Changer d'édition

L'UE douche Londres sur les services financiers
International 3 min. 11.02.2020 Cet article est archivé

L'UE douche Londres sur les services financiers

La Présidence de la Commission Ursula von der Leyen et le négociateur en chef de l'UE Michel Barnier sont sur la même longueur d'ondes.

L'UE douche Londres sur les services financiers

La Présidence de la Commission Ursula von der Leyen et le négociateur en chef de l'UE Michel Barnier sont sur la même longueur d'ondes.
Photo: AFP
International 3 min. 11.02.2020 Cet article est archivé

L'UE douche Londres sur les services financiers

Le négociateur en chef de l'UE sur le Brexit, Michel Barnier, a mis en garde les autorités britanniques ce mardi contre toute «illusion» sur la place des services financiers dans la future relation entre le Royaume-Uni et le continent, que les deux parties vont négocier durant l'année.

(AFP) - «Je voudrais (...) dire clairement à certains responsables britanniques qu'il ne doit pas y avoir d'illusion sur cette question: il n'y aura pas d'équivalence générale, globale ou permanente sur les services financiers», a affirmé Michel Barnier ce mardi à Strasbourg devant les eurodéputés.

«Nous garderons la maîtrise de ces outils et nous garderons l'autonomie de décision», a insisté le Français, vingt-quatre heures après sa visite au Luxembourg. 

Michel Barnier adresse ainsi une réponse directe au ministre britannique des Finances, Sajid Javid, qui a affirmé son intention de bâtir une «relation durable» avec l'UE en matière de services financiers, secteur crucial pour Londres.


Le ton s'est durci entre le négociateur européen, Michel Barnier, et le Premier ministre britannique, ce lundi
Londres et Bruxelles s'opposent sur l'après-Brexit
Trois jours ont passé depuis la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, et la bataille de l'après a commencé ce lundi. Boris Johnson rejette l'alignement réclamé par Bruxelles sur les règles de l'UE comme «prix» à payer pour un accord de libre-échange.

Dans l'espoir de calmer les inquiétudes de la puissante City de Londres, le Britannique a assuré, dans le quotidien du quartier londonien des affaires City AM, vouloir «établir des normes et des manières de travailler avec l'UE pour les décennies à venir», tout en se gardant la possibilité de fixer ses propres règles.

«Il n'y aura pas de négociation»    

Le Royaume-Uni, qui a quitté l'UE le 31 janvier, est entré dans une période de transition jusqu'au 31 décembre, pendant laquelle il continuera d'appliquer les normes européennes. A l'issue de cette période, qui servira à Londres et Bruxelles pour négocier la future relation, les entreprises de la City perdront le «passeport» qui leur permet d'opérer librement sur le continent. Elles devront alors obtenir une «équivalence» de la part de l'UE. La place des services financiers britanniques sur le continent est l'une des grandes inconnues du Brexit.

«Il n'y aura pas de négociation à proprement parler sur les services financiers», a rappelé Michel Barnier. «Nous ne négocions pas sur ces sujets avec le Royaume-Uni: nous vérifions la cohérence et quand nous le jugeons possible, nous donnons des équivalences sur tel ou tel secteur de l'industrie financière», a-t-il insisté.

Le Français a souligné que ce système fonctionnait déjà avec le Canada, les Etats-Unis et le Japon. «Je ne vois pas pourquoi ça ne marcherait pas avec le Royaume-Uni», a-t-il dit.

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a pour sa part rappelé ce mardi dans l'hémicycle européen son intention de conclure un accord post-Brexit «ambitieux» et unique. «Nous ambitionnons l'absence de droits de douane, zéro quota et une relation commerciale pour tous les biens, quelque chose que nous n'avons jamais proposé à qui que ce soit d'autre», a déclaré la dirigeante allemande.

Le Parlement européen doit voter ce mercredi sa propre position sur ce sujet, avant que les discussions ne commencent formellement début mars.


«Nous allons pouvoir établir nos propres règles»
Le Brexit et ses conséquences, le secteur financier ou encore les futures négociations avec l'UE, John Marshall, l'ambassadeur britannique au Luxembourg, s'est confié au Luxemburger Wort.

De son côté, Londres a confirmé lundi prévoir «d'introduire des contrôles sur les importations de biens européens à la frontière à l'issue de la période de transition le 31 décembre 2020». 

Il est important «de traiter tous nos partenaires de manière identique alors que nous commençons à négocier nos propres accords commerciaux avec des pays partout dans le monde», a argumenté le gouvernement britannique dans un communiqué. Le Royaume-Uni compte désormais nouer en son propre nom des accords commerciaux avec les Etats-Unis, le Japon et l'Australie.


Sur le même sujet

Feu vert au négociateur Michel Barnier
Les représentants des 27 Etats membres de l'UE ont approuvé lundi le mandat de leur négociateur français, fixant leurs conditions sur la future relation commerciale avec le Royaume-Uni.
Après le feu vert des ambassadeurs, le mandat de Michel Barnier (à g.) devra encore être formellement adopté ce mardi lors d'une réunion ministérielle
Londres refuse les règles imposées par l'UE
Le Royaume-Uni entend négocier avec Bruxelles un accord de libre-échange «d'égal à égal» et n'acceptera pas que l'Union européenne contrevienne à sa liberté de fixer ses propres règles, prévient le négociateur britannique sur le Brexit, David Frost.
Boris Johnson espère conclure un accord de libre-échange du même type que ceux récemment négociés par l'UE avec le Canada ou le Japon
Barnier et une «coopération intelligente» pour la Place
Le monsieur Brexit de l'Union européenne a effectué une visite de travail au Luxembourg ce lundi. Il a pu entendre les doléances luxembourgeoises sur l'après-Brexit pour préparer les négociations d'un accord de libre-échange avec Londres.
Pol, Conférence de presse avec Michel Barnier et Xavier Bettel, Premier Ministre au Château de Senningen, Foto: Chris Karaba/Luxemburger Wort
Londres et Bruxelles s'opposent sur l'après-Brexit
Trois jours ont passé depuis la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, et la bataille de l'après a commencé ce lundi. Boris Johnson rejette l'alignement réclamé par Bruxelles sur les règles de l'UE comme «prix» à payer pour un accord de libre-échange.
Le ton s'est durci entre le négociateur européen, Michel Barnier, et le Premier ministre britannique, ce lundi
A la recherche de l'impossible accord commercial
L'Union européenne entrera samedi dans la seconde phase des négociations avec Londres, celle portant sur la relation future, en particulier au niveau économique. Etat des lieux avant ces discussions qui s'annoncent intenses.
ARCHIV - 10.04.2019, Großbritannien, London: Die Sterne einer EU-Fahne scheinen durch eine britische Fahne hindurch. Am 31.01.2020 soll Großbritannien die EU verlassen.  (zu dpa «"We will miss them"») Foto: Yui Mok/PA Wire/dpa +++ dpa-Bildfunk +++