dangerosité présumée du variant omicron et sur l’arrivée du printemps dans deux mois.

Le commissaire du gouvernement au corona, Pedro Facon, vient de produire un rapport dans lequel il ne recommande pas de procéder à la vaccination obligatoire, mais plaide plutôt pour la mise en place d'un «certificat corona». Selon le commissaire, ce certificat pourrait contribuer à un taux de vaccination plus élevé (9 millions de Belges ont à ce jour reçu au moins une dose, soit 77,6% de la population). 

Concrètement, le document prouverait la vaccination de son détenteur et lui donnerait accès à certains lieux (horeca, etc). En revanche, l'attestation de rétablissement qui permet elle aussi d’obtenir le pass sanitaire (covid safe ticket) serait abandonnée. En cas de forte circulation du virus, le certificat de vaccination pourrait être combiné à un test. La fréquence de son utilisation serait liée à la situation épidémiologique. Le certificat ne serait pas exigé lors d’activités essentielles.


242 primo-injections ont été effectuées ces dernières 24 heures.
«La vaccination des frontaliers ne doit pas être obligatoire»
Sur les ondes de RTL, la présidente de l'OGBL a déclaré qu'il n'était pas concevable de rendre la vaccination anti-covid obligatoire pour les travailleurs frontaliers. Elle s'en explique.

Pour revenir à la vaccination obligatoire, si le commissariat au corona ne la bannit pas, il conseille toutefois de passer préalablement par un débat social ou même une consultation, en plus de la négociation politique. Une manière comme une autre de renvoyer la décision aux calendes grecques.

Une telle frilosité peut être également décelée dans l’obligation vaccinale promise au personnel soignant. En toute logique, le texte législatif concocté par le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke aurait dû entrer en application le 1er janvier. Le 1er avril, les récalcitrants auraient été interdits d’exercer. Mais le vote n’a toujours pas eu lieu. Et pour cause : les syndicats sont vent debout. Ils soulignent l’incongruité qu’il y aurait à se passer de bras alors que les hôpitaux font face à une grave pénurie de personnel.

Obligation légitime

Le dossier n'est pas clos pour autant. La semaine passée, le Conseil d’Etat a reconnu la légitimité et la proportionnalité d’une vaccination obligatoire pour les professionnels de la santé. Mais il a aussi, pointent les syndicats, fait valoir que l’avant-projet de loi risque d’engendrer des discriminations, notamment entre catégories de travailleurs.

Le texte du gouvernement doit encore être envoyé à la Chambre en vue d’un vote qui pourrait intervenir dans les prochaines semaines.

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