Changer d'édition

La Belgique à l’arrêt
International 3 min. 29.03.2021

La Belgique à l’arrêt

Paul Magnette, le président du PS francophone, s’est dit à «200% derrière les travailleurs».

La Belgique à l’arrêt

Paul Magnette, le président du PS francophone, s’est dit à «200% derrière les travailleurs».
Photo: AFP / archives
International 3 min. 29.03.2021

La Belgique à l’arrêt

Une grève générale est menée ce lundi par deux syndicats francophones las de ne pas obtenir du patronat une plus grande marge salariale.

De notre correspondant, Max Helleff (Bruxelles) - La Belgique sera largement paralysée ce lundi en raison de la grève générale qui frappe plusieurs de ses secteurs d’activité. Chemin de fer, bus, hôpitaux, logistique… : des milliers de travailleurs ont commencé à débrayer dimanche à 22 heures à l'appel de deux syndicats qui réclament une hausse salariale. La grève s’arrêtera ce lundi soir à 22 heures.


Entamés depuis 2007, les travaux de modernisation de la ligne Bruxelles-Luxembourg pourraient bénéficier d'un nouveau coup de pouce de la Commission.
Un chemin de croix ferroviaire vers la côte belge
Les places dans les trains seront comptées pour des raisons sanitaires à partir du 3 avril, rendant particulièrement compliqué le tourisme d’un jour.

Dès dimanche, la Stib et le Tec, respectivement sociétés de transport en commun bruxelloise et wallonne, ont conseillé à leurs usagers de trouver des alternatives. Les trains roulent en nombre réduit, la société ferroviaire SNCB devant légalement assurer un service minimum. Un train sur deux, voire sur trois, devrait circuler. Toutefois, la plupart des trains P (heures de pointe du matin et du soir) resteront à quai. L'offre ferroviaire vers la côte sera elle aussi réduite.   

La grève devrait bloquer également le bassin industriel (Charleroi, Liège…), les grandes enseignes d'alimentation et d’ameublement, les grandes entreprises de logistique, etc. Le commerce dit non essentiel, contraint de  fonctionner sur rendez-vous pendant un mois en raison du rebond pandémique, échappe pour sa part au mouvement social.

Cette grève générale est menée par deux syndicats francophones, la FGTB socialiste et la CSC sociale-chrétienne. Ce front commun réclame une augmentation salariale qui dépasse la marge de 0,4% prévue par le Conseil central de l’économie. Pour lui, ce chiffre n’est qu’indicatif. Mais le patronat rappelle que la norme est fixée par le législateur. Maintenir des salaires concurrentiels avec les pays voisins est une affaire de survie, fait-il valoir.


A scientist works at the laboratory of the Institute of Biological Sciences of the Federal University of Minas Gerais (UFMG) in Belo Horizonte, Brazil, on March 18, 2021. - Scientists at the UFMG have developed a COVID-19 genotyping test that costs a 10% of the traditional genetic sequencing test. The test can monitor strains P.1 (Manaus) and P.2 (Rio de Janeiro) in addition to the B.1.1.7 (British) and the B.1.351 (South African). (Photo by DOUGLAS MAGNO / AFP)
Un «variant belge» du virus découvert
Cette information est livrée dans le climat tendu généré par les dernières décisions sanitaires.

«Chaque fois qu’il y a une crise et qu’il faut montrer qu’on peut prendre des responsabilités, les syndicats tournent la tête et regardent vers le gouvernement» (qui devra trancher), peste Pieter Timmermans, à la Fédération des entreprises de Belgique (FEB). «Les employeurs se retranchent derrière le respect de la légalité», tacle Thierry Bodson, président de la FGTB, «mais leur respect de la légalité est à géométrie variable».

Lancées en janvier dernier, les négociations ont fini par s’enliser. Les deux grands syndicats francophones se retrouvent dans cette grève générale qui marque à sa manière leur réconciliation. Le syndicat libéral ne les a pas suivis.

Cette grève tombe évidemment dans un moment particulier. Mettre le pays à l’arrêt alors que les confinements successifs ont restreint les libertés des Belges revient pour les syndicats à prendre le risque de l’impopularité. Mais la même démarche peut se révéler au contraire payante si elle permet d’exprimer le mécontentement ambiant alors que, globalement, les gouvernements du pays ont eu jusqu’ici carte blanche pour mener la politique sanitaire.


Les communistes belges à la fête
Un sondage renforce l’idée d’un fossé profond entre une Flandre nationaliste et une Wallonie toujours plus à gauche.

La grève bouscule la majorité gouvernementale depuis plusieurs jours. Paul Magnette, le président du PS francophone, s’emporte : «Je suis à 200% derrière les travailleurs parce que cette grève n’est pas une grève contre le gouvernement mais une mobilisation pour mettre la pression sur les employeurs.» Il voit dans le refus patronal un chantage qui prendrait  en otage les bas salaires. C’est l’occasion aussi pour le socialiste de prendre ses distances avec les communistes du PTB qui – par leur soutien à la grève – «copient le PS». Quant à Georges-Louis Bouchez, le président des libéraux francophones, partenaires du gouvernement De Croo comme le parti socialiste, il taxe le mouvement social qui intervient «dans la pire crise économique de l’après-guerre» d’ «irresponsabilité dangereuse».

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet