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La Belgique dépasse le cap des 1.000 morts
International 3 min. 02.04.2020

La Belgique dépasse le cap des 1.000 morts

La pression augmente sur la ministre de la Santé Maggie De Block en charge de la gestion de la crise du coronavirus.

La Belgique dépasse le cap des 1.000 morts

La pression augmente sur la ministre de la Santé Maggie De Block en charge de la gestion de la crise du coronavirus.
Photo: AFP
International 3 min. 02.04.2020

La Belgique dépasse le cap des 1.000 morts

Le pic de l’épidémie serait proche d’être atteint. Mais le nombre journalier de décès n'a jamais été aussi élevé dans le royaume.

 De notre correspondant Max Helleff (Bruxelles) - Les témoignages de «rescapés du coronavirus» se sont multipliés ces dernières 48 heures dans la presse belge. Infectés, hospitalisés, mais guéris et comme rendus à la vie in extremis. Sur RTL-TVi, «Paul» a expliqué «que la vie après sera très différente à tout point de vue», maintenant qu’il est guéri. «On a très envie d'aller boire un verre, d’aller en terrasse ou manger un paquet de frites. Ce sont des bonheurs simples, mais à l'avenir on les appréciera d'autant plus», s’est-il réjoui.

Mardi, 436 personnes sont sorties guéries de clinique alors que 560 y entraient. Mercredi, ce nombre s'est toutefois tassé à 363 patients saufs, 5.376 personnes restant hospitalisées (+584), dont 1.144 aux soins intensifs. Ces statistiques en dents de scie ne découragent pas les experts. Si le nombre d’hospitalisations et d’entrées en soins intensifs augmente encore, disent-ils, c’est à un rythme plus lent. Le risque de saturation des hôpitaux diminue. Mais il reste que les 1.011 (+183) décès portés jeudi 11h à l'attention du public ont fortement frappé les imaginations.

Les autorités craignent de toute évidence une montée de la psychose. «Il est bien de s'informer, mais en se limitant à certains moments pour le faire», insiste Benoît Ramacker, le porte-parole du Centre de crise. Il conseille aux Belges de prendre aussi du temps pour eux, de s'adonner par exemple à la lecture.


A volunteer walks at a temporary Doctors Without Borders (MSF) 50 places shelter for homeless people suspected of being infected with the novel coronavirus, causing the COVID-19 illness, on March 30, 2020 in Brussels. (Photo by Didier LEBRUN / BELGA / AFP) / Belgium OUT
Des jours cruciaux s'annoncent en Belgique
L’épidémie de covid-19 devrait porter les unités de soins intensifs au seuil de saturation. Les hôpitaux sont sur le pied de guerre.

Les experts se sont montrés plutôt optimistes ces derniers jours.  Le docteur Yves Van Laethem, spécialiste des maladies infectieuses à l'hôpital Saint-Pierre de Bruxelles, explique comme ses confrères que l'amélioration – toujours à confirmer -  de la situation est à attribuer au confinement généralisé auquel sont astreints les Belges depuis le 18 mars. Le message des autorités sanitaires n’a pas  varié: il faut rester chez soi, même si l’on se sent en bonne santé.

Ce bilan ne gomme pas de douloureux constats. Selon un quotidien flamand, la Belgique décrocherait la troisième place mondiale des pays comptant le plus de morts du covid-19 par million d’habitants, derrière l’Italie et l’Espagne. Mais cette conclusion ne résisterait pas à l’analyse des chiffres, laquelle montre que le rythme de propagation du virus est très proche ici de ce que connaissent les pays voisins.  

L’épidémie renvoie par ailleurs les Belges à leurs inégalités. Si le nombre de cas dans le Brabant wallon aisé est relativement faible, ils engorgent en revanche les hôpitaux du Hainaut et du Limbourg.  Dans ces provinces moins bien loties sur le plan économique, des transferts de patients entre établissements hospitaliers ont eu lieu pour éviter la saturation. La pression sur les équipes de soins y est énorme.


A staff member shows a screen with a graphic updates on the progress of the coronavirus COVID-19 outbreak around the world, during a press conference held at the Emergency Response Coordination Centre in Brussels, on the EU response to COVID-19,  on March 2, 2020. - The European Union's disease control agency has increased its risk level for the novel coronavirus COVID-19 from moderate to high, EU Commission president Ursula von der Leyen said on March 2, 2020. (Photo by JOHN THYS / AFP)
850.000 raisons d'avoir peur
Les prévisions apocalyptiques du Dr Philippe Devos ne sont pas passées inaperçues à l’heure où autorités et médias appellent en chœur la population belge à ne pas céder à la panique.

En dépit de la «paix des braves» nouée récemment entre partis gouvernementaux et partis d’opposition, la pression augmente également sur la ministre de la Santé Maggie De Block et sa gestion de la crise du coronavirus. La critique a pris ces derniers jours des accents populistes, lorsque la N-VA de Bart De Wever – qui ne soutient pas le gouvernement Wilmès – a  affirmé que l’UE verse au Maroc 450 millions d’euros « d’argent corona européen » alors que la Flandre ne recevrait que 6 millions. Dans la réalité, il s’agit de fonds déjà attribués réorientés vers la lutte contre le virus.  La même comparaison a été faite par le Vlaams Belang (extrême droite flamande).

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