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L'avis de Jean-Claude Juncker: La proposition européenne pour éviter un «Brexit» est «équitable» pour tous
Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, «est équitable pour le Royaume-Uni et pour les 27 autres Etats membres».

L'avis de Jean-Claude Juncker: La proposition européenne pour éviter un «Brexit» est «équitable» pour tous

Photo: AFP
Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, «est équitable pour le Royaume-Uni et pour les 27 autres Etats membres».
International 3 min. 03.02.2016

L'avis de Jean-Claude Juncker: La proposition européenne pour éviter un «Brexit» est «équitable» pour tous

Maurice FICK
Maurice FICK
Le préaccord présenté mardi à Bruxelles pour éviter une sortie du Royaume-Uni de l'UE est «équitable», aussi bien pour Londres que pour ses partenaires européens, a plaidé mercredi Jean-Claude Juncker.

(AFP) - Le préaccord présenté mardi à Bruxelles pour éviter une sortie du Royaume-Uni de l'UE est "équitable", aussi bien pour Londres que pour ses partenaires européens, a plaidé mercredi devant le Parlement européen le président de la Commission européenne.

La proposition, posée mardi sur la table par le président du Conseil européen Donald Tusk, "est équitable pour le Royaume-Uni et équitable pour les 27 autres Etats membres", a fait valoir Jean-Claude Juncker lors d'une session plénière du Parlement.

"Comme le Premier ministre (britannique) David Cameron, nous voulons tous que l'UE soit plus compétitive et crée davantage d'emplois", a argué M. Juncker, soulignant que le Parlement européen aurait aussi à se prononcer sur les réformes envisagées pour satisfaire Londres.

Passant en revue les quatre domaines dans lesquels M. Tusk a proposé des mesures, qui doivent désormais être discutées par les 27 autres Etats membres de l'UE, M. Juncker a souligné qu'il était "reconnu que tous les Etats membres" ne participaient pas de la même manière à tous les domaines du ressort de l'UE.

"Nous avons répondu aux inquiétudes" de M. Cameron, "tout en respectant les traités", a-t-il assuré.

Un «frein» pour tous 

Le chef de l'exécutif européen a aussi loué le mécanisme de "sauvegarde" proposé pour limiter pendant une période pouvant aller jusqu'à quatre ans les aides sociales aux travailleurs migrants intra-européens s'installant sur le sol britannique.

Il s'appliquera "dans des cas exceptionnels", a-t-il noté, tout en indiquant que la situation actuelle du Royaume-Uni pourrait répondre à un tel critère.

La Commission a confirmé que ce "frein d'urgence" à l'immigration serait aussi disponible pour les autres Etats membres.

Dans le camp eurosceptique, le député européen Nigel Farage, chef du parti britannique anti-immigration Ukip (à droite), s'est gaussé du contenu de ce préaccord, qu'il a jugé "vraiment pitoyable".
Dans le camp eurosceptique, le député européen Nigel Farage, chef du parti britannique anti-immigration Ukip (à droite), s'est gaussé du contenu de ce préaccord, qu'il a jugé "vraiment pitoyable".
Photo: AFP

"Ce mécanisme est bien sûr taillé sur mesure pour la situation du Royaume-Uni et répond à l'un des problèmes soulevés par le Premier ministre Cameron", a avancé le porte-parole de la Commission à Bruxelles, Margaritis Schinas.

Mais "évidemment, une fois que la législation est adoptée, la même législation européenne s'appliquera aux autres (Etats membres)", a fait valoir M. Schinas lors d'un point presse.

Dans le camp eurosceptique, le député européen Nigel Farage, chef du parti britannique anti-immigration Ukip, s'est gaussé du contenu de ce préaccord, qu'il a jugé "vraiment pitoyable".

"Nous obtenons une lettre de M. Tusk où il n'est pas question de modification des traités ou de restitution de pouvoirs au Royaume-Uni", a déploré M. Farage, qui a jugé "humiliant" qu'un Premier ministre britannique en soit réduit à mendier des concessions aux autres dirigeants européens lors du prochain sommet de l'UE à la mi-février.

A l'inverse, le chef de file des libéraux européens, le Belge Guy Verhofstadt, a estimé qu'"au lieu de détruire le principe de "l'Union toujours plus étroite" et la dynamique de l'Union européenne, nous devons donner une autre possibilité d'"opt out" (option de retrait) au Royaume-Uni".

"Sarkozy avait déjà obtenu un frein d'urgence sur Schengen. Jusqu'où cela va-t-il aller?", s'est inquiété l'ex-Premier ministre belge.

Au nom du groupe de la Gauche européenne unitaire, l'eurodéputée allemande Gabriele Zimmer a dit craindre une "dislocation de l'édifice social" européen à travers les concessions faites au Royaume-Uni.


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