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L'Allemagne entre dans une période d'incertitude
International 2 min. 27.09.2021
Elections fédérales

L'Allemagne entre dans une période d'incertitude

Sourire de façade pour Armin Laschet qui n'a pas réussi à imposer les idées CDU-CSU dans les urnes.
Elections fédérales

L'Allemagne entre dans une période d'incertitude

Sourire de façade pour Armin Laschet qui n'a pas réussi à imposer les idées CDU-CSU dans les urnes.
Photo : AFP
International 2 min. 27.09.2021
Elections fédérales

L'Allemagne entre dans une période d'incertitude

De difficiles tractations s'annoncent à Berlin pour former le prochain gouvernement. Les législatives ouvrant l'après-Merkel ont vu les sociaux-démocrates l'emporter d'une courte tête, mais les conservateurs revendiquent la chancellerie.

(AFP) - L'Allemagne est entrée dans une phase d'imprévisibilité, dimanche. Il est vrai que les premiers résultats officiels des législatives diffusés ne déterminent aucune formation dominant les débats : le centre-gauche du SPD et leur chef de file Olaf Scholz ont recueilli 25,7% des suffrages, devançant de peu l'union conservatrice CDU-CSU d'Armin Laschet, qui accuse un score historiquement bas de 24,1%. Jamais les conservateurs n'étaient tombés sous le seuil de 30%. Il s'agit d'un cuisant revers pour le camp de la chancelière Angela Merkel au moment où elle doit prendre sa retraite politique. 


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Aussi, dès ce lundi matin, les directions des différents partis susceptibles d'entrer dans une future coalition se réunissent à Berlin. Car en Allemagne ce ne sont pas les électeurs qui élisent directement le chef du gouvernement mais les députés, une fois constituée une majorité. 

Mais cette alliance sera cette fois particulièrement compliquée à constituer car elle doit réunir trois partis - du jamais-vu depuis les années 1950 - du fait de l'émiettement des suffrages.

«La partie de poker commence», constate Der Spiegel. Car «après le vote, les questions essentielles restent ouvertes: qui sera chancelier? Quelle coalition va gouverner le pays à l'avenir», pointe le magazine.

Pour les sociaux-démocrates, les choses sont claires: «Ce qui est certain, c'est que de nombreux citoyens» ont voté SPD car «ils veulent un changement de gouvernement et aussi parce qu'ils veulent que le prochain chancelier s'appelle Olaf Scholz», a déclaré cet homme de 63 ans. Le hic: son rival de centre-droit ( malgré un résultat «décevant») n'est pas disposé à rejoindre les bancs de l'opposition: «Nous ferons tout ce que nous pouvons pour construire un gouvernement dirigé par l'union» CDU-CSU, a assuré le candidat chrétien-démocrate.


ARCHIV - 02.06.2020, Berlin: Der Platz der Republik vor dem Reichstagsgebäude ist mit einem Bauzaun abgesperrt. (zu dpa «Was kommt nach «arm, aber sexy»? Berlin auf der Suche») Foto: Christophe Gateau/dpa +++ dpa-Bildfunk +++
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Toutefois, aussi bien le SPD que le centre-droit ont dit viser une conclusion avant Noël. Y parviendront-ils? «L'Allemagne prendra la présidence du G7 en 2022», a rappelé M. Laschet, et c'est pourquoi un nouveau gouvernement doit «venir très rapidement». Dans la configuration actuelle, plusieurs solutions sont possibles pour une majorité au Bundestag.

Le SPD pourrait ainsi s'allier avec les Verts, arrivés troisième du scrutin avec 14,8%, et les libéraux du FDP, un parti de droite qui a recueilli 11,5%. Alternativement, ce sont les conservateurs qui pourraient gouverner avec les Verts et le FDP. Selon un sondage de Yougov publié dans la nuit de dimanche à lundi, une majorité des électeurs favorise la première option. Et 43% d'entre eux estiment qu'Olaf Scholz doit devenir le prochain chancelier de la première économie européenne.  Tout dépendra donc du bon vouloir de deux petits partis, qualifiés lundi par le quotidien Bild de «faiseurs de roi».



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