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La Belgique attend un gouvernement depuis 100 jours
International 2 min. 03.09.2019

La Belgique attend un gouvernement depuis 100 jours

Les Belges ont l'habitude de ce genre de situation où les négociations politiques s'éternisent.

La Belgique attend un gouvernement depuis 100 jours

Les Belges ont l'habitude de ce genre de situation où les négociations politiques s'éternisent.
Photo: Anouk Antony
International 2 min. 03.09.2019

La Belgique attend un gouvernement depuis 100 jours

Jean-François COLIN
Jean-François COLIN
Depuis les élections législatives du 26 mai dernier, la Belgique ne s'est toujours pas trouvé de coalition gouvernementale fédérale, faute d'accord entre les partis politiques.

La Belgique vit sans gouvernement fédéral depuis 100 jours. Un chiffre conséquent, mais loin de son précédent record de... 541 jours établi en 2011 suite aux élections législatives de juin 2010.

En réalité, le gouvernement «Michel II» se retrouve même en mode «affaires courantes» depuis le 18 décembre dernier, date de l'annonce de la démission du précédent gouvernement. Soit 259 jours de vacance du pouvoir au plus haut sommet de l'État belge.


Belgium's Prime Minister Charles Michel arrives at a European Union leaders summit in Brussels, on June 30, 2019. - Deadlocked EU leaders meet for a rare weekend summit seeking to fill senior European positions and settle a battle that has split key allies France and Germany. (Photo by FRANCOIS LENOIR / POOL / AFP)
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La formation d'un gouvernement fédéral, organe faîtier et représentatif du pays, se heurte toujours à l'absence totale d'un consensus entre les partis. La paralysie est d'autant plus grande que le résultat des élections a sacrément rebattu les cartes et singulièrement compliqué la donne.

Rendez-vous le 9 septembre

La N-VA de Bart De Wever reste majoritaire avec 16,03% des voix, suivi des indépendantistes flamands du Vlaams Belang, un parti d'extrême droite emmené par Tom Van Grieken. 

Le Parti socialiste francophone, lui, n'arrive plus qu'en troisième position, alors que les membres de l'ancienne coalition – MR du sortant Charles Michel, CD&V ou Open VLD – ont tous subi un lourd revers électoral à ce dernier scrutin parlementaire.

Un cinquième rapport

Comme le veut l'usage, les informateurs fédéraux Didier Reynders (MR) et Johan Vande Lanotte (sp.a), nommés par le roi Philippe le 30 mai, poursuivent leur travail de tentative de réconciliation. Mais pour l'instant leurs efforts restent vains. Ils devront présenter un nouveau rapport au roi, lundi 9 septembre.

Ce sera déjà le cinquième rapport remis, depuis le début de la crise politique.

Les informateurs Johan Vande Lanotte (à g.) et Didier Reynders poursuivent leur tâche. Sans résultat tangible jusqu'à présent...
Les informateurs Johan Vande Lanotte (à g.) et Didier Reynders poursuivent leur tâche. Sans résultat tangible jusqu'à présent...
Photo: AFP

Il est clair qu'au vu des profondes divergences qui existent entre les partis, une sortie de crise est difficile à imaginer. Pour Caroline Sägesser, chargée de recherche au CRISP (Centre de recherche et d'information socio-politique), un retour aux urnes, solution évoquée dans la presse belge, n'est cependant pas, en l'état actuel, un scénario crédible.

«C’est la Chambre, à la majorité de ses membres, qui doit voter sa propre dissolution. Il faudrait donc de toute façon qu'un consensus se dégage pour ce faire», explique-t-elle auprès de nos confrères belges de la RTBF.

Deux exécutifs sur six

En attendant, le gouvernement «Charles Michel II» gère les dossiers majeurs mais avec de moins en moins de légitimité. En effet, il ne reflète pas le vote des électeurs, qui ont plébiscité les deux partis nationalistes flamands.   

Mais l'exécutif gouvernemental national n'est pas le seul à peiner pour sa constitution. Seules la Région de Bruxelles-Capitale (le 17 juillet) et la Communauté germanophone (le 29 mai) ont réussi à former un exécutif. Soit deux des six entités du système fédéral belge seulement.


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