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L'Europe bloque sur sa riposte à l'épidémie
International 2 min. 08.04.2020 Cet article est archivé

L'Europe bloque sur sa riposte à l'épidémie

Janez Lenarcic, commissaire européen chargé de la gestion des crises, n'avait aucune bonne nouvelle à annoncer ce mercredi matin.

L'Europe bloque sur sa riposte à l'épidémie

Janez Lenarcic, commissaire européen chargé de la gestion des crises, n'avait aucune bonne nouvelle à annoncer ce mercredi matin.
Photo : AFP
International 2 min. 08.04.2020 Cet article est archivé

L'Europe bloque sur sa riposte à l'épidémie

Les ministres européens des Finances n'ont pu se mettre d'accord, après une nuit complète de discussions, sur la réponse économique commune à adopter face au coronavirus.

(AFP) - La division est simple. D'un côté, les pays du Nord de l'Union européenne restent opposés à ceux du Sud, qui réclament un effort financier sans précédent. Et la visioconférence qui a débuté mardi vers 16h30 et s'est poursuivie toute la nuit n'y a rien changé. «Tout ce que je peux dire, c'est qu'il n'y a pas d'accord pour le moment. Mais je ne tiens pas pour acquis qu'il y aura un accord», a résumé une source européenne au petit matin. 

Cette rencontre constitue un test décisif pour l'unité des 27 qui ne peuvent se permettre d'étaler une nouvelle fois leurs divisions. Déjà, le 26 mars dernier, le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement consacré à la crise s'était soldé par un échec. Face à la pandémie, la réponse européenne doit s'orienter sur trois axes principaux, qui semblaient initialement remporter l'adhésion des ministres: jusqu'à 240 milliards d'euros de prêts du fonds de secours de la zone euro, un fonds de garantie pour les entreprises et un soutien au chômage partiel.                                    


Lagos State Officials unloading the food bags that will be distributed to people of the Agbado and Oke-Odo LCDA in Lagos on April 1, 2020. - More than 20 million Nigerians on March 30, 2020, went into lockdown in sub-Saharan Africa's biggest city Lagos and the capital Abuja, as the continent struggles to curb the spread of the COVID-19 coronavirus. (Photo by Ibeabuchi Benson Ugochukwu / AFP)
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Mais les pays les plus affectés par le virus, en particulier l'Italie, continuent de réclamer, en plus, la création d'un instrument de dette commun (sous la forme d'euro-obligations parfois appelées "coronabonds") destiné à relancer l'économie sur le long terme sitôt la crise passée. Parmi ces pays figurent aussi l'Espagne et la France, ainsi que la Grèce, Malte, le Luxembourg ou l'Irlande.

Une ligne rouge pour Berlin et La Haye  

«Les eurobonds représentent une réponse sérieuse et adaptée», avait insisté lundi soir le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte, dont le pays est le plus touché en Europe (plus de 17.127 morts). L'Italie, confrontée à l'opposition des pays du Nord de l'Europe (Allemagne et Pays-Bas en tête), avait déjà, avec Madrid, entraîné l'échec du sommet consacré à la riposte de l'Union fin mars. 

La mutualisation des dettes constitue une ligne rouge pour Berlin et La Haye, qui refusent de s'engager dans un emprunt commun avec des Etats très endettés du Sud, qu'ils jugent laxistes dans leur gestion. Le Danemark, l'Autriche, la Suède et les pays baltes sont dans leur camp. La France espérait offrir un compromis, en proposant un «fonds de relance» capable d'émettre de la dette commune aux Etats membres, mais limité aux services publics essentiels, comme la santé, ou aux filières menacées. 


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