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Des extrémistes fichés dans les rangs de l'armée belge
International 3 min. 08.11.2021
Défense

Des extrémistes fichés dans les rangs de l'armée belge

La ministre de la Défense belge a admis que des perquisitions avaient été menées chez des individus soupçonnés d’avoir diffusé ou mis à la disposition du public des messages dans l’intention d’inciter à commettre des infractions terroristes.
Défense

Des extrémistes fichés dans les rangs de l'armée belge

La ministre de la Défense belge a admis que des perquisitions avaient été menées chez des individus soupçonnés d’avoir diffusé ou mis à la disposition du public des messages dans l’intention d’inciter à commettre des infractions terroristes.
Photo : AFP
International 3 min. 08.11.2021
Défense

Des extrémistes fichés dans les rangs de l'armée belge

Max HELLEFF
Max HELLEFF
Un rapport présenté aux parlementaires fait état de militaires fichés pour différentes formes d'idéologies radicales et violentes. Il est même question de «prédicateur de haine» parmi ces soldats.

De notre correspondant Max HELLEFF (Bruxelles) - Le suicide de Jürgen Conings, ce militaire belge retrouvé mort en juin dernier après une longue traque, n’a pas clos le dossier de la présence de l’extrême droite dans l’armée du royaume. La semaine dernière, onze perquisitions ont été menées à  Charleroi au sein de trois casernes de la Défense et dans huit domiciles privés de militaires. 


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«Les individus potentiellement impliqués sont soupçonnés d’avoir diffusé ou mis à la disposition du public des messages dans l’intention d’inciter à commettre une infraction liée au terrorisme», a expliqué le parquet fédéral. «Ce dossier se situe dans le cadre de milieux suspectés d’être liés à l’extrême droite.»

On n'en sait pas davantage. La ministre de la Défense, Ludivine Dedonder, s’est contentée de préciser qu’«il faut laisser la justice faire son travail. Nous collaborons pleinement car il n’y a aucune place en nos rangs pour les extrémistes sous quelque forme que ce soit».

Officiellement, ces perquisitions ne seraient pas liées à l’affaire Jürgen Conings, même si l’on sait que plusieurs enquêtes ont été diligentées au lendemain du suicide du militaire qui avait menacé de s’en prendre à une mosquée ainsi qu’à plusieurs scientifiques en pointe sur la pandémie de covid-19. Il avait disparu le 17 mai après avoir volé plusieurs armes à la caserne de Bourg-Léopold (Limbourg), dont quatre lance-roquettes rapidement retrouvés par la police.

Ces perquisitions renvoient plus sûrement à une interview donnée en octobre au magazine Wilfried par Serge Lipszyc, le président du Comité de suivi des services de renseignement (dit «Comité R »). «N'y avait-il pas des gens au sein même de la structure de l’État qui avaient intérêt à ce qu’on ne le retrouve jamais ? Depuis, le dossier Jürgen Conings n’avance pas alors qu’il est tellement important», estimait-il dans cette interview. 

Et Serge Lipszyc d'asséner: «Si Jürgen Conings s’était appelé Mustafa, je pense que les choses se seraient déroulées autrement. Un certain nombre d’éléments permettent de croire que dans les différentes strates de l’État belge, il y a une volonté de favoriser les mouvements extrémistes, notamment d’extrême droite».


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Serge Lipszyc a depuis livré un rapport aux parlementaires, lequel a fuité dans la presse ce week-end. Après l’avoir consulté, Le Soir écrit «que cinq militaires sont fichés pour extrémisme de droite : quatre soldats en préenquête dans la catégorie ''extrémiste potentiellement violent'' et un autre ayant acquis le ''statut complet'' de ''prédicateur de haine'' au niveau 2 (sur 4) de la menace. Le rapport ne précise pas «si les perquisitions (de la semaine dernière) visant quatre soldats francophones d’extrême droite ont concerné ces quatre personnes fichées pour extrémisme potentiellement violent».

Contacts avec une puissance étrangère

«Une cinquantaine de personnes par ailleurs sont fichées pour une menace d’extrême droite, une quinzaine pour l’extrême gauche. Tous les autres (plus de 600 entités) le sont pour l’islamisme radical ou le terrorisme islamiste», ajoute le quotidien.

Ce rapport revient également sur une affaire d’espionnage au sein des renseignements militaires qui avait fait parler d’elle au printemps dernier.  Un inspecteur, un membre du service concerné et un officier ont été écartés dernièrement pour des «liens» ou des «contacts» avec une puissance étrangère. «L’officier en question était l’ancien attaché de Défense à Paris, coupable d’avoir approché des gradés russes pour qu’ils aident son fils dans ses recherches étudiantes», écrit Le Soir.

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