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L'«impeachement» officiellement lancé contre Trump
International 3 min. 05.12.2019

L'«impeachement» officiellement lancé contre Trump

Nancy Pelosi a demandé le lancement de la procédure d'«impeachement».

L'«impeachement» officiellement lancé contre Trump

Nancy Pelosi a demandé le lancement de la procédure d'«impeachement».
Photo: AFP
International 3 min. 05.12.2019

L'«impeachement» officiellement lancé contre Trump

La chef des démocrates au Congrès américain Nancy Pelosi a demandé ce jeudi la rédaction des articles de mise en accusation du Président américain qu'elle a accusé d'«abus de pouvoir».

(AFP) - «Le président ne nous laisse pas d'autres choix que d'agir parce qu'il a de nouveau essayé de corrompre nos élections pour son propre bénéfice», a déclaré Nancy Pelosi lors d'une brève allocution. «Je demande aujourd'hui au président (de la commission judiciaire de la Chambre des représentants Jerry Nadler) d'entamer la rédaction des articles de mise en accusation (impeachement)», a-t-elle poursuivi.  


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Trump mérite-t-il d'être destitué?
Les faits reprochés au président américain sont-ils suffisamment graves pour justifier sa destitution? Après deux mois d'enquête, le Congrès entame ce mercredi le débat juridique en s'appuyant sur les «preuves accablantes» que les démocrates disent avoir rassemblées contre le président américain.

Selon elle, «les faits ne sont pas contestés: le président a abusé de son pouvoir pour son bénéfice personnel aux dépens de notre sécurité nationale, en conditionnant une aide militaire et une rencontre cruciale dans le bureau ovale à l'annonce d'une enquête contre son rival politique».    

Lors d'un échange téléphonique cet été, Donald Trump a demandé à son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky de «se pencher» sur Joe Biden, bien placé pour l'affronter lors de la présidentielle de 2020.   

«Une honte»

Selon des hauts responsables auditionnés au Congrès, une invitation à la Maison Blanche pour M. Zelensky avait ensuite été conditionnée à l'annonce des investigations sur Joe Biden. De plus, une aide de près de 400 millions de dollars destinée à l'Ukraine avait été gelée quelques jours avant l'appel.


Tout comprendre sur la destitution d'un président
Même s'il reste peu probable que Donald Trump perde son siège de président américain à la suite du déclenchement de cette procédure, le déclenchement d'une enquête à l'encontre du plus haut responsable politique US reste une mesure exceptionnelle qui a déjà conduit à des démissions.

«Le président a commis un abus de pouvoir, affaibli notre sécurité nationale et mis en danger l'intégrité de nos élections», a encore estimé Mme Pelosi, pour qui «les actions du président ont gravement violé la Constitution».  

La réaction de la Maison blanche n'a pas tardé. Elle estime que «Nancy Pelosi et les démocrates devraient avoir honte», a réagi sur Twitter Stephanie Grisham, porte-parole de l'exécutif américain. «Nous attendons avec impatience un procès équitable au Sénat», a-t-elle ajouté. 

«Nous gagnerons» le combat de la destitution, a promis de son côté le président américain, visiblement pressé d'en découdre. «Si vous devez me mettre en accusation, faites-le maintenant, vite, afin que nous ayons un procès équitable au Sénat, et pour que notre pays puisse se remettre au travail», a-t-il aussi tweeté, s'adressant avec défi aux démocrates du Congrès, majoritaires à la Chambre des représentants.    

Le président a assuré que le dossier d'accusation contre lui était «vide». Mais «rien n'a d'importance» pour les démocrates, «ils sont devenus fous», a-t-il poursuivi. Donald Trump a laissé entendre qu'il utiliserait son procès au Sénat comme tribune politique, en énumérant plusieurs responsables qu'il souhaite voir témoigner: Nancy Pelosi, l'élu Adam Schiff qui a supervisé l'enquête, mais aussi Joe Biden et son fils Hunter, qui a longtemps fait des affaires en Ukraine.

Au Sénat, «nous révélerons, pour la première fois, à quel point le système est corrompu», a-t-il affirmé. «J'ai été élu pour "curer le marigot" et c'est ce que je fais!»    


NEW YORK, NEW YORK - NOVEMBER 13: Traders on the floor of the New York Stock Exchange (NYSE) watch the opening of the public hearing in the impeachment inquiry of President Donald Trump on November 13, 2019 in New York City, United States. Across the nation, Americans are tuning into the proceedings, a rare impeachment proceeding over Trump's actions toward Ukraine. The president insists he did nothing wrong.   Spencer Platt/Getty Images/AFP
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Une fois que la commission judiciaire de la Chambre aura rédigé les articles de mise en accusation, ils seront soumis au vote en séance plénière et adoptés à la majorité simple. 

Compte tenu de la majorité démocrate dans cette enceinte, Donald Trump devrait devenir le troisième président de l'histoire américaine mis en accusation au Congrès. Comme Andrew Johnson en 1868 et Bill Clinton en 1998, il devrait ensuite être acquitté au Sénat, contrôlé par les républicains.    


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