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L'extrême droite au pouvoir?
International 1 4 min. 24.09.2022
Elections en Italie

L'extrême droite au pouvoir?

Giorgia Meloni promet des paroles et des actes.
Elections en Italie

L'extrême droite au pouvoir?

Giorgia Meloni promet des paroles et des actes.
Photo: AFP
International 1 4 min. 24.09.2022
Elections en Italie

L'extrême droite au pouvoir?

Ce samedi, l'extrême droite est habitée d'un fol espoir à la veille des législatives: faire de Giorgia Meloni la première dirigeante d'un parti post-fasciste à conduire le gouvernement d'un pays fondateur de l'Europe communautaire.

Depuis vendredi 22h et dimanche soir, à la fermeture des bureaux de vote, le silence politique règne en Italie. Enfin, un silence tout relatif tant une éventuelle victoire de Fratelli d'Italia (FdI), le parti d'extrême droite, fait grand bruit. Si sa cheffe de file, Giorgia Meloni, donnée à près de 25% dans les intentions de vote, a lancé un tonitruant «je suis une patriote!», c'est son allié Matteo Salvini, chef de la Ligue (anti-immigrés), qui a occupé l'espace médiatique en exigeant «des  excuses ou la démission» d'Ursula von der Leyen. Il reproche à la présidente de la Commission européenne d'avoir brandi jeudi aux Etats-Unis la menace de sanctions en cas d'atteintes aux principes démocratiques de l'Union européenne par l'Italie.


TOPSHOT - This handout photo taken and released on July 21, 2022, by the press office of the presidential Quirinale Palace shows Italian President Sergio Mattarella (R) signing the decrete to dissolve the Parliament in front of Italy resigning Prime Minister Mario Draghi (L). - Draghi resigned on July 21, after the country's fractious parties torpedoed his national unity government, kicking off a snap election campaign which could bring the far-right to power. (Photo by Handout / Quirinale Press Office / AFP) / RESTRICTED TO EDITORIAL USE - MANDATORY CREDIT "AFP PHOTO / QUIRINALE PALACE PRESS OFFICE" - NO MARKETING - NO ADVERTISING CAMPAIGNS - DISTRIBUTED AS A SERVICE TO CLIENTS
Adieu Draghi, l'Italie convoquée aux urnes dès cet automne
À peine la page Draghi a-t-elle été tournée que l'Italie se retrouve en campagne électorale avec la décision jeudi du président Sergio Mattarella de dissoudre le parlement, provoquant des élections anticipées qui devraient se tenir fin septembre ou début octobre.

Les sondages étant interdits dans les deux semaines précédant le scrutin, les dernières enquêtes créditaient FdI de 24 à 25% des intentions de vote, devant le Parti Démocrate (PD, centre gauche) entre 21 et 22%. Suivent le Mouvement 5 Etoiles (ex-antisystème) de 13 à 15%, la Ligue à 12%, Forza Italia à 8%. «Je suis préoccupée par le fait que les sondages donnent gagnante la droite, surtout Giorgia Meloni, parce que de ce qu'elle a déclaré sur les droits des femmes, sur les droits des jeunes, sur les droits en général, je prévois un retour en arrière d'au moins cinquante ans», déclare Maria Tasca, 27 ans, une étudiante sicilienne. Voir peut-être plus encore au vu de l'admiration que porte Giorgia Meloni pour un certain Benito Mussolini comme en témoigne cette déclaration quand elle avait 19 ans. «Mussolini a été le plus grand homme d'état du siècle.»

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Pasquale Pestrichella, un jeune magasinier de Bari, compte lui s'abstenir dimanche:  «Je ne vais pas voter demain car à mon avis aujourd'hui il n'y a pas les personnes justes pour gouverner. À l'avenir, s'il y a quelqu’un de valable, j’irai voter pour lui.» Des abstentionnistes comme lui, il pourrait y en avoir près de 30%. 

Nous voulons une Italie forte, sérieuse et respectée sur la scène internationale

Giorgia Meloni (Fratelli d'Italia)

Bruxelles suit avec attention ce scrutin, en particulier sur la question sensible des sanctions contre Moscou et sur les éventuelles tensions qui pourraient naître entre la Commission et un gouvernement ultra-conservateur et souverainiste. Solidaire de l'Otan depuis le début de l'invasion russe en Ukraine sous la houlette de Mario Draghi, Rome entretient traditionnellement des relations cordiales avec Moscou. 

Silvio Berlusconi, le troisième partenaire de la coalition conservatrice avec Forza Italia, a soulevé la polémique en déclarant jeudi soir que Vladimir Poutine avait été «poussé» par sa population à envahir l'Ukraine.

Lorsqu'il était chef de gouvernement, Berlusconi traitait en ami le président russe, qu'il a reçu à titre personnel dans sa villa de Sardaigne et avec lequel il s'est rendu en Crimée après l'annexion de cette péninsule ukrainienne par la Russie en 2014. Devant le tollé suscité par ses derniers propos, il a réaffirmé vendredi sa «loyauté absolue» envers l'Otan et l'UE.

Matteo Salvini, lui, fait pression pour un allègement des sanctions contre Moscou, qu'il juge inefficaces et contre-productives, tout en jugeant «injustifiable» l'invasion de l'Ukraine. Atlantiste, Giorgia Meloni a en revanche pris des positions claires en faveur du soutien à l'Ukraine, des sanctions contre la Russie et de l'envoi d'armes à Kiev.

Pour Meloni, «la fête est finie»

Les rapports avec l'UE seront aussi scrutés de près, Mme Meloni alternant des promesses de coopération avec des menaces voilées. «Nous voulons une Italie forte, sérieuse et respectée sur la scène internationale», prévient-elle.

La coalition droite/extrême droite promet de tenir ses engagements européens. Giorgia Meloni a officiellement enterré son projet de faire sortir l'Italie de l'euro, mais les inquiétudes persistent, d'autant qu'elle vient de réitérer son soutien au régime hongrois dirigé par l'ultranationaliste Viktor Orban.

Elle réclame la renégociation du plan de relance post-Covid italien, financé à hauteur de près de 200 milliards d'euros par l'Europe, pour tenir compte de la flambée des coûts de l'énergie dans la foulée de la guerre en Ukraine. Or, le déboursement des fonds est lié à une série de réformes dont la mise en œuvre a été scrupuleusement respectée par le gouvernement sortant de Mario Draghi et qui semblent désormais compromises.

Pour Meloni, «la fête est finie», l'Italie «va commencer à défendre ses intérêts nationaux comme le font les autres».

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