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Juncker redoute l'attrait des extrêmes aux européennes
International 2 min. 16.05.2019

Juncker redoute l'attrait des extrêmes aux européennes

Le Président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, quittera ses fonctions fin octobre prochain.

Juncker redoute l'attrait des extrêmes aux européennes

Le Président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, quittera ses fonctions fin octobre prochain.
Photo: AFP
International 2 min. 16.05.2019

Juncker redoute l'attrait des extrêmes aux européennes

Le président de la Commission européenne s'est dit préoccupé jeudi face aux forces politiques, qui pourraient gagner en «influence» et entraver les institutions européennes à l'issue des élections du 26 mai.

(AFP) - «Si les forces d'extrême droite et d'extrême gauche ont trop d'influence au Parlement européen, alors tous les débats seront, peut-être pas totalement dominés, mais fortement influencés par elles», a estimé le président de la Commission sortante dans une interview au quotidien autrichien Standard au lendemain du débat télévisé qui a opposé six «Spitzenkandidaten» à Bruxelles.

Aux yeux du chef de l'exécutif européen, si la prochaine Commission devait être «tributaire des votes d'extrême droite et d'extrême gauche, elle serait frappée d'incapacité». À cet égard, «l'extrême droite représente le principal danger», ajoute-t-il, craignant que «l'image de l'Europe s'assombrisse si les partis européens classiques font des compromis rhétoriques avec l'extrême droite». 

Affilié au Parti populaire européen (PPE), coalition de partis conservateurs qui représente actuellement la première force du Parlement de Strasbourg, M. Juncker a mis en garde sa famille politique contre la tentation d'un rapprochement avec les partis nationalistes pour imposer la désignation de Manfred Weber, chef de file du PPE, à la tête de la future Commission européenne. 

Posture démagogique

   Si la prochaine Commission devait être «tributaire des votes d'extrême droite et d'extrême gauche, elle serait frappée d'incapacité  

 Dans un tel cas de figure, «je demanderais à mon parti de quitter le PPE», assure l'élu luxembourgeois, rejetant «tout compromis avec l'extrême droite». Sa succession à la Commission est l'un des enjeux des élections européennes prévues du 23 au 26 mai

M. Juncker, dont le mandat s'achève fin octobre, égratigne également le chancelier autrichien Sebastian Kurz, chef de gouvernement conservateur allié au FPÖ, parti d'extrême droite qui dénigre régulièrement les institutions européennes. 

«Je pense que Kurz est un Européen convaincu et fidèle. Mais il se rallie désormais aux thématiques de ceux qui, sans remettre en cause l'action européenne, la critiquent massivement», déplore le patron de la Commission. Il réagissait à des propos récents de M. Kurz attaquant «la folie régulatoire» de l'UE et réclamant l'abolition d'«un millier» de réglementations communautaires. Le chancelier s'est vu reprocher par l'opposition une posture démagogique et eurosceptique. «Je ne pense pas que ce soit bien que lui, un partisan de l'Europe, se joigne maintenant au choeur des adversaires», a estimé M. Juncker. 

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