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L'heure de l'impeachment a sonné pour Trump
International 4 min. 19.12.2019 Cet article est archivé

L'heure de l'impeachment a sonné pour Trump

Nancy Pelosi estime que Donald Trump est «une menace constante» pour «la sécurité nationale».

L'heure de l'impeachment a sonné pour Trump

Nancy Pelosi estime que Donald Trump est «une menace constante» pour «la sécurité nationale».
Photo: AFP
International 4 min. 19.12.2019 Cet article est archivé

L'heure de l'impeachment a sonné pour Trump

Le président américain mis en accusation, il revient désormais au Sénat d'organiser son procès en destitution selon un rituel qui a servi à juger deux présidents américains seulement, et dont les contours restent à préciser.

(AFP) -  La Chambre des représentants, dominée par les démocrates, s'est prononcée en faveur de l'«impeachement» du milliardaire républicain de 73 ans pour «abus de pouvoir», par 230 voix contre 197. Il appartient désormais au Sénat de juger Donald Trump, sans doute en janvier. Les républicains, qui contrôlent la chambre haute, ont la ferme intention d'acquitter leur président.

«Le président a confiance dans le Sénat pour rétablir l'ordre», a réagi dans la foulée la Maison Blanche. «Il est prêt pour les prochaines étapes et a confiance dans le fait qu'il sera totalement disculpé». Le vote de mercredi soir à la Chambre, intervenu à moins d'un an du scrutin présidentiel, est en tout point historique.


Protestors prepare to release a "Comrade Trump" balloon at a demonstration in support of the impeachment of U.S. President Donald Trump, on the eve of the expected House of Representative impeachment vote, December 17, 2019 in downtown Los Angeles, California. (Photo by Robyn Beck / AFP)
Un vote historique contre Trump au Congrès américain
Le président américain gardera une place à part dans l'Histoire. Comme un dirigeant atypique, provocateur et outrancier qui bouscule toutes les conventions. Mais aussi à partir de ce mercredi il devient troisième président des Etats-Unis mis en accusation en vue d'une éventuelle destitution.

Seuls deux autres présidents - Andrew Johnson en 1868 et Bill Clinton en 1998 - ont vécu une mise en accusation. Le républicain Richard Nixon, empêtré dans le scandale du Watergate, avait préféré démissionner en 1974 avant de subir telle avanie. Dans un spectaculaire télescopage télévisuel, la décision est tombée au moment où Donald Trump était à la tribune d'un meeting de campagne à Battle Creek, dans le Michigan, à environ 1.000 km de Washington.

Accusant la gauche radicale d'être rongée par «l'envie et la haine», il a accusé les démocrates d'essayer «d'annuler le vote de dizaines de millions d'Américains» en tentant de le pousser hors de la Maison Blanche. Et a estimé que ses adversaires politiques venaient de commettre un suicide politique.

«C'est tragique, mais les actes irresponsables du président rendent sa mise en accusation nécessaire», a rétorqué Nancy Pelosi, la chef des démocrates au Congrès. «Il ne nous a pas laissé d'autre choix», a-t-elle ajouté.   

Le 45e président des Etats-Unis, qui entend briguer un deuxième mandat en novembre 2020, a été également mis en accusation pour entrave à la bonne marche du Congrès, en raison de son refus de participer à l'enquête en destitution le visant. Il lui est reproché d'avoir demandé à l'Ukraine d'enquêter sur un de ses rivaux potentiels à la présidentielle de 2020, Joe Biden.

«Protéger la démocratie» 

Le vote a suivi, à une poignée de voix près, de strictes lignes partisanes. Pour les républicains, la procédure de destitution est une «blague absolue», une «supercherie», qui ne s'appuie sur aucun fait et est motivée par l'aversion des démocrates pour un président qui brise les codes.    

Faux, ont répondu à l'unisson les parlementaires démocrates. Les poursuites contre le président n'ont rien à voir avec des considérations personnelles ou des divergences politiques, ont-ils assuré. Il s'agit, selon eux, de «protéger la Constitution, la démocratie ou encore l'Etat de droit» menacés par un président qui se croit au-dessus des lois comme un monarque.      


Le locataire de la Maison Blanche est seulement le troisième président des Etats-Unis à faire face à une procédure de destitution.
Deux chefs d'accusation retenus contre Donald Trump
Les élus démocrates ont annoncé, mardi, avoir retenu les motifs d'abus de pouvoir et d'entrave dans leur tentative de destituer le président américain. Le Sénat, majoritairement républicain, devra statuer.

Un seul point d'accord a émergé entre les deux camps: cette triste journée entrera dans les livres d'Histoire. Reste à savoir comment les deux chambres du Congrès coopéreront pour la suite de la procédure.    

«La question maintenant est: le Sénat va-t-il faire son devoir? Les sénateurs vont-ils respecter leur serment?», a prévenu Adam Schiff, qui a supervisé l'enquête contre le milliardaire républicain. Nancy Pelosi a elle laissé entendre qu'elle pourrait ne pas transmettre les articles d'accusation à la chambre haute, ce qui déclencherait une nouvelle bataille politique entre les deux partis.

«C'était notre intention. Mais nous verrons ce qui se passe», a-t-elle déclaré en conférence de presse. Le tempétueux président septuagénaire veut transformer cette épreuve en victoire politique. Objectif affiché? Utiliser cette procédure pour galvaniser sa base et, grâce à la réussite de l'économie américaine, arracher sa réélection dans onze mois. Il affirme, et les républicains avec lui, que la procédure de destitution est de moins en moins populaire auprès des Américains.    

Un pays divisé

Mais les sondages montrent que les lignes ont peu bougé. Selon une étude NBC News/Wall Street Journal rendue publique quelques heures seulement avant le vote de la chambre basse, 48% des Américains sont favorables à la destitution de Donald Trump et... 48% des Américains y sont opposés.


Pamela Karlan, de l'université Stanford, a accusé Donald Trump d'avoir commis «un abus de pouvoir particulièrement grave»
«Trump a commis des actes passibles de destitution»
Trois professeurs de droit ont jugé mercredi que l'enquête en destitution contre le président américain était justifiée et même nécessaire pour protéger la démocratie américaine, s'attirant les foudres des élus républicains.

A Battle Creek, dans le Michigan, ses supporteurs affichaient une foi inébranlable dans leur président. «Un homme innocent est en train d'être jugé sur un tas d'absurdités», regrettait une de ses fans, Wendy Timmerman. «Je n'ai aucun doute: c'est une escroquerie!», renchérissait un autre, Joe Bontrager. Mais pour les démocrates, l'ancien homme d'affaires a trahi le serment de sa fonction. 

«Il était prêt à sacrifier notre sécurité nationale (...) pour améliorer ses chances de réélection», a accusé Adam Schiff. En cause, un chantage auquel Donald Tump et quelques-uns de ses proches auraient soumis le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Le 25 juillet, Donald Trump demande à ce président novice en politique, en proie à un conflit avec la Russie, d'annoncer une enquête anti-corruption contre le démocrate Joe Biden et son fils Hunter, ex-membre du conseil d'administration d'une entreprise gazière ukrainienne. Un faisceau d'informations concordantes et de témoignages semble de plus attester qu'un lien avait été établi entre une annonce éventuelle de ces investigations et le déboursement d'une aide militaire américaine pour l'Ukraine. 


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