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«L'UE se définit comme un projet de tolérance»
International 1 3 min. 24.06.2021
Loi anti-LGBTI

«L'UE se définit comme un projet de tolérance»

Le chef du gouvernement luxembourgeois entend bien mettre le sujet de cette loi anti-LGBTIQ+ au cœur des débats du Conseil européen, qui s'est ouvert ce jeudi.
Loi anti-LGBTI

«L'UE se définit comme un projet de tolérance»

Le chef du gouvernement luxembourgeois entend bien mettre le sujet de cette loi anti-LGBTIQ+ au cœur des débats du Conseil européen, qui s'est ouvert ce jeudi.
Photo: AFP
International 1 3 min. 24.06.2021
Loi anti-LGBTI

«L'UE se définit comme un projet de tolérance»

Marie DEDEBAN
Marie DEDEBAN
Le Premier ministre luxembourgeois s'est de nouveau montré ferme ce jeudi vis-à-vis de son homologue hongrois et de sa loi assimilant l'homosexualité à une forme de déviance. Comme 16 autres chefs d'Etat et de gouvernement, il entend rappeler à Viktor Orbán «les droits de l'UE».

Marié avec Gauthier Destenay depuis six ans, Xavier Bettel (DP) aurait pu faire valoir sa situation personnelle. Mais c'est en chef d'Etat que le Premier ministre luxembourgeois a renouvelé sa position jeudi contre la loi hongroise assimilant l'homosexualité comme une déviance. «On est arrivés très loin», déplore-t-il, ajoutant que l'Europe ne se résume pas «à de l'argent et des subventions». 


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Parmi les premiers à dénoncer ce texte avec la Belgique et les Pays-Bas, Xavier Bettel se dit attristé de «devoir rappeler» à son homologue hongrois Viktor Orbán «les droits de l'UE», auxquels même les parlements nationaux doivent se plier. «L'Union européenne se définit avant tout comme un projet de paix, un projet de tolérance», a-t-il souligné à son arrivée au Conseil européen, à Bruxelles.

Le texte de loi voté le 15 juin par les députés hongrois, stipule clairement que «la pornographie et les contenus qui représentent la sexualité ou promeuvent la déviation de l'identité de genre, le changement de sexe et l'homosexualité ne doivent pas être accessibles aux moins de 18 ans», rapporte l'AFP. Autrement dit, aborder les questions relatives à l'homosexualité, la transidentité ou la notion même de genre est interdit aux mineurs en Hongrie, que ce soit via des émissions de télévision, des films ou des cours d'éducation sexuelle.

«Je ne suis pas devenu gay en regardant Modern Family ou une pub à la télé, ce n'est pas un choix, c'était en moi», avait lâché quelques minutes plus tôt Xavier Bettel en sortant de sa voiture. Estimant que Viktor Orbán «n'a rien compris au sujet», l'élu DP a qualifié «d'inacceptable» cette assimilation de l'orientation sexuelle «à la pédophilie et la pornographie». 

«Etre gay n'est pas un choix, être tolérant oui, et cette tolérance est une des valeurs fondamentales de l'UE», a rappelé le Premier ministre, non sans indiquer au passage qu'il aurait pu «se marier, avoir des enfants et aller dans des saunas gay à Bruxelles». Référence directe à la soirée libertine gay à laquelle avait participé un proche de Viktor Orbán en plein confinement.

 Orbán, «défenseur» des droits homosexuels  

De son côté, le Premier ministre hongrois s'est défendu de toute forme d'homophobie à son arrivée au Conseil de l'Europe, alors même que le chancelier autrichien Sebastian Kurz s'est rangé au côté des 16 autres chefs d'Etat signataires d'une lettre à son encontre. 

Face à la presse, Viktor Orbán a simplement indiqué que cette loi «ne concerne pas les homosexuels», mais «la façon dont les parents veulent faire l'éducation sexuelle de leurs enfants». «Je défends les droits des homosexuels», assure-t-il, ajoutant s'être «battu pour leur liberté et leurs droits» sous le régime communiste.


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Quant à l'opposition clairement marquée de ses 17 homologues européens, Viktor  Orbán peine à dissimuler son agacement. Indiquant que le sujet «n'est pas à l'ordre du jour» du Conseil européen, il estime que les chefs d'Etat «n'ont pas lu la loi avant de la critiquer», ajourant qu'ils n'ont d'ailleurs pas à le faire «puisqu'il s'agit d'une loi hongroise».

Pourtant, l'UE semble bien décidée à retoquer cette loi. Alors que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen a déjà souligné ce jeudi matin qu'il «n'y aurait pas de compromis», la menace de sanctions plane donc sur la Hongrie, qui se retrouve seule face à la majorité des Etats membres.

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