Changer d'édition

L'épreuve de vérité pour Charles Michel
International 3 min. 17.12.2018 Cet article est archivé

L'épreuve de vérité pour Charles Michel

L'épreuve de vérité pour Charles Michel

AFP
International 3 min. 17.12.2018 Cet article est archivé

L'épreuve de vérité pour Charles Michel

Le gouvernement Michel bis survivra-t-il à cette semaine? La question est posée à la veille d'un possible vote de confiance à la Chambre. S'il est négatif, la Belgique pourrait aller aux élections anticipées.

Par Max Helleff

Le Premier ministre belge Charles Michel traverse en ce moment une véritable tempête. La tension n'est jamais vraiment retombée après la démission des ministres nationalistes flamands le 9 décembre dernier. La N-VA de Bart De Wever a quitté la coalition gouvernementale car elle ne voulait pas du pacte de l'ONU sur la migration.

Fort du soutien du Parlement, Michel a toutefois tenu bon et c'est en tant que chef d’un gouvernement désormais minoritaire qu'il s'est rendu à Marrakech pour affirmer officiellement le soutien de la Belgique au pacte migratoire.


Belgian Prime Minister Charles Michel gives a press conference after a Kern meeting, a restricted ministers meeting of the Federal Government in Brussels, on December 8, 2018. (Photo by NICOLAS MAETERLINCK / BELGA / AFP) / Belgium OUT
Belgique: fin de la coalition, Michel chef d'un gouvernement minoritaire
Le Premier ministre belge Charles Michel a pris dimanche la tête d'un gouvernement minoritaire, après la démission des ministres nationalistes flamands de la coalition gouvernementale, en raison d'une divergence profonde sur le Pacte de l'ONU sur les migrations.

Depuis, un véritable tsunami de critiques submerge la coalition réduite aux libéraux flamands et francophones, ainsi qu'aux chrétiens-démocrates flamands. En substance, ce gouvernement qui ne bénéficie plus que du soutien de 52 députés sur 150 serait «antidémocratique».

Dans un premier temps, Charles Michel avait pensé pouvoir continuer à bénéficier de l'appui des nationalistes flamands depuis les rangs de l'opposition. Il pensait ainsi conclure les réformes socio-économiques entreprises tout au long de la législature.

Mais la N-VA ne l'entend pas de cette oreille. Dans une interview parue samedi dans le journal économique «De Tijd», Bart De Wever s'est dit favorable à des élections législatives anticipées.

«Une demi-année d'arrêt complet et ce feuilleton au parlement qui ne peut qu’alimenter l'anti-politique, ce n'est démocratiquement pas la meilleure solution. Il faut écouter le peuple. Et je ne pense pas que le peuple veut voir cela pendant des mois», a-t-il expliqué en pointant la paralysie qui menace le gouvernement. De Wever a toutefois nuancé par la suite sur la chaîne privée VTM: «Je ne suis pas partisan d'élections anticipées (…) mais si ce gouvernement (minoritaire) veut mener une (autre) politique en terme de migration, il ne faut pas venir me demander quoi que ce soit.»

Bart De Wever met en demeure Charles Michel de faire un choix entre la N-VA et les «partis Marrakech». Comme en un écho, des manifestations pour et contre le pacte migratoire ont eu lieu dimanche, à Bruxelles. La police a dû disperser des manifestants d’extrême droite prêts à en découdre.

«Reste à voir quelle sera l’attitude de Charles Michel devant cette pression», interroge «Le Soir» pour qui les jours prochains diront «si on va vers un improbable accord à l'amiable ou une chute du gouvernement au terme d'un vote où le PS se joindrait à la N-VA.»

La semaine dernière, la N-VA a en effet créé la surprise en s'alignant aux côtés de plusieurs partis d'opposition pour soutenir une «motion d’ordre» venant du Parti socialiste. Selon le texte adopté, le nouveau gouvernement doit présenter une déclaration de politique générale et obtenir le soutien de la chambre. Mais Charles Michel résiste.

Le fruit est mûr

Demain sera le grand jour. S'il échoue à obtenir la confiance des députés, Charles Michel devra probablement se retirer. Ce sera tout profit pour la N-VA qui a manœuvré comme jamais dans cette aventure. Elle serait, estiment les commentateurs, le seul parti réellement prêt pour aller aux élections anticipées.

En refusant le pacte migratoire, elle s'est montrée fidèle à la politique d’immigration stricte qu'elle a cherché à défendre depuis quatre ans et que réclame une certaine Flandre. Le fruit est mûr. Il ne reste plus qu’à le ramasser.

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

La mission des informateurs belges prolongée
Après un mois de discussions avec les partis politiques, les deux informateurs royaux n'ont pu aboutir à une solution. Le roi Philippe leur demande de poursuivre le travail jusqu'au 28 janvier.
Georges-Louis Bouchez et Joachim Coens sont toujours à la recherche de la bonne formule.