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L'avenir de la planète passera par nos assiettes
International 5 min. 08.08.2019

L'avenir de la planète passera par nos assiettes

Selon le Giec, les Occidentaux devront privilégier les fruits et légumes dans leur alimentation quotidienne.

L'avenir de la planète passera par nos assiettes

Selon le Giec, les Occidentaux devront privilégier les fruits et légumes dans leur alimentation quotidienne.
Photo: Shutterstock
International 5 min. 08.08.2019

L'avenir de la planète passera par nos assiettes

Didier HIEGEL
Didier HIEGEL
Pour lutter contre le changement climatique et nourrir la planète, le Giec préconise de modifier la composition de notre alimentation et valorise le régime végétarien.

Le rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) sur l'utilisation des terres vient d’être rendu public ce jeudi. L'objectif de cette étude est d'offrir des pistes de réflexion pour nourrir dix milliards d’humains d’ici 2050 tout en préservant la planète.

Cette expertise scientifique de 1.200 pages, la plus complète à ce jour sur le sujet, fait le point sur l'état des terres, les impacts des changements climatiques actuels et à venir, mais aussi sur la façon dont la modification de l'usage des terres joue sur le climat. 

La consommation de viande dans le collimateur

Ses auteurs se sont ainsi penchés sur le système alimentaire mondial, ses limites et l'évolution à la hausse de la consommation de viande. «Un végétarien qui roule en 4x4 produit moins de carbone qu’un carnivore à vélo», avait résumé l’économiste Bruno Parmentier, interrogé par France 24, pour pointer du doigt notre consommation excessive de viande.

«Notre impact sans précédent sur les terres agricoles est dû en grande partie à l'expansion de l'agriculture industrielle et de la production de viande», souligne encore Reyes Tirado, scientifique rattaché au laboratoire de recherche de Greenpeace.

Pour sortir de cette «surconsommation», il appelle à réduire de 50% la consommation de viande dans nos alimentations «avec des baisses encore plus drastiques de l'ordre de 70 à 90% dans certains pays d'Europe de l'Ouest ou d'Amérique du Nord».

«Le plus dommageable pour l’environnement reste le bœuf, l’agneau et la chèvre», indique Tim Searchinger, chercheur au think-tank World Resources Institute.  Ces animaux émettent de grandes quantités de méthane (effet de serre) et leur lisier dégage de l’oxyde nitreux qui appauvrit les sols et acidifie les mers. 


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D'autre part, les terres occupées par les animaux et utilisées pour cultiver leur nourriture le sont au détriment de forêts qui sont essentielles pour capter le CO2 de l’atmosphère. C'est ainsi qu'un tiers de la totalité des céréales produites dans le monde servent à nourrir des animaux élevés pour la consommation humaine. Les engrais employés ne sont pas non plus sans conséquences pour l'environnement.


L'élevage intensif utilise aussi des ressources considérables en eau. Il faut, par exemple, 13.500 litres d'eau pour produire un kilo de viande de bœuf. A titre d'exemple, un kilo de bananes nécessite 346 litres d'eau et il faut 25 litres d'eau pour un litre de bière.

Lutter contre le gaspillage est aussi un axe de travail puisque actuellement 25 à 30 % de la nourriture produite est gaspillée alors que plus de 820 millions de personnes sont sous-alimentées.


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Manger plus de végétaux... et des insectes?

Le rapport explique encore que «la consommation de régimes alimentaires sains et durables, tels que ceux basés sur les céréales secondaires, les légumineuses, les légumes, les noix et les graines offre des opportunités majeures pour réduire les émissions de gaz à effet de serre».

Mais les insectes sont-ils aussi la panacée pour pallier les produits carnés? Riches en protéines et en bonne graisses, ils peuvent constituer une source importante de vitamines et de minéraux.  Environ 1.900 espèces d'insectes sont consommées dans le monde, principalement dans les pays en voie de développement, mais le rapport du Giec se montre prudent quant à une diffusion à plus grande échelle. 

«La consommation mondiale de substituts de viande est encore très faible, principalement en raison des différences de culture alimentaire. Elle nécessitera des phases de transition telles que des formes en poudre. Une diffusion plus large sera liée aux prix, aux avantages environnementaux perçus et au développement de produits protéinés et savoureux», ajoute encore l’étude.

Incorporer des insectes à notre alimentation nécessitera des méthodes de transformation sûres et efficaces.
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Photo: Shutterstock







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