Changer d'édition

Juncker demande «audace» et «humanité» aux Européens
International 4 min. 09.09.2015 Cet article est archivé
Accueil de 160.000 réfugiés

Juncker demande «audace» et «humanité» aux Européens

Jean-Claude Juncker souhaite que les 28 Etats membres de l'UE se mettent d'accord dès la semaine prochaine sur la répartition des 160.000 réfugiés.
Accueil de 160.000 réfugiés

Juncker demande «audace» et «humanité» aux Européens

Jean-Claude Juncker souhaite que les 28 Etats membres de l'UE se mettent d'accord dès la semaine prochaine sur la répartition des 160.000 réfugiés.
AFP
International 4 min. 09.09.2015 Cet article est archivé
Accueil de 160.000 réfugiés

Juncker demande «audace» et «humanité» aux Européens

«Ce n'est pas l'heure d'avoir peur»: le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a demandé mercredi aux Européens de faire preuve d'audace et de solidarité en répartissant immédiatement 160.000 réfugiés dans l'UE. Des propositions qui sont loin de faire l'unanimité.

(AFP) - «Ce n'est pas l'heure d'avoir peur»: le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a demandé mercredi aux Européens de faire preuve d'audace et de solidarité en répartissant immédiatement 160.000 réfugiés dans l'UE. Des propositions qui sont loin de faire l'unanimité.

La chancelière allemande Angela Merkel a martelé pour sa part qu'elle voulait une répartition "contraignante" des réfugiés, quitte à bousculer sérieusement les plus réticents de ses partenaires européens.

«C'est l'heure d'actions audacieuses et déterminées pour l'Union européenne, ses Etats membres et ses institutions», a lancé Jean-Claude Juncker lors de son premier discours sur l'état de l'UE.
«C'est l'heure d'actions audacieuses et déterminées pour l'Union européenne, ses Etats membres et ses institutions», a lancé Jean-Claude Juncker lors de son premier discours sur l'état de l'UE.
Photo: AFP

Ces divergences entre pays de l'UE se traduisent de manière très concrète pour les réfugiés, notamment syriens, qui continuent d'affluer par dizaines de milliers en passant par les Balkans: accueillis sous les vivats en Allemagne, ils se heurtent plus au sud, parfois violemment, aux policiers hongrois qui bloquent la frontière avec l'Autriche.

Jean-Claude Juncker a souhaité que les 28 Etats membres de l'UE se mettent d'accord dès la semaine prochaine sur la répartition des 160.000 réfugiés évoqués, au risque de bousculer les pays réticents.

«Les moyens d'aider ceux qui fuient la guerre»

Ce chiffre correspond à l'addition d'une précédente proposition de répartir 40.000 réfugiés arrivés sur le sol européen, avec une nouvelle proposition d'urgence portant sur 120.000 personnes se trouvant actuellement en Italie, en Grèce et en Hongrie

Cherchant à convaincre l'UE de dépasser ses divisions, M. Juncker en a appelé aux grandes valeurs du projet européen. «Il est temps de faire preuve d'humanité et de dignité», a-t-il lancé devant les députés réunis dans l'hémicycle du Parlement européen à Strasbourg.

Il a appelé à des actions «audacieuses et déterminée», assurant: «nous avons les moyens d'aider ceux qui fuient la guerre».

Pas de critère religieux

M. Juncker a aussi spécifiquement demandé à ce que la religion des réfugiés, venus de pays à grande majorité musulmane, ne soit pas un critère de choix, alors que certains élus en France ont fait savoir qu'ils ne voulaient accueillir que des chrétiens.

L'option des quotas avait d'avance été jugée encore trop timide par l'Allemagne pour faire face à la pire crise migratoire en Europe depuis 1945, alors que certains pays de l'Est la trouvent inacceptable. Cette méthode place l'Allemagne en première ligne (environ 26% du total), suivie de la France (20%) et de l'Espagne (12%).

Mme Merkel a appelé ses partenaires européens à ouvrir plus grand leurs portes aux dizaines de milliers de réfugiés qui se pressent aux portes de l'Europe.

La proposition de la Commission européenne ne peut être qu'un «premier pas», a estimé la chancelière, très en pointe sur le dossier et qui a fini par rallier le président français François Hollande à la solution des quotas.

Chef de file des opposants à une politique d'ouverture, le Premier ministre hongrois Viktor Orban vient, lui, d'annoncer qu'il comptait accélérer le renforcement de la clôture érigée le long de sa frontière avec la Serbie pour tenter de contenir le flux des migrants.

Plus déterminés que jamais, des centaines de migrants ont forcé à plusieurs reprises le cordon de la police hongroise à la frontière avec la Serbie.

«Germany, Germany»

«Nous ne voulons plus vivre dans des camps en Hongrie ou ailleurs, les conditions sont horribles, il fait trop froid, tout est sale, et ça sent mauvais», lançait dans la nuit une jeune Syrienne originaire de Damas, qui tentait avec d'autres de forcer le passage près du village frontalier hongrois de Rözske, à 170 km de Budapest.

D'autres scandaient «Nous voulons partir, laissez-nous passer», en entonnant devant des policiers hongrois des «Germany, Germany», un pays devenu leur Terre promise.

En Allemagne, les spécialistes estiment que l'arrivée d'une vague d'immigration massive va entraîner une «charge financière et une transformation massive de la société». Mais l'afflux de migrants va aussi contribuer à enrayer le déclin démographique et sera crucial pour le marché du travail en manque de main d'oeuvre.

Devenue le lieu emblématique de cet «exode», selon les termes du président Conseil européen Donald Tusk, la petite île grecque de Lesbos a reçu à elle seule 20.000 candidats à l'exil, soit le quart de sa population.

L'Australie prête à accueillir 12.000 réfugiés de plus

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a exhorté les dirigeants européens à se montrer solidaires des réfugiés «qui ont le droit de chercher asile sans subir aucune forme de discrimination». Il organisera le 30 septembre, à New York, une réunion sur ce dossier.

La Maison Blanche, critiquée pour son manque de réactivité face à la crise des réfugiés syriens, a indiqué qu'elle envisageait de nouvelles mesures pour y répondre.

Le Premier ministre australien Tony Abbott a annoncé que l'Australie allait accueillir 12.000 réfugiés supplémentaires en plus des 13.500 qu'elle accepte chaque année. Le Venezuela s'est dit prêt pour sa part à en accueillir 20.000.

  • Tous nos articles sur la crise des migrants en Europe et l'arrivée de réfugiés au Luxembourg sont regroupés dans notre dossier spécial.

Sur le même sujet

Après un accord sur l'accueil des réfugiés
Les dirigeants européens sont convenus de renforcer les frontières extérieures de l'UE, ainsi que l'aide humanitaire à leurs voisins, afin de freiner le flux sans précédent de migrants. Au moins un milliard d'euros supplémentaires seront mobilisés pour aider les réfugiés dans les pays voisins de la Syrie.
Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et le Premier ministre britannique, David Cameron, mercredi 23 septembre à Bruxelles
Mardi soir, une quarantaine de réfugiés syriens sont arrivés au Luxembourg. Les Syriens sont arrivés au Luxembourg en bus en début de soirée, accompagnés de personnel encadrant de l’Office luxembourgeois de l’accueil et de l’intégration (OLAI).
Tous nos articles sur la crise des réfugiés en Europe et l'arrivée de familles de réfugiés au Luxembourg.
Migrant girl with a teddy bear waits with other migrants for their transport at the police collection point close to the Hungarian-Serbian border near Roszke village on September 6, 2015. Europe is deeply divided over how to handle the continent's biggest refugee crisis since the end of World War II. AFP PHOTO / CSABA SEGESVARI