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L'OMS veut changer le nom pour éviter toute stigmatisation
International 2 min. 22.06.2022
Variole du singe

L'OMS veut changer le nom pour éviter toute stigmatisation

Le directeur de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus veut éviter toute stigmatisation.
Variole du singe

L'OMS veut changer le nom pour éviter toute stigmatisation

Le directeur de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus veut éviter toute stigmatisation.
Photo: AFP
International 2 min. 22.06.2022
Variole du singe

L'OMS veut changer le nom pour éviter toute stigmatisation

L'Organisation mondiale de la santé souhaite rapidement trouver une nouvelle désignation plus juste scientifiquement et moins discriminatoire à cette maladie.

(AFP) Trompeur et discriminatoire. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) est formelle: la «variole du singe», qui s'étend désormais à une quarantaine de pays après avoir longtemps été contenue en Afrique, doit changer de nom. Et ce «dès que possible», selon son directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus. 


Variole du singe: l'OMS supprime la distinction entre les pays
L'Organisation mondiale de la santé a supprimé dans ses statistiques sur la variole du singe la distinction entre pays endémiques et non endémiques, pour mieux «unifier» la réponse au virus.

Pourquoi ce changement, au moment où la variole du singe a été repérée dans plus de 40 pays et pourrait bientôt être considérée comme une urgence internationale par l'OMS? L'explication se situerait sur des raccourcis douteux que pourraient faire certains esprits malades entre «singe» et «Afrique». Ainsi, début juin, une trentaine de scientifiques, pour beaucoup originaires d'Afrique, ont ainsi rédigé une tribune en ce sens afin de mettre en place «une nomenclature qui ne soit ni discriminatoire ni stigmatisante».

Si les deux principales souches du virus viennent d'Afrique de l'Ouest et du bassin du Congo, la maladie s'est longtemps limitée à une dizaine de pays africains. Or, 84% des nouveaux cas ont été détectés cette année en Europe et 12% sur le continent américain. Et ce d'un humain à l'autre, contrairement à ce qui est observé en Afrique où les cas enregistrés viennent le plus souvent d'une contamination par un animal.

Sida, Ebola et les variants «sud-africains» du Covid...

 La dénomination «variole du singe» serait fausse. Ainsi, celle-ci remonte à la découverte de la maladie dans les années 50 par des chercheurs danois. Ces derniers l'avaient découverte chez des singes de leur laboratoire. Or, à l'extérieur, cette maladie se transmet par les rongeurs. «Ça n'est pas franchement une maladie liée aux singes», note auprès de l'AFP le virologue nigérian Oyewale Tomori.

De plus, cette volonté de changer le nom de la maladie s'inscrit dans un contexte plus large où l'Afrique a fréquemment été ciblée comme le foyer d'origine de maladies s'étant répandues dans le monde. «On a surtout vu ça avec le sida dans les années 1980, Ebola lors de l'épidémie de 2013, puis avec le Covid et les supposés ''variants sud-africains''», remarque l'épidémiologiste Oliver Restif.


This handout photo provided by the Centers for Disease Control and Prevention was taken in 1997 during an investigation into an outbreak of monkeypox, which took place in the Democratic Republic of the Congo (DRC), and depicts the dorsal surfaces of a monkeypox case in a patient who was displaying the appearance of the characteristic rash during its recuperative stage. (Photo by Brian W.J. Mahy / Centers for Disease Control and Prevention / AFP) / RESTRICTED TO EDITORIAL USE - MANDATORY CREDIT "AFP PHOTO /  Brian W.J. Mahy / Centers for Disease Control and Prevention " - NO MARKETING - NO ADVERTISING CAMPAIGNS - DISTRIBUTED AS A SERVICE TO CLIENTS
«Nous ne sommes pas dans la même situation qu'avec le covid»
Le Dr Gérard Schockmel, médecin spécialiste en maladies infectieuses aux Hôpitaux Robert Schuman et expert auprès de l'Agence européenne du médicament, évoque la propagation de la variole du singe.

À ce titre, l'image aussi a son importance. M. Restif regrette que les médias aient souvent choisi des illustrations malheureuses pour leurs articles sur la variole du singe. Il s'agit souvent «de vieilles photographies de patients africains», alors que les cas actuels «sont bien moins graves».

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