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L’Etat belge rattrapé par l’affaire Mawda
International 3 min. 16.11.2021
Justice

L’Etat belge rattrapé par l’affaire Mawda

La traque aux passeurs de migrants avait viré au drame voilà trois ans.
Justice

L’Etat belge rattrapé par l’affaire Mawda

La traque aux passeurs de migrants avait viré au drame voilà trois ans.
Photo : AFP
International 3 min. 16.11.2021
Justice

L’Etat belge rattrapé par l’affaire Mawda

Max HELLEFF
Max HELLEFF
Une ONG entend demander des comptes à la Belgique au nom de l’intérêt collectif des enfants migrants.

De notre correspondant Max HELLEFF (Bruxelles) - La symbolique est importante. L’ONG Défense des enfants international a décidé de poursuivre l’Etat belge en justice pour son rôle présumé dans la mort de la petite Kurde Mawda, un enfant migrant âgée de 2 ans, tuée lors d’une course-poursuite entre la police et des passeurs en 2018. Un policier avait tiré tandis que les véhicules roulaient ; une balle avait alors touché mortellement Mawda.


A visitor takes a photograph with a mobile phone of the Manneken Pis dressed-up with a costume paying a tribute to the upcoming Cop26 in Glasgow, on October 27, 2021, in central Brussels. (Photo by Fran�ois WALSCHAERTS / AFP)
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C’est donc au tour de l’Etat belge de répondre devant le tribunal de première instance de Bruxelles. La requête menée par l’ONG est justifiée par «l’intérêt collectif des enfants migrants pénétrant sur le territoire belge, le traversant ou y séjournant. Elle se fonde sur l’action d’intérêt collectif qui est autorisée dans notre droit depuis trois ans», a détaillé son avocat au Soir

Un paradoxe malheureux veut que l’opération policière Medusa menée en 2018 «avait  notamment pour objectif de protéger les victimes des passeurs», rappelle la citation à comparaître. «Le comportement des policiers lors de la course-poursuite et à l’issue de celle-ci indique qu’ils ont fautivement manqué à cette obligation de protection, spécialement à l’égard de Mawda, de son frère et de cinq autres enfants».

Peine réduite à dix mois

Cette action en justice est le énième rebondissement d’une affaire devenue emblématique de la violence opposée par l’Etat belge aux migrants, selon les défenseurs des droits de l’homme. En mai 2018, lorsque les faits surviennent, le nationaliste flamand Theo Franken est aux affaires. Secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration sous le gouvernement Michel, il mène la chasse aux «transmigrants» qui traversent la Belgique de part en part, et plus particulièrement la Flandre, avec l’espoir de rejoindre l’Angleterre.

C’est pourtant dans la région de Mons, en terres wallonnes, que le drame survient. Une camionnette conduite par des passeurs est repérée par la police. Une course-poursuite s’engage. Un policier tente de viser les pneus de la camionnette, mais la balle tue Mawda.

L’affaire a déjà été jugée une première fois. Le 12 février dernier, le tribunal correctionnel de Mons a condamné à un an de prison avec sursis le policier responsable du tir pour homicide involontaire par défaut de précaution ou de prévoyance. En novembre, sa peine a toutefois été réduite en appel à 10 mois d’emprisonnement avec sursis. Selma Benkhelifa, l’avocate des parents de la petite Mawda, s’était alors montrée satisfaite de la teneur de l’arrêt. «Ce jugement rend justice aux parents, en gardant la qualification d’homicide involontaire», estimait-elle.

On pensait l’affaire close. Il n’en est rien. L’ONG Défense des enfants international veut aller au fond des choses en instaurant un débat sur la responsabilité de l’Etat. Ce même Etat qui a mené la traque aux passeurs depuis 2016 autour des axes frontaliers avec l’objectif d’en finir avec le trafic d’êtres humains, tout en protégeant les victimes des passeurs. Ce qui ne fut pas ici le cas.


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Après avoir fait la liste des dysfonctionnements qui ont émaillé l'affaire Mawda, l’ONG pointe le sort réservé aux autres mineurs présents à bord du véhicule. Privés brièvement de liberté, ils n’auraient pas été entendus par la police. Leur trace a été ensuite perdue. En somme, l’Etat belge aurait manqué à ses devoirs les plus élémentaires en ce qui concerne la protection des migrants mineurs.

Le 7 décembre prochain, la justice devra par ailleurs établir les responsabilités des deux hommes suspects d’avoir convoyé Mawda et ses parents lors de cette journée tragique du 17 mai 2018.

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