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La Belgique craint une nouvelle paralysie
International 3 min. 10.01.2022
Impact de la crise Covid

La Belgique craint une nouvelle paralysie

Pour l'heure, 76% de la population belge dispose d'un schéma vaccinal complet.
Impact de la crise Covid

La Belgique craint une nouvelle paralysie

Pour l'heure, 76% de la population belge dispose d'un schéma vaccinal complet.
Photo : dpa
International 3 min. 10.01.2022
Impact de la crise Covid

La Belgique craint une nouvelle paralysie

Le royaume se prépare au pire tout en s’activant à la mise au point d’un très attendu «baromètre corona».

De notre correspondant MAX HELLEFF (Bruxelles) - La Belgique semble devoir faire le deuil de l’embellie sanitaire qui lui a valu ces dernières semaines d’éviter un nouveau train de mesures drastiques. Selon les chiffres de l’Institut de Santé publique Sciensano, 23,78 % des tests réalisés au courant des sept derniers jours étaient positifs. Cet indicateur a plus que doublé en trois semaines. Omicron poursuit inexorablement son ascension.


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C'est ainsi que le risque de saturation du secteur hospitalier est de nouveau pris très au sérieux. L’armée pourrait prêter main-forte si nécessaire, a précisé ce weekend le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke. Les hôpitaux doivent également se préparer à réactiver les différentes phases d’alerte qui consistent essentiellement à doper (ou à réserver) leurs moyens matériels et humains en fonction de l’évolution de la pandémie.

Le risque de blocage ne s'arrête toutefois pas à l’hôpital, mais concerne toute une série de pans essentiels de la société. Le centre national de crise a réactivé les plans d’approvisionnement alimentaire, comme lors de la première vague. L’eau potable en fait partie. «Espérons le meilleur, mais préparons-nous au pire», a déclaré Frank Vandenbroucke sur RTL-TVi, insistant une fois encore sur le fait que «omicron n’est pas un rhume». Le virus doit être ralenti au maximum.

Ces différents plans (soins, transport, sécurité, énergie, eau, etc.) sont susceptibles d’être activés à la charnière des mois de janvier et de février. Un nombre record de 125.000 contaminations pourrait être alors enregistré, selon les experts. D'où la nécessité de disposer de «diverses formes de flexibilité d’urgence», pour reprendre les mots prononcés par le Premier ministre Alexander De Croo sur la chaîne privée VTM.

Dans ce contexte, l'arrivée d’un «baromètre corona» est particulièrement attendue dans la mesure où cet instrument permettrait de distiller les mesures anti-covid en fonction de l'évolution de la pandémie (taux de contamination, nombre de lits occupés en soins intensifs, etc.). Mais on en parle depuis plus d’un an... Ce baromètre a plusieurs fois été annoncé avant de disparaître des radars, ce qui lui donne une réputation de serpent de mer.


29.12.2021, Berlin: Eine Intensivfachpflegerin betreut auf der Intensivstation des Gemeinschaftskrankenhauses Havelhöhe einen Covid-19-Patienten. Foto: Christoph Soeder/dpa +++ dpa-Bildfunk +++
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Selon les quotidiens du groupe IPM, «l’accouchement du baromètre ne se fait pas sans douleur» et il ne devrait pas encore être prêt cette semaine. Pourtant, le ministre Vandenbroucke espère en disposer lors du prochain Comité de concertation, l’organe qui fixe les grands axes de la lutte contre la pandémie. Le baromètre est important car il doit permettre au pays d’échapper à des lockdowns généralisés.

Alexander De Croo précise que ce baromètre «ne sera pas un pilote automatique» et qu’il devrait être prêt «plutôt dans une ou deux semaines». Ce nouveau retard résulterait de réticences émises par certains responsables politiques francophones. Ils craignent que les paramètres actuels repris par le baromètre ne conduisent à un reconfinement, car trop rigides, alors que c’est précisément ce qui doit être évité. «Les principales questions portent sur le nombre d’indicateurs (hospitalisations, etc.) et de mesures, jugées aujourd'hui trop nombreuses », détaille la Libre Belgique.

A priori, ce baromètre s’appliquerait aux secteurs qui ont besoin de prévisibilité, comme la culture ou l’Horeca. L’enseignement et la sphère privée n’y figureraient pas. Un tel instrument serait promis à une vie assez longue puisque, selon Alexander De Croo cité par Le Soir, «l’épidémie de coronavirus pourrait encore durer deux ou trois ans».

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