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La Belgique en ordre dispersé à Glasgow
International 3 min. 03.11.2021
Environnement

La Belgique en ordre dispersé à Glasgow

Le fossé se creuse entre la volonté fédérale et les attentes en matière climatique des régions (Wallonie, Bruxelles, Flandre).
Environnement

La Belgique en ordre dispersé à Glasgow

Le fossé se creuse entre la volonté fédérale et les attentes en matière climatique des régions (Wallonie, Bruxelles, Flandre).
Photo : AFP
International 3 min. 03.11.2021
Environnement

La Belgique en ordre dispersé à Glasgow

Max HELLEFF
Max HELLEFF
Avant la COP26, les différentes entités du pays n’ont pas réussi à se mettre d’accord à ce jour sur l’effort à fournir au profit du climat.

De notre correspondant Max HELLEFF (Bruxelles) - Comme en 2015 lors de la COP21 qui a mené à l’Accord de Paris, la Belgique est arrivée en ordre dispersé à Glasgow. Elle n’a pas réussi à finaliser une position commune entre son niveau fédéral et ses régions (Wallonie, Bruxelles, Flandre). Lundi, Alexander De Croo a dû faire assaut de volontarisme pour relativiser ce nouvel échec.


Villagers are dwarfed by giant windmills built by the Danish Development Agency, DANIDA, along the shores of Bangui, Ilocos Norte province in northern Philippines Wednesday Nov. 8, 2006. The sixteen giant "Bangui Windmills" built last year, are capable of generating 54 Megawatts of electricity and are the first such alternative source of energy in Southeast Asia. (AP Photo)
La Belgique s'offre une île énergétique en mer du Nord
Annoncé pour 2026, ce «hub» doit permettre de faciliter l’approvisionnement du pays en électricité offshore. Et le Luxembourg montre aussi de l'intérêt à cette initiative.

«Le changement climatique est arrivé, a-t-il lancé. Et il est arrivé pour se venger. Il frappe à la maison. Egalement en Europe.» Le Premier ministre a poursuivi : «Nous ne pouvons tout simplement pas nous permettre de ne pas agir. D'attendre que la prochaine inondation, la prochaine canicule, ou le prochain feu de forêt tue et détruise».

A la mi-juillet, plusieurs communes de la région liégeoise ont été ravagées par les inondations. Le bilan est de 41 morts. Les dégâts se montent à plusieurs milliards d’euros et il faudra des années pour reconstruire les zones dévastées.

Pourtant, les Belges peinent à se mettre d’accord sur le partage du burden sharing, le poids financier que représentent les moyens à mettre en œuvre pour lutter contre le changement climatique. La Flandre industrielle freine des quatre fers. Le tout dans un contexte énergétique compliqué, où il est question de fermer complètement ou partiellement les centrales nucléaires en 2025. Une décision gouvernementale doit intervenir à ce propos dans les prochaines semaines.


(FILES) In this file photo taken on March 12, 2017 a man carries fake nuclear barrels during a demonstration to demand the closure of Fessenheim nuclear power plant in Fessenheim, eastern France. 
The Nuclear Nonproliferation Treaty (NPT), signed in 1968 by 191 countries, commits the five official holders of the atomic bomb (United States, Russia, France, Britain and China) to not transfer military nuclear technology to other countries, and prohibits non-nuclear countries from procuring or manufacturing nuclear weapons.  / AFP PHOTO / SEBASTIEN BOZON
La Belgique prépare la fin de l’atome
Le gouvernement De Croo veut faire du démantèlement des centrales un pôle d’expertise valorisable à l’étranger.

Pour l’heure, Alexander De Croo joue les diplomates, évitant de s’attarder sur les fractures qui traversent son pays. Il préfère de loin évoquer la construction de l'île énergétique en mer du Nord qui permettra de connecter le royaume aux Etats voisins producteurs d’énergie renouvelable. Il veut faire de la Belgique «un des plus importants hubs de fourniture d’hydrogène propre», loue son effort financier pour le climat à l’échelon international.

Le Premier ministre confirme aussi que la Belgique consacrera 200 millions en cinq ans à la lutte contre la déforestation. Enfin, il attend beaucoup du progrès et de la recherche menée par les universités belges.

Mais ce n’est pas assez pour Coalition climat, un collectif qui réunit plus de 80 organisations de la société civile : «L’innovation technologique, mise en évidence par le Premier ministre, est une partie de la solution, mais c’est loin d’être la seule. Penser que nous résoudrons la crise climatique uniquement via l’innovation est un leurre dangereux».

C’est dans cette atmosphère qu’une nouvelle surprenante est relayée par la presse du nord du pays. Selon elle, le gouvernement flamand du ministre-président Jan Jambon compte bannir la vente de véhicules thermiques neufs dès 2027 (2030 pour les voitures d’occasion), afin d’accélérer l’électrification du parc automobile. La ministre régionale de la Mobilité, Lydia Peeters, assure à ses concitoyens que l’opération sera neutre sur le plan… financier. La voiture électrique ne coûterait pas davantage à l’acheteur qu’une voiture à moteur thermique. Des investissements importants seront rapidement réalisés dans les stations de recharge pour ne pas pénaliser le trafic automobile.


Bras de fer belgo-belge sur le climat
A deux semaines de la COP 26, la Belgique n’a toujours pas d’ordre de marche pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre.

Cette annonce est toutefois prise avec des pincettes. Difficile de ne pas penser à une tentative de diversion au moment où la Flandre manque à l’appel à Glasgow. 

Quant à la Febiac, la Fédération de l’industrie automobile, elle estime que «cette nouvelle proposition crée une ambiguïté et une incertitude supplémentaires pour les entreprises et les particuliers». L’UE, rappelle-t-elle, ne prévoit l’interdiction de la vente de moteurs à combustion qu’à partir de 2035.

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