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L'extrême droite s'installe confortablement en Belgique
International 3 min. 12.10.2020

L'extrême droite s'installe confortablement en Belgique

Sophie Wilmès et Alexander De Croo conservent une belle cote de popularité dans ce sondage marqué notamment par la progression des extrêmes aussi bien au nord qu'au sud.

L'extrême droite s'installe confortablement en Belgique

Sophie Wilmès et Alexander De Croo conservent une belle cote de popularité dans ce sondage marqué notamment par la progression des extrêmes aussi bien au nord qu'au sud.
AFP
International 3 min. 12.10.2020

L'extrême droite s'installe confortablement en Belgique

Au lendemain de la formation du gouvernement Vivaldi, un sondage confirme la force du Vlaams Belang. Et la faiblesse des partis démocratiques.

De notre correspondant, Max Helleff (Bruxelles) - Le premier parti de Belgique est à l'extrême droite. C’est la leçon d'un sondage relayé lundi par plusieurs médias. Il fait du Vlaams Belang, rené des cendres de la collaboration avec l'occupant allemand et tout entier tourné vers l'indépendance de la Flandre, le gagnant toutes catégories des intentions de vote. Le Belang (ex-Vlaams Blok) récolterait 27% des suffrages si des élections étaient organisées aujourd'hui, soit 10% de plus qu'en 2019.

Cette tendance confirme que la formation du gouvernement De Croo (« La Vivaldi ») survenue le 1er octobre dernier n'a pas rassuré la Flandre profonde. Avec la N-VA de Bart De Wever qui retrouve un peu de sa superbe, les nationalistes couvrent presque la moitié du champ électoral au nord du pays (49,3%). Encore un pour cent, et ils seront majoritaires.


Belgian politician Sp.a chairman Conner Rousseau (R) speaks with Belgium's King Philippe (C) following a meeting at The Royal Palace in Brussels on February 18, 2020, regarding the formation of a new government after May' 2019 regional, federal and European elections. (Photo by ERIC LALMAND / Belga / AFP) / Belgium OUT
Crise belge en mode majeur pour la «Vivaldi»
Le roi a refusé la démission des préformateurs et leur demande de rétablir la confiance entre les partis. Il leur laisse deux jours. En attendant, les chances que la Belgique ait un nouveau gouvernement pour le 1er octobre se sont fortement amenuisées.

«En mai 2019, on parlait de marée noire», analyse Le Soir. On risque de devoir se préparer à un tsunami. Cette stabilité du Vlaams Belang dans l'opinion populaire signifie aussi qu'à ce stade, la résolution de la deuxième plus longue crise politique de l'histoire du pays n'a eu aucun impact sur ceux qui sont déterminés à opter pour un «vote rejet».

Le covid n'incite pas à ramener les mécontents vers les partis démocratiques, bien au contraire. A peine installée, la Vivaldi a fait de la lutte contre le coronavirus son combat numéro 1. Le nouveau Premier ministre Alexander De Croo et son ministre de la Santé, le très professoral Franck Vandenbroucke, font le tour des médias pour rappeler l'importance des règles sanitaires. Beaucoup moins pour évoquer les chantiers de la relance ou les contours d'une politique sociale toujours imprécise.

Or, la population fait amplement savoir qu'elle en a plus qu'assez des dispositions sanitaires alors qu'un nouveau confinement n'est plus tabou. La fermeture des bars à Bruxelles, à laquelle pourrait s'ajouter la prise de mesures drastiques (dont un possible couvre-feu) en Wallonie, nourrit la grogne.

Le PS et le CD&V en chute

A la confirmation de la montée en puissance de l'extrême droite correspond l'affaiblissement des partis démocratiques. Au sein des formations politiques qui composent la Vivaldi, seuls les socialistes flamands de Conner Rousseau tirent leur épingle du jeu. Tous les autres paient la note, probablement en raison des tergiversations qui ont entouré la formation de la nouvelle majorité.

Les socialistes francophones de Paul Magnette s'écrasent ainsi à 21%, soit 5% de moins qu’aux élections de mai 2019. Leurs ennemis intimes du PTB communiste profitent à nouveau de l'aubaine (19%). En Flandre, les chrétiens-démocrates du CD&V poursuivent leur descente aux enfers (10,6%).


The Belgian (L) and Flemish flag are seen at the town square in Antwerp October 15, 2012, a day after Belgium's municipal elections. The Nieuw-Vlaamse Alliantie (New Flemish Alliance or N-VA) won the most votes in a vast swathe of districts in the Dutch-speaking region of Flanders, including the port city of Antwerp. REUTERS/Laurent Dubrule (BELGIUM - Tags: POLITICS ELECTIONS)
Le spectre de l’extrême droite hante la Belgique
Un sondage confirme la première place du Vlaams Belang en Flandre, les extrémistes profitant de toute évidence de la tournure prise par les négociations au niveau fédéral.

Mais le grand perdant est indubitablement le Mouvement réformateur (MR, libéral francophone) autrefois piloté par Charles Michel. Les libéraux s’écrasent à Bruxelles où ils passent de 17,4 % d'intentions de vote à 14 % (-3,4) et descendent aussi en Wallonie. Leur nouveau président, Georges-Louis Bouchez, est le seul ténor politique en chute libre dans les trois régions du pays

Enfin, ce sondage indique que si les Belges tournent le dos aux partis traditionnels, ils ne rejettent pas pour autant les stars de la scène politique. A l’exception du libéral francophone Bouchez coupable de bévues et de décisions autocratiques, les autres têtes d’affiche sont plébiscitées. Le Premier ministre De Croo est ainsi la personnalité la plus populaire de Flandre. Il cartonne à Bruxelles et en Wallonie grâce à un démarrage sans faute. Seule l'ex-Première ministre Sophie Wilmès, désormais ministre des Affaires étrangères, fait mieux. 

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