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L'enseignement supérieur belge serre la vis
International 3 min. 13.01.2022
Faculté

L'enseignement supérieur belge serre la vis

Huit ans après son adoption, le décret Paysage a été réformé pour éviter les cursus tirant trop en longueur.
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L'enseignement supérieur belge serre la vis

Huit ans après son adoption, le décret Paysage a été réformé pour éviter les cursus tirant trop en longueur.
Photo : dpa
International 3 min. 13.01.2022
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L'enseignement supérieur belge serre la vis

Max HELLEFF
Max HELLEFF
Des conditions plus strictes seront imposées dès la prochaine rentrée aux étudiants en vue de l’obtention de leur diplôme.

De notre correspondant Max HELLEFF (Bruxelles) - Mieux vaut le savoir : 2022 marquera la fin de la procrastination pour les étudiants du supérieur francophone belge. Fini de reporter les examens non réussis d’année en année. Il faudra désormais obtenir les crédits nécessaires dans le temps imparti.


Welcome Day Université Belval - Belval -  - 16/09/2021 - photo: claude piscitelli
Les postulants à l'Uni passeront d'abord à la caisse
L'Université du Luxembourg a décidé de fixer des frais de dossier pour les candidats souhaitant s'inscrire à l'un ou l'autre de ces cursus. 50 euros qui seront déduits aux étudiants retenus mais pas aux autres.

La procrastination est sans doute la conséquence la plus dommageable du décret Paysage lancé en 2014 par l’ancien ministre de l’Enseignement supérieur, le socialiste Jean-Claude Marcourt. Sa volonté de laisser à chaque étudiant une certaine flexibilité dans son cursus avait été très rapidement dévoyée. 

L’hebdomadaire Le Vif donnait récemment la parole à une étudiante de l’ULiège qui résumait ainsi son parcours universitaire : «J'ai eu un cours raté pendant trois ans en bachelier et maintenant je suis en master 2 sans aucun crédit résiduel». Dans son cas, le décret Paysage a porté ses fruits. Un seul échec n'a pas barré son accès au diplôme. Mais pour des milliers d’étudiants, il a permis au contraire une fuite en avant constante. 

Certains traînent les mêmes échecs pendant de longues années, compliquant singulièrement le travail de l’administration et du corps enseignant. Sans oublier la facture que doivent régler les parents.

Deux ans pour le premier bac

L'actuelle ministre de l’Enseignement supérieur, la libérale Valérie Glatigny, veut mettre le holà à cette situation. Sa réforme repose sur trois axes. En premier lieu, l’objectif est «de permettre aux étudiants d’acquérir, dès le début de leurs parcours, des bases pédagogiques solides, d’identifier d’éventuelles difficultés et d’y remédier». En second lieu, il s’agit de clarifier «des conditions de finançabilité (droit de se réinscrire dans un établissement) plus lisibles». Enfin, il faut renforcer «les moyens dédiés aux aides à la réussite, qui seront ciblées vers les étudiants qui rencontrent des difficultés, afin de les accompagner vers la réussite et la diplomation». 

Il serait trop long d’énoncer ici les différents cas de figure qui seront à l’avenir d’application pour les étudiants en échec et les conditions auxquelles ils devront satisfaire pour poursuivre leur cursus. Quoi qu’il en soit, les students devront désormais réussir leur premier bac en deux ans. Des exceptions sont toutefois prévues. Mais il faudra avoir réussi tous les cours de bac pour accéder au master.

C’est la baisse du taux de réussite dans l'enseignement supérieur qui a officiellement décidé la ministre à lancer sa réforme. «On s'est rendu compte que le pari qu'on faisait d'une réussite progressive, au rythme de l'étudiant, avec trop de flexibilité était un cadeau empoisonné. Beaucoup d'étudiants quittaient l'enseignement supérieur sans diplôme. Ce qui nous a particulièrement interpellés, c'est que ce sont les précarisés qui étaient impactés», a-t-elle expliqué.


About 300 French university and high school students are held back by French police inside the train station in Nantes, western France, before they could interrupt rail traffic April 3, 2006. Students and unions in France prepare for a general strike with demonstrations to protest the First Job Contract law (CPE) throughout the country on Tuesday.  REUTERS/Daniel Joubert
Les campus belges rappelés à l'ordre
Plusieurs affaires ont conduit ces dernières semaines les autorités académiques à réguler les activités folkloriques estudiantines.

Seuls 14% des étudiants boursiers (c'est-à-dire aidés par des subventions) à l'université réussissent aujourd'hui en trois ans (contre 18% avant le décret Paysage). Cela représente un coût notable pour l’enseignement supérieur qui fonctionne en enveloppe fermée – son budget reste le même alors que le nombre d’étudiants n’a de cesse d’augmenter.

La Fédération francophone des étudiants (Fef) fait valoir que la réforme n’améliorera pas le sort des étudiants précarisés car ils devront continuer à travailler pour payer leurs études. La ministre rétorque que c’est l’allongement des cursus qui finit par précariser certains jeunes. Mais tout le monde est bien d’accord pour dire qu’il faut absolument trouver une solution au problème actuel. La réforme sera en application dès la rentrée prochaine.

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