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L'acte 18 des «Gilets jaunes» sous tension
International 25 3 min. 16.03.2019

L'acte 18 des «Gilets jaunes» sous tension

L'acte 18 des «Gilets jaunes» sous tension

AFP
International 25 3 min. 16.03.2019

L'acte 18 des «Gilets jaunes» sous tension

La journée est présentée comme un «ultimatum» au président Macron: des milliers de «gilets jaunes» ont commencé à se rassembler samedi à Paris, avec de premiers heurts en fin de matinée.

(AFP) - Sur les Champs-Elysées, la tension est rapidement montée avant 11H00, les premières barricades sont apparues et les forces de l'ordre ont utilisé canons à eau et grenades lacrymogènes pour repousser les manifestants. Trente-et-une personnes ont été interpellées, selon un bilan communiqué à 11H30 par la préfecture de police de Paris.



Espérant un «regain de mobilisation», la date a été annoncée depuis plusieurs semaines comme une journée cruciale, et ce alors que le nombre de manifestants est en baisse constante ces dernières semaines.

Selon les chiffres du ministère de l'Intérieur, sans cesse contestés par les «gilets jaunes», ils étaient 28.600 manifestants en France pour l'acte 17, soit dix fois moins que les 282.000 du 17 novembre lors de l'acte inaugural du mouvement.

Eric Drouet, l'une des figures du mouvement, avait invité dans une vidéo les sympathisants à converger vers la capitale: «On attend les Toulousains avec impatience, les Bordelais, les Marseillais, les Rouennais...», évoquant même le renfort de sympathisants d'Italie, Belgique, Pays-Bas, Pologne.


Le mouvement des "gilets jaunes"
La grogne est montée d'un cran en 2018 en France avec l'émergence du mouvement dit des "gilets jaunes", des citoyens qui ont décidé de protester contre la hausse prévue des taxes sur le carburant, finalement abandonnée par le gouvernement.

«Après cette journée, en tout cas pour moi, ça sera fini les manifestations, ça sera de vraies actions pour la suite», a indiqué le chauffeur routier de Seine-et-Marne. «Il faudra proposer des blocages etc. Mais marcher tout ça, on a prouvé qu'on pouvait le faire, on a prouvé que ça ne fonctionnait pas, on a prouvé qu'on n'était pas entendu avec ces marches.»

Dès 9H00, plusieurs centaines de «gilets jaunes» était rassemblés sur la place de l'Etoile et faisaient face à un très important dispositif sécuritaire. Plusieurs centaines d'autres se sont rassemblées devant la gare Saint-Lazare, avant de partir en cortège vers les Champs-Elysées.

Quelque 5.000 membres des forces de l'ordre et six blindés de la gendarmerie ont été déployés dans la capitale par crainte d'affrontements. 

Certains samedis de décembre et janvier ont donné lieu à des scènes d'émeutes urbaines, dont les images, notamment sur les Champs-Elysées, ont fait le tour du monde. Interrogée par l'AFP, une source policière reconnaissait qu'il y avait «beaucoup de facteurs qui permettent d'envisager une mobilisation supérieure à celle des précédents samedis».

Vendredi, le ministre de l'Intérieur a confirmé «une certaine inquiétude sur des ultra-violents qui pourraient se mobiliser mais nous serons présents partout où le risque peut apparaître».

«Macron, on vient te chercher»

Maxime Nicolle, une autre tête connue des «gilets jaunes», promettait une journée «mémorable», «un week-end parmi les plus importants depuis le début de cette mobilisation».

Le même jour, sont prévues à Paris plusieurs autres manifestations: la «Marche du siècle» pour le climat, une journée d'action des forains qui appellent les «gilets jaunes» à les rejoindre, ainsi que la «Marche des solidarités» contre les violences policières et le «racisme d'Etat».

«On vient parce que c'est la fin du grand débat, on a été patient, mais on veut des conclusions», explique Laurent Casanova, ingénieur, présent sur la place de l'Etoile. «Moi j'étais sur les barricades en 68. Et j'ai beaucoup manifesté depuis. 600 euros de moins sur l'année sur ma retraite après avoir travaillé 46 ans, c'est scandaleux!», dénonce Jean-Pierre Farcy, plombier à la retraite, venu avec sa fille.

Des rendez-vous ont été donnés aux abords de plusieurs gares, place du Châtelet, sur les Champs-Elysées... afin de «converger ensemble vers un même objectif: faire le siège de l'Elysée».

Partie de St Lazare, Murielle était très remontée: «On s'est un peu démobilisé la semaine dernière mais on n'est pas mort! Macron, on vient te chercher».

Dans les Hauts-de-France, une dizaine de «gilets jaunes» ont marché ensemble depuis dimanche en direction de Paris, suivis par leur voiture balai et encadrés par des gendarmes. «On ne lâchera absolument pas le mouvement tant qu'on aura pas obtenu la justice fiscale, la justice sociale et la démocratie par le RIC !» proclame l'une des marcheuses, Patricia Boulan, 61 ans.

Des actions sont aussi prévues en régions, de Bordeaux à Lyon en passant par Montpellier, Dijon ou encore Caen... «Sortez, sortez, sortez le 16 mars», a de son côté exhorté le député La France Insoumise (LFI), François Ruffin.

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