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La Belgique envisage la semaine de quatre jours
International 3 min. 15.02.2022 Cet article est archivé
Travail

La Belgique envisage la semaine de quatre jours

La semaine de quatre jours fait partie d'un ensemble de mesures visant à booster le taux d'emploi dans le pays.
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La Belgique envisage la semaine de quatre jours

La semaine de quatre jours fait partie d'un ensemble de mesures visant à booster le taux d'emploi dans le pays.
Photo: Shutterstock
International 3 min. 15.02.2022 Cet article est archivé
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La Belgique envisage la semaine de quatre jours

Laura BANNIER
Laura BANNIER
La réforme du marché du travail a tenu éveillé le gouvernement fédéral belge cette nuit. Ce dernier s'est accordé sur un ensemble de mesures, dont la semaine de quatre jours.

Comment augmenter le taux d'emploi en Belgique? C'est la question à laquelle les principaux ministres du gouvernement fédéral belge ont tenté de répondre. Réunis en Comité ministériel restreint (Kern) cette nuit, ils ont réussi à se mettre d'accord sur la réforme du marché du travail. Un gros morceau pour la majorité, qui ambitionne notamment de faire passer le taux d'emploi du pays de 71,4% aujourd'hui à 80% en 2030.


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Accompagné des ministres David Clarinval (Indépendants), Pierre-Yves Dermagne (Travail), et Frank Vandenbroucke (Affaires sociales), le Premier ministre Alexander De Croo a présenté le contenu de cette réforme ce mardi matin. Les nombreuses mesures se répartissent entre quatre piliers qui ont guidé la rédaction de ce texte: formation, économie numérique, changement d'emploi, et flexibilité pour les travailleurs.

C'est justement dans cette optique que s'inscrit la semaine de quatre jours. Elle s'adresse aux travailleurs à temps plein, à qui il pourra être désormais proposé de répartir leurs 38 heures de travail hebdomadaires sur quatre jours, au lieu des cinq habituels. Un gain de liberté pour les salariés, qui pourront autrement s'organiser selon un régime hebdomadaire variable. Concrètement, les employés pourront effectuer jusqu'à 45h en une semaine, pour récupérer 7h la semaine suivante.

Un accord tous les six mois

Ces mesures ont vocation à être proposées à l'ensemble des travailleurs, qui pourront y avoir recours sur la base du volontariat. L'employeur de son côté se gardera le droit de refuser cette flexibilité pour ses employés, à condition de pouvoir motiver sa décision. L'accord entre le salarié et son patron devra être renouvelé tous les six mois. Une convention collective pourra être rédigée dans certaines situations. 


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Mais l'adaptation du temps de travail des salariés est loin d'être la seule solution envisagée par les ministres pour faire remonter en flèche le taux d'emploi. Le gouvernement crée également un droit individuel à la formation, permettant à chaque entreprise de plus de 20 travailleurs de déposer un plan de formation chaque année. Les employés débloqueront ainsi trois jours de formation par an en 2022, quatre en 2023 et cinq en 2024 pour développer leurs compétences. 

En cas de licenciement, un meilleur accompagnement est prévu. Il permettra notamment aux salariés de commencer à travailler pour leur nouvel employeur pendant leur préavis, avec un maintien de salaire. 

Vers un droit à la déconnexion

Le travail de nuit sera quant à lui facilité dans le secteur de l'e-commerce. Les employés pourront ainsi travailler jusqu'à minuit, sans que ces heures ne comptent comme du travail de nuit. L'employeur ne pourra cependant pas obliger le salarié à travailler 20 heures. Cette mesure fera l'objet d'une expérience pilote dont des conclusions seront tirées en 2024 par le Conseil national du travail qui en fera l'évaluation.

Par ailleurs, le droit à la déconnexion a également été abordé par les ministres. Il sera inscrit dans les conventions collectives après consultation des syndicats. Grâce à ce droit, les travailleurs ne seront plus tenus d'avoir à répondre aux mails ou aux appels téléphoniques de leur employeur en dehors des heures de travail. 

«Des avancées concrètes pour tous les travailleurs», c'est la description qu'a faite Pierre-Yves Dermagne (PS) de cette réforme. Le vice-Premier ministre et ministre de l'Economie et du Travail a salué cet accord sur Twitter, à l'image de Vincent Van Quickenborne (Open VLD), vice-Premier et ministre de la Justice, qui a qualifié la réforme de «boost pour l'économie».

 

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