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L'UE envisage des mesures plus «fortes»
International 4 min. 27.03.2020 Cet article est archivé

L'UE envisage des mesures plus «fortes»

Le président du Conseil Charles Michel a dévoilé les grandes lignes de la politique que l'UE compte mettre en place pour soutenir les Etats membres.

L'UE envisage des mesures plus «fortes»

Le président du Conseil Charles Michel a dévoilé les grandes lignes de la politique que l'UE compte mettre en place pour soutenir les Etats membres.
Photo: AFP
International 4 min. 27.03.2020 Cet article est archivé

L'UE envisage des mesures plus «fortes»

Les 27 Etats membres ont accepté jeudi soir, sous la pression de l'Italie, d'examiner sous quinze jours des mesures plus fortes pour faire face à la récession annoncée. Quant à Xavier Bettel, il a plaidé pour «le maintien du trafic transfrontalier».

(ER avec AFP) - «Aucun pays ne doit être laissé seul face aux conséquences de la crise covid-19. Nous pouvons et devons faire plus et nous devons faire preuve collectivement d'ambition et de solidarité afin de trouver une réponse coordonnée», a lancé Xavier Bettel (DP).  

Le Premier ministre a rappelé que les finances du pays étaient saines et qu'il n'aurait pas de mal à emprunter seul de son côté. « Mais je ne voudrais pas que nous obtenions de l'argent, nous, et pas les pays en plus grande difficulté comme l'Italie ou l'Espagne. L'Europe est une question de solidarité, et j'ai donc signé une déclaration pour dire que notre pays était favorable à un emprunt commun pour aider l'ensemble des membres de l'UE.»    

La solidarité pour lutter contre l'essoufflement de l'économie était au cœur de la vidéoconférence des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne qui remplaçait le traditionnel Conseil européen du mois de mars.   

Les dirigeants ont demandé à l'Eurogroupe, l'instance des ministres des Finances des pays ayant adopté la monnaie unique, de «présenter des propositions dans un délai de deux semaines» pour permettre de «renforcer la réponse par de nouvelles actions (...) à la lumière des développements, afin d'apporter une réponse globale».  


Handout photo released by Argentina's Presidency of Argentine President Alberto Fernandez (R) talking during the G20's video conference meeting next to Argentine chief cabinet Santiago Cafiero (L) and Argentina's Economy minister Martin Guzman (2nd L) at the Olivos Presidential residence in Buenos Aires outskirts, on March 26, 2020 during the "preventative and compulsory" lockdown of the population due to the pandemic outbreak of the new Coronavirus, COVID-19. - G20's leaders meet urgently to address the global crisis caused by the new coronavirus, which has already left nearly 22,000 dead and forces 3,000 million people around the world to confine themselves to their homes. (Photo by - / Argentinian Presidency / AFP) / RESTRICTED TO EDITORIAL USE - MANDATORY CREDIT "AFP PHOTO / ARGENTINE PRESIDENCY / ESTEBAN COLLAZO" - NO MARKETING NO ADVERTISING CAMPAIGNS - DISTRIBUTED AS A SERVICE TO CLIENTS
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Lors d'un sommet laborieux, Rome a menacé de refuser d'avaliser la déclaration commune si cette demande n'était pas prise en compte. «Il s'agit ici de réagir avec des instruments financiers innovants et réellement adéquats à une guerre que nous devons mener ensemble pour la gagner le plus rapidement possible», avait averti le président du conseil italien Giuseppe Conte.

Opposition nord-sud

Au début du sommet, le président du Parlement européen, l'Italien David Sassoli a lui aussi appelé à «des mesures extraordinaires pour répondre» à la crise. Mais l'idée de mutualiser les dettes de pays de la zone euro, qui faciliterait l'emprunt des Etats du sud, ne plait guère à l'Allemagne et aux Pays-Bas.

La chancelière allemande Angela Merkel a d'ailleurs clamé haut et fort à l'issue du sommet son opposition à ce que l'on surnomme les «corona bonds». «Ce n'est pas la conception de tous les Etats membres» d'émettre ces emprunts européens communs, a-t-elle dit. Un rejet soutenu par son homologue néerlandais Mark Rutte.

Comme lors de la crise de la dette de la zone euro entre 2010 et 2012, s'affrontent les tenants d'une plus grande solidarité financière, les pays du sud, moins vertueux en matière budgétaire, et ceux du nord, méfiants face à des voisins qu'ils jugent laxistes.

Alors que la pandémie a déjà fait plus de 10.000 morts dans l'UE, principalement en Italie et en Espagne, le confinement de la population a des conséquences désastreuses sur l'économie. Il se traduit par des entreprises à l'arrêt, des Bourses dans le rouge et des prévisions de croissance dramatiques.

Les Etats européens ont, dès le début de la crise, privilégié des réponses nationales, notamment en dévoilant d'importants plans de dépenses, sans chercher à se coordonner au niveau européen.

Bettel contre les mesures restrictives aux frontières

Lors de ce sommet par vidéoconférence de plus de six heures, les dirigeants ont validé la suspension des règles européennes de discipline budgétaire, ce qui leur permettra de dépenser autant que nécessaire pour lutter contre le virus et ses conséquences.

Une piste explorée est la création d'un instrument dans le Mécanisme européen de stabilité (MES), le fonds de secours de la zone euro qui permette d'octroyer une ligne de crédit de précaution à un pays, un groupe de pays, voire à l'ensemble des pays de la zone euro qui en feraient la demande.


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Par ailleurs, Xavier Bettel a tenu à rappeler que les mesures restrictives introduites dans certaines parties de l'UE risquaient d'avoir un impact grave  sur le fonctionnement du marché unique et de l'espace Schengen. «Le trafic transfrontalier et des marchandises est une bouée de sauvetage pour le Luxembourg et de nombreux autres Etats. Toute mesure introduite aux frontières intérieures de l'UE doit veiller à au moins permettre le transit sans entrave des travailleurs frontaliers, du rapatriement des citoyens, des fournitures médicales essentielles et des biens essentiels», a plaidé le Premier ministre luxembourgeois. 

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