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L'Iran frappe des bases abritant des soldats américains
International 2 min. 08.01.2020

L'Iran frappe des bases abritant des soldats américains

Les soldats américains ont été la cible de missiles iraniens sur deux bases en Irak.

L'Iran frappe des bases abritant des soldats américains

Les soldats américains ont été la cible de missiles iraniens sur deux bases en Irak.
Photo: AFP
International 2 min. 08.01.2020

L'Iran frappe des bases abritant des soldats américains

Cinq jours après l'élimination du général Qassem Soleimani par les Etats-Unis, Téhéran a riposté mercredi en tirant des missiles contre deux bases abritant des troupes américaines en Irak.

Selon le Pentagone, une douzaine de missiles ont été lancés depuis l'Iran contre les bases d'Aïn al-Assad et d'Erbil qui abritent des soldats américains. Ces raids, revendiqués par Téhéran, marquent un tournant faisant redouter une escalade régionale ou un conflit ouvert, même si dirigeants américains et iraniens ont rapidement semblé vouloir calmer le jeu. 

Dans un tweet au ton particulièrement léger et plutôt apaisant, le président américain Donald Trump a indiqué qu'il ferait une déclaration mercredi matin et laissé entendre que le bilan n'était pas très lourd. «L'évaluation des dégâts et des victimes est en cours. Jusqu'ici, tout va bien!», a-t-il lancé.

Un missile iranien lancé pour s'abattre sur une base irakienne.
Un missile iranien lancé pour s'abattre sur une base irakienne.
Photo: AFP

De son côté, Mohammad Javad Zarif, chef de la diplomatie iranienne, a affirmé que son pays avait mené et «terminé» dans la nuit des représailles «proportionnées». «Nous ne cherchons pas l'escalade ou la guerre», a-t-il insisté.

L'agence fédérale de l'aviation américaine (FAA) a interdit aux avions civils américains le survol de l'Irak, de l'Iran et du Golfe alors que les cours du pétrole s'envolaient de plus de 4,5% mercredi matin dans les échanges en Asie.

Une nouvelle phase

Ces tirs interviennent alors que se terminent à peine les funérailles du général Qassem Soleimani, assassiné vendredi à Bagdad avec l'Irakien Abou Mehdi al-Mouhandis, leader des paramilitaires pro-Iran désormais intégrés aux forces de sécurité irakiennes.

«Des missiles balistiques ouvertement lancés depuis l'Iran sur des cibles américaines, c'est une nouvelle phase», a estimé Phillip Smyth, spécialiste des groupes chiites armés, rappelant que Téhéran avait tendance jusqu'ici à répondre via des factions, sans revendications.

Si Donald Trump a clairement écarté mardi toute intention de quitter l'Irak, certains des alliés occidentaux des Etats-Unis ont annoncé leur retrait militaire partiel, alimentant les craintes de voir les tensions actuelles saper la lutte antijihadiste.

«Nous ne quittons pas l'Irak»

Le ministre de la Défense Mark Esper a martelé, lors d'une conférence de presse, que la politique américaine n'avait «pas changé». «Nous ne quittons pas l'Irak.» L'administration Trump avait créé la confusion lundi en transmettant par erreur aux autorités irakiennes une lettre annonçant des préparatifs en vue du retrait de leurs soldats. Ce courrier faisait référence à un vote du Parlement irakien qui a exhorté dimanche son gouvernement à expulser les troupes étrangères d'Irak après la colère provoquée par l'élimination de Soleimani.          

Dans ce contexte tendu, Mohammad Javad Zarif, qui devait assister jeudi à une réunion du Conseil de sécurité à l'ONU, à New York, a affirmé avoir été informé par le chef des Nations unies que les Etats-Unis lui avaient refusé son visa. 


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