Changer d'édition

La Belgique à la recherche de son arche de Noé
International 3 min. 13.02.2020

La Belgique à la recherche de son arche de Noé

Que faire face à la montée du niveau de la mer. La question est à résoudre... vite.

La Belgique à la recherche de son arche de Noé

Que faire face à la montée du niveau de la mer. La question est à résoudre... vite.
Photo : AFP
International 3 min. 13.02.2020

La Belgique à la recherche de son arche de Noé

Max HELLEFF
Max HELLEFF
La tempête Ciara a rappelé au royaume qu’il est menacé par la montée des eaux. Le salut passe par de nouvelles infrastructures pour stopper les flots à la côte.

De notre correspondant Max HELLEFF (Bruxelles) - La tempête Ciara a ramené la Belgique à des angoisses déjà anciennes. Si rien n’est fait pour contenir la montée des eaux, la côte belge finira par disparaître en partie sous les flots. Et la mer s’avancera dans les terres sur plusieurs dizaines de kilomètres.

Quelques chiffres récents d’abord pour planter le décor. Selon l’Institut royal de météorologie (IRM), le niveau de la mer s’est situé lundi à 80 centimètres au-dessus de la normale. Dans la commune côtière de Wenduine, des murs anti-tempête ont été déployés. A  Anvers, le niveau de l’Escaut a grimpé de plus d’un mètre. A Blankenberge, à proximité de la frontière française, une rafale de 120 km/h a été enregistrée…


Sturm Sabine-Chiara / CR101 / Kopstal - Mamer / Baum / CGDIS / CIS KOPSTAL / LF / Feuerwehr /  Photo: Laurent Blum
Ciara a soufflé sur le Luxembourg
Alors que les vents ont soufflé à plus de 110 km/h, les services de secours ont multiplié les sorties. Fort heureusement, aucune victime n'a été recensée à travers le pays.

Hasard du calendrier, l’Agence européenne pour l’environnement (AEE) a publié lundi des cartes montrant les impacts climatiques à venir sur l’Europe. Parmi d’autres scénarios, elles mettent en évidence le danger qui pèse sur la Belgique en raison de la montée des eaux marines.

Dans un avenir pas si lointain, soit 2100, la mer du Nord pourrait ainsi monter de 1,10 mètre. Toutefois, selon l’Agence européenne pour l’environnement,  «des valeurs plus élevées ne sont pas exclues. Plusieurs études, de même que des rapports nationaux, suggèrent que l’élévation des mers au niveau mondial pourrait se situer entre 1,5 et 2,5 mètres». En 2300, les zones d’inondation pourraient atteindre 5,4 mètres au-dessus du niveau de la mer.

Un tiers de nos 67 km de côte n’est pas suffisamment protégé

Si ce scénario catastrophe devait se confirmer, l’arrière-pays côtier flamand, la vallée de l’Escaut et le port d’Anvers seraient menacés par les flots. L’activité portuaire serait ruinée, des centaines de milliers de personnes perdraient leurs habitations, toute une partie du poumon économique et touristique de la Belgique serait asphyxié.

«Selon une étude de l’administration flamande du littoral, un tiers de nos 67 km de côte n’est pas suffisamment protégé contre les super-tempêtes, constate ‘Le Soir’. Les cartes européennes montrent également que si l’élévation devait atteindre 4 voire 5 mètres, les villes de Bruges et Gand se retrouveront en zone à risque.»

300 millions pour un mur

Cette problématique fait l’objet d’une vaste réflexion en Flandre. L’automne dernier, des projections réalisées par la Société environnementale flamande et par l’Agence maritime et côtière flamande avaient montré ce qu’il adviendrait de la côte belge, si rien n’est fait. Un quart des villes et des villages côtiers seraient promis à disparaître sous les eaux.  

Cette réflexion a débouché sur un masterplan qui prévoit un investissement de 300 millions d’euros destinés à ériger les murs censés contrer l’élévation des eaux jusqu’en 2050.

Dans six ans

Tronçons de plages rehaussés et érigés en brise-lames, murs anti-tempêtes, barrage amovible en acier à l’entrée des infrastructures portuaires… ces dispositifs devraient être réalisés d’ici 6 ans. Mais seront-ils suffisants? En 1953, lors d’une tempête restée mémorable, l’eau avait atteint une hauteur de 6,66 m au-dessus de son niveau de référence.

«Si le niveau de la mer monte de 50 cm, ces tempêtes «millénaires» se produiront peut-être tous les siècles, expliquait en octobre dernier à L’Echo un responsable de l'Agence maritime et côtière flamande. Cela exigera d’importants investissements supplémentaires pour adapter nos protections.» Selon des scientifiques flamands, la côte serait en tout cas suffisamment protégée pour les 30 prochaines années. A condition que la montée des eaux ne soit pas plus rapide que prévu.


Sur le même sujet

Ciara a soufflé sur le Luxembourg
Alors que les vents ont soufflé à plus de 110 km/h, les services de secours ont multiplié les sorties. Fort heureusement, aucune victime n'a été recensée à travers le pays.
Sturm Sabine-Chiara / CR101 / Kopstal - Mamer / Baum / CGDIS / CIS KOPSTAL / LF / Feuerwehr /  Photo: Laurent Blum
Ciara plus menaçante que destructrice
Alors que la force des vents soufflant sur le Luxembourg s'atténue, le bilan des dégâts se précise. Plus de peurs que de mal au final. Au total, les pompiers auront tout de même été appelés sur 180 sorties.
Sturm Sabine-Chiara / CR101 / Kopstal - Mamer / Baum / CGDIS / CIS KOPSTAL / LF / Feuerwehr / MotorsŠge / Photo: Laurent Blum
Ciara met le Grand-Duché en alerte orange
En raison de l'arrivée d'une tempête, MétéoLux a relevé son niveau d'alerte pour ce dimanche 9 février. Des vents particulièrement forts sont annoncés dès le début d'après-midi et devraient se prolonger jusqu'à lundi.
Lokales, online, Bascharage, , Tornado, Sturm, der Tag danach, Aufräumarbeiten, roue de Luxembourg  Foto: Anouk Antony/Luxemburger Wort