Changer d'édition

L'UE et le Royaume-Uni trouvent un accord sur le Brexit
International 3 min. 17.10.2019

L'UE et le Royaume-Uni trouvent un accord sur le Brexit

Michel Barnier et Jean-Claude Juncker.

L'UE et le Royaume-Uni trouvent un accord sur le Brexit

Michel Barnier et Jean-Claude Juncker.
Photo: AFP
International 3 min. 17.10.2019

L'UE et le Royaume-Uni trouvent un accord sur le Brexit

Sophie WIESSLER
Sophie WIESSLER
Les négociations auront perduré jusqu'à la dernière minute: peu avant le sommet européen à Bruxelles, un «deal» a finalement été approuvé.

(Avec AFP) - C'était l'annonce attendue depuis des mois: ce jeudi matin, quelques heures avant le sommet européen à Bruxelles, qui doit sceller le sort du départ du Royaume-Uni de l'Union européenne, prévu dans deux semaines, l'UE et Londres sont parvenus à s'entendre autour d'un accord concernant le Brexit.

C'est le deuxième traité de divorce proposé par Londres: le premier, agréé par Theresa May à l'automne 2018 avait été rejeté trois fois par la Chambre des communes.

Une nouvelle partagée sur les réseaux sociaux par le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, mais aussi par le Premier ministre britannique, Boris Johnson, qui évoque même un «bon deal».

«Nous avons un excellent nouvel accord qui reprend le contrôle», a tweeté le dirigeant conservateur, en référence aux promesses du camp «Leave» lors du référendum de juin 2016 de reprendre le contrôle de ses lois et de sa politique commerciale.

Le chef des négociateurs de l'UE sur le Brexit, Michel Barnier, s'est félicité d'un accord «juste et raisonnable» sur la sortie du Royaume-Uni, au cours d'une conférence de presse. «Nous avons obtenu (...) un résultat juste et raisonnable qui correspond à nos principes», a déclaré le Français, peu après l'annonce d'un accord avec Londres.

Mais rien n'est encore fait. Ce nouvel accord de divorce doit être approuvé par la Chambre des communes et le Parlement européen. Boris Johnson a ainsi appelé les députés britanniques à approuver cet accord lors d'une séance parlementaire exceptionnelle samedi.

Déjà des refus

Le parti unioniste nord-irlandais DUP, allié clé des conservateurs, et le chef des travaillistes, principale formation d'opposition, ont rejeté l'accord de Brexit obtenu à Bruxelles, rendant son approbation au Parlement très incertaine. Le communiqué publié au petit matin par le DUP, qui faisait état de l'opposition de cette formation au compromis en préparation, «reste notre position», a indiqué à l'AFP une source au sein du DUP.

Ce parti eurosceptique et ultraconservateur ne dispose que de dix députés. Son soutien est pourtant crucial, d'une part parce que le Premier ministre Boris Johnson n'a pas de majorité et d'autre part parce que leur feu vert était jugé clé pour convaincre la cinquantaine de «Brexiters» les plus durs du parti conservateur, réunis dans le groupe ERG.

Deux revers importants

L'accord annoncé à Bruxelles «ne rassemblera pas le pays et doit être rejeté. La meilleure façon de résoudre le Brexit est de donner à la population le dernier mot lors d'un vote populaire», a déclaré de son côté Jeremy Corbyn, leader du Labour (245 députés), dans un communiqué.

Ces annonces constituent deux revers importants pour le gouvernement qui n'a plus de majorité au Parlement, après l'exclusion de 21 députés rebelles du Parti conservateur.

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

Johnson ne convainc toujours pas les Européens
Le compromis du Premier ministre britannique sur le Brexit s'est heurté jeudi à un scepticisme grandissant de l'Irlande et de ses alliés européens, renforçant les craintes d'un divorce sans accord dans quatre semaines.
A video grab from footage broadcast by the UK Parliament's Parliamentary Recording Unit (PRU) shows Britain's Prime Minister Boris Johnson speaking about the government's proposed Brexit deal in the House of Commons in central London on October 3, 2019. - British Prime Minister Boris Johnson met his senior ministers on Thursday before setting out on a delicate mission to convince sceptical EU leaders to back his new Brexit plan. (Photo by HO / PRU / AFP) / RESTRICTED TO EDITORIAL USE - MANDATORY CREDIT " AFP PHOTO / PRU " - NO USE FOR ENTERTAINMENT, SATIRICAL, MARKETING OR ADVERTISING CAMPAIGNS - EDITORS NOTE THE IMAGE HAS BEEN DIGITALLY ALTERED AT SOURCE TO OBSCURE VISIBLE DOCUMENTS
Boris Johnson prépare sa campagne électorale
Déterminé à des élections anticipées en Grande-Bretagne, le Premier ministre britannique se rend vendredi en Ecosse dans un climat de pré-campagne, au moment où la Chambre des Lords devrait entériner le texte de loi pour un report du Brexit, prévu le 31 octobre.
Britain's Prime Minister Boris Johnson gives a speech during a visit with the police in West Yorkshire, northern England, on September 5, 2019. - UK Prime Minister Boris Johnson called Thursday for an early election after a flurry of parliamentary votes tore up his hardline Brexit strategy and left him without a majority. Johnson was on a campaign footing on September 5 as he launched a national effort to recruit 20,000 police officers in Yorkshire in northern England. (Photo by Danny Lawson / POOL / AFP)
Bras de fer en vue entre Johnson et le Parlement
Le Premier ministre britannique va devoir faire face mardi à la fronde de députés de son propre parti conservateur hostiles à un Brexit sans accord, en dépit de sa menace de convoquer des élections législatives anticipées à la mi-octobre s'il essuie une défaite au Parlement.
Britain's Prime Minister Boris Johnson delivers a statement outside 10 Downing Street in central London on September 2, 2019. - British Prime Minister Boris Johnson on Monday said the chances of a Brexit deal with Brussels were "rising" but ruled out any delay to the October 31 deadline for Britain to leave the European Union if no agreement is struck. Johnson also said he did not want a general election and urged rebel Conservative MPs not to undermine his negotiations with Brussels by voting with the opposition on a draft law that might force him to postpone Brexit. (Photo by Ben STANSALL / AFP)
Premier conseil des ministres pour Boris Johnson
Le nouveau Premier ministre britannique Boris Johnson réunit jeudi les poids lourds de son gouvernement, fraîchement nommés, première étape de sa bataille pour résoudre la crise du Brexit qui dure depuis trois ans et qu'il promet de régler en trois mois.
(L-R) Britain's Education Secretary Gavin Williamson, Britain's International Trade Secretary Liz Truss, Britain's Health and Social Care Secretary Matt Hancock, Cabinet Secretary Mark Sedwill, Britain's Prime Minister Boris Johnson, Britain's Chancellor of the Exchequer Sajid Javid, Britain's Work and Pensions Secretary Amber Rudd, Britain's Housing, Communities and Local Government Secretary Robert Jenrick, Britain's Scotland Secretary Alister Jack and Britain's Culture Secretary Nicky Morgan listen as Britain's Prime Minister Boris Johnson (C) holds his first Cabinet meeting at 10 Downing Street in London on July 25, 2019. - Britain's newly installed Prime Minister Boris Johnson held his first cabinet meeting today faced with the burning challenge of resolving the three-year Brexit crisis in three months. (Photo by Aaron Chown / POOL / AFP)
Les difficultés qui attendent Boris Johnson
Brexit, crise iranienne, faible majorité parlementaire, incertitudes économiques: voici quelques-unes des difficultés auxquelles celui qui a été nommé Premier ministre britannique ce mercredi après-midi devra faire face.
Au palais de Buckingham, Boris Johnson a accepté l'offre de sa majesté et lui a embrassé la main lors de son investiture comme Premier ministre.