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L’affaire Conings tourne au règlement de comptes
International 4 min. 28.05.2021

L’affaire Conings tourne au règlement de comptes

La ministre de la Défense belge a promis d’en finir avec certaines dérives extrémistes dans l’armée

L’affaire Conings tourne au règlement de comptes

La ministre de la Défense belge a promis d’en finir avec certaines dérives extrémistes dans l’armée
Photo : AFP
International 4 min. 28.05.2021

L’affaire Conings tourne au règlement de comptes

Max HELLEFF
Max HELLEFF
En Belgique, la ministre de la Défense est sur la sellette. On reproche à la socialiste Ludivine Dedonder de n’avoir pas neutralisé à temps le militaire d’extrême droite toujours introuvable.

De notre correspondant Max HELLEFF (Bruxelles) - Les recherches ont repris dans le parc national de la Haute-Campine, à proximité de la frontière belgo-néerlandaise. De nouveaux éléments apparus dans l’enquête ont conduit les services de sécurité à explorer, jeudi, trois zones où Jurgen Conings aurait pu se trouver. D’importants moyens policiers et militaires ont été déployés. Le parquet fédéral avait bon espoir de le trouver avant la nuit. Vendredi, l’homme restait pourtant introuvable.


Belgian soldiers patrol near an entrance of Nationaal Park Hoge Kempen in Maasmechelen, northern Belgium, on May 20, 2021. - Police stepped up a manhunt for a Belgian soldier with suspected extreme-right views and access to rocket launchers who went missing after threatening public figures -- including a renowned coronavirus expert. (Photo by Kenzo TRIBOUILLARD / AFP)
Jurgen Conings, l’homme qui fait trembler la Belgique
Ce militaire d’extrême droite reste introuvable et fait craindre le pire aux autorités belges. Il se qualifie d' «ennemi de l'Etat» et a menacé plusieurs cibles dans le pays.

Depuis une dizaine de jours, Jurgen Conings fait tanguer la Belgique. Ce militaire de 46 ans, proche de l’extrême droite et lourdement armé, a proféré des menaces contre l’Etat, contre une mosquée, ainsi que contre le milieu scientifique - dont le virologue flamand Marc Van Ranst - avant de disparaître dans la nature. S’en est suivie une chasse à l’homme qui n’a toujours pas abouti à sa capture. 

Sur ces entrefaites, les autorités politiques et militaires ont découvert que Jurgen Conings avait eu accès à un dépôt d’armes bien qu’il ait été fiché comme «extrémiste potentiellement violent» en février dernier par l’Organe de coordination et d’analyse de la menace (OCAM). Depuis, onze militaires suivis par les services de renseignement pour leurs opinions radicales et leurs accointances avec l’extrême droite ont été écartés des dépôts d’armes et n’ont plus accès à des lieux et à des informations sensibles.

Plusieurs enquêtes ont été lancées à la suite de ces dysfonctionnements.  La ministre de la Défense Ludivine Dedonder (PS) s’est expliquée en commission de la Chambre. La majorité comme l'opposition l’ont pressée de questions sur les moyens déployés contre l’extrême droite au sein de l’armée et sur sa propre capacité à prendre les mesures ad hoc.

Ludivine Dedonder n’est entrée en fonction qu’en octobre dernier, à l’occasion de la formation du gouvernement De Croo. Il n’empêche, le libéral Denis Ducarme, un partenaire de coalition, ne lâche pas l’affaire: «Le 17 février, Jürgen Conings était classé au niveau 3 de la menace par l’Ocam. Aviez-vous accès à cette information lorsque vous avez été interrogée ici?». 

Le nationaliste flamand Theo Francken (N-VA) retourne le couteau dans la plaie. Quant à l’humaniste Georges Dallemagne, il taxe le SGRS – le renseignement militaire - d’être «gravement défaillant». «Plus grave, il faut déplorer une certaine forme de complaisance de la part de ceux qui ont l’information et ne la traitent pas », dit-il, en référence à un quarteron de militaires qui ont exprimé publiquement leur soutien à Jurgen Conings.

Les renseignements militaires sont sous pression. La ministre Dedonder tient bon et promet de bousculer la hiérarchie de l’armée. Mais la N-VA de Bart De Wever ne compte pas lâcher celle qui, il y a juste une semaine,  pointait sa responsabilité dans la propagation des idées d’extrême droite.

L’affaire Conings jette un profond malaise. Au plus fort de la chasse à l’homme s’est affirmé dans une partie de la population un sentiment de défiance délétère à l’égard des autorités. Pêle-mêle : une élue locale a soutenu Jurgen Conings en voyant en lui un défenseur des libertés individuelles; des manifestations ont été organisées en faveur du fugitif; des affichettes proclament «Je suis Jurgen Conings» ; et, sur les réseaux sociaux,  plus de 50.000 supporters pensent avoir trouvé chez cet homme le nouveau «John Rambo».

Les regards se tournent bien sûr vers le Vlaams Belang, le second parti de Flandre derrière la N-VA. Ultranationaliste et d'extrême droite, le Belang s’est montré plus d’une fois violent par le passé, en actes et en paroles. Deux questions se posent aujourd’hui : en polarisant la société, a-t-il contribué à «fabriquer» Jurgen Conings ? Et, surtout, dans quelle mesure ce parti peut-il profiter du climat ambiant pour gagner de nouveau en puissance? En dix jours, un fait divers s’est transformé en affaire d’Etat.

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