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L'humanité à l'heure du choix
International 2 min. 08.08.2019

L'humanité à l'heure du choix

Le passage à un régime moins carné permettrait de réduire les émissions de CO2.

L'humanité à l'heure du choix

Le passage à un régime moins carné permettrait de réduire les émissions de CO2.
Photo: Shutterstock
International 2 min. 08.08.2019

L'humanité à l'heure du choix

Nourrir correctement les milliards de Terriens ou lutter contre le réchauffement climatique? Pour ne pas être un jour confronté à ce dilemme, il est indispensable de repenser l'usage des terres et nos habitudes alimentaires, estiment les experts de l'ONU, dans un rapport publié jeudi.

(AFP)  - Pour les membres du Groupe d'experts intergouvernemental sur le climat (Giec), la mise en place d'actions «à court terme» contre la dégradation des sols, le gaspillage alimentaire ou les émissions de gaz à effet de serre du secteur agricole fait figure de nécessité.


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Les délégations des 195 pays membres ont examiné pendant cinq jours ce rapport dont l'intitulé complet est: «Le changement climatique, la désertification, la dégradation des sols, la gestion durable des terres, la sécurité alimentaire et les flux de gaz à effet de serre dans les écosystèmes terrestres».

Bientôt 11 milliards d'humains 

Le document vise à étudier comment le réchauffement climatique affecte les terres consacrées aux cultures, à l'élevage ou encore les forêts, et par ricochet la sécurité alimentaire, mais aussi comment les pratiques agricoles ou la déforestation modifient le climat.

«Dès 2°C de réchauffement global, nous pourrions nous retrouver avec des crises alimentaires d'origine climatique plus sévères et plus nombreuses», a prévenu Jean-François Soussana; l'un des auteurs du texte. Pour cet expert, la marge est étroite pour contenir le réchauffement climatique et ses effets dévastateurs sur les terres, et nourrir convenablement une population qui pourrait dépasser onze milliards d'individus à la fin du siècle. «Les terres doivent permettre de cultiver notre nourriture, fournir la biodiversité et l'eau douce, donner du travail à des milliards de personnes et capturer des milliards de tonnes de carbone», résume M. Soussana. 

25 à 30% de gaspillage

Pour le Giec, outre les indispensables réductions de gaz à effet de serre, des solutions existent du côté du système alimentaire et des habitudes de consommation. Changer ces dernières ne nécessite pas de consommer plus d'espaces. Actuellement, de «25 à 30% de la production totale de nourriture est gaspillée», souligne le rapport, alors qu'environ 821 millions de personnes souffrent de la faim.


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Si dans les régions pauvres, l'apport en protéines animales est parfois insuffisant, dans les pays riches, il dépasse les recommandations nutritionnelles de l'Organisation mondiale pour la santé. Deux milliards d'adultes sont en surpoids ou obèses et «25 à 30% de la production totale de nourriture est gaspillée». Il faut «éliminer le gaspillage alimentaire et réduire la consommation de viande», insiste l'ONG Climate Action Network.




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