Changer d'édition

Juncker devant le Parlement européen pour un ultime discours sur l'état de l'UE

Juncker devant le Parlement européen pour un ultime discours sur l'état de l'UE

AFP
International 3 min. 12.09.2018

Juncker devant le Parlement européen pour un ultime discours sur l'état de l'UE

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker se présente mercredi devant le Parlement européen à Strasbourg pour son traditionnel discours sur l'état de l'UE, dans un contexte agité par les prémices de la campagne électorale et la montée des mouvements populistes.

(AFP) - C'est le quatrième et dernier exercice du genre pour Jean-Claude Juncker. Dans un an, en septembre 2019, le nouveau Parlement élu devrait être occupé au processus de sélection d'un nouvel exécutif européen. Mais le porte-parole en chef de la Commission, Margaritis Schinas, a prévenu dès la fin août que le président ne comptait pas se lancer dans l'énonciation de son «testament».

«Pour la dernière ligne droite, nous sommes déterminés à suivre une règle d'or en politique: quand vous avez un mandat politique, vous commencez fort et vous finissez fort», expliquait-il. Selon un diplomate européen, le président de la Commission, vétéran de la politique européenne, estime que le moment est «critique» et nécessite de «travailler dur», alors que le contexte international est devenu plus imprévisible face à un président américain Donald Trump qui prêche le protectionnisme et n'hésite pas à se retirer unilatéralement d'accords internationaux.

A l'inverse de M. Trump, à l'inverse du repli sur soi prôné par les mouvements populistes et eurosceptiques qui grandissent en Europe, M. Juncker est convaincu qu'une Europe unie peut prendre une place plus importante sur la scène internationale, a-t-on expliqué de même source.

Répondre aux crises

La Commission avancera des initiatives concrètes pour accroître le poids international de l'Union. Selon cette source, l'exécutif européen envisage de ne plus prendre les décisions de politique étrangère à l'unanimité pour que l'UE soit plus réactive, ou encore de faire en sorte de diminuer la part de ses importations en énergie payée en dollars US.

Le mandat du Luxembourgeois, qui se termine officiellement le 31 octobre 2019, avait commencé en pleine crise de la dette grecque, héritage de la crise économique et financière mondiale. Depuis, les défis se sont multipliés. La crise migratoire de 2015 a mis en lumière les faiblesses de la réglementation européenne sur l'asile. Elle fait peser une responsabilité disproportionnée sur les pays de première arrivée comme l'Italie, la Grèce ou l'Espagne.

Les mouvements souverainistes, nationalistes et populistes qui gagnent en importance se sont emparés de la question migratoire. Ils ont réussi à s'arrimer au pouvoir en Pologne ou en Hongrie, mais aussi en Italie et en Autriche. «La crise que l'on ressent, c'est la crise du sentiment d'appartenir ensemble», a résumé l'eurodéputé Philippe Lamberts, co-président du groupe des Verts au Parlement. 

«Nous insisterons pour obtenir une réponse claire aux crises. 'Business as usual' n'est pas une option», a prévenu le président du groupe des sociaux-démocrates, Udo Bullmann, à la veille du discours. En cette rentrée, la Commission est très attendue sur le renforcement de l'agence européenne Frontex et le déploiement de 10.000 garde-frontières après 2020, des initiatives qu'elle avait promis de préciser en septembre.

Renforcer les garde-frontières

Sur le dossier des migrations, les dirigeants européens se sont accordés lors de leur sommet fin juin à Bruxelles sur de nouvelles stratégies: accélération des retours vers les pays d'origine pour ceux qui ne sont pas éligibles à une protection internationale, approfondissement des relations avec l'Afrique, et pas seulement au travers de l'aide au développement.

La Commission va s'atteler à les traduire en propositions législatives. Au total, la Commission ne mettra pas moins de 18 propositions ou initiatives sur la table dans la foulée du discours de Jean-Claude Juncker. Les nouveaux défis sécuritaires identifiés par la Commission la pousse aussi à agir en matière de lutte contre le terrorisme ou encore de protection des données privées.

A huit mois des élections, la Commission s'inquiète aussi de se prémunir des menaces de désinformation ou de manipulations, qui ont pesé sur d'autres scrutins majeurs dans le monde. Enfin, Jean-Claude Juncker doit aussi préparer le départ attendu du Royaume-Uni, fin mars prochain. S'il s'est efforcé de laisser la direction des discussions au négociateur en chef de l'UE Michel Barnier, il pourra difficilement éluder le sujet, alors que le débat s'intensifie en particulier sur la nature de la future relation entre les deux partenaires.


Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

UE: un sommet à 27 pour débattre du budget post-Brexit
Les dirigeants européens vont débattre vendredi pour la première fois, à 27, du budget de l'UE après 2020 et le départ du Royaume-Uni, et se pencher sur le mode de désignation du successeur de Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission, un enjeu qui divise.